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Giddens et l’avenir du modèle social européen


En juin 2005, Tony Blair lançait devant le Parlement européen un vibrant appel à la modernisation de l’économie de l’Union européenne et à la refondation de son modèle social. Dans sa contribution à ce débat, aujourd’hui traduite en français, Anthony Giddens tente de redéfinir la justice et la protection sociales dans les sociétés postindustrielles.

Recensé :

Anthony Giddens, Le Nouveau Modèle européen, 2007, Hachette, Collection Telos, 329 pages, 22 euros.

GiddensEurope in the Global Age – titre original de l’ouvrage – se présente comme un ensemble de réflexions personnelles sur l’avenir de l’Union et de son modèle social. Anthony Giddens, inspirateur du nouveau travaillisme britannique et membre de la chambre des Lords, aborde son sujet avec l’ambition et le goût des synthèses théoriques qu’on lui connaît. Comme souvent, il ménage peu son lecteur. Son propos peut parfois sembler confus et certaines de ses conclusions aussi péremptoires que faiblement argumentées. Il ne faut pourtant pas se fier à cette impression, car ce n’est qu’en confrontant les écrits de l’intellectuel engagé avec l’œuvre antérieure du sociologue – dont une excellente synthèse vient d’ailleurs de paraître en français [1] – que l’on peut pleinement en restituer la cohérence et la fécondité.

Au-delà des spécificités nationales, il existe bien selon Giddens un « modèle social européen », si l’on entend par là « une combinaison de valeurs et de projets réalisés à des degrés divers et sous des formes variées dans les différents Etats ». Ce modèle repose sur des valeurs communes et sur des politiques caractérisées par « un Etat développé et interventionniste, un système de protection sociale solide assurant une couverture efficace à l’ensemble des citoyens et la limitation des différentes formes d’inégalités » (pp. 16-17). Giddens se fixe pour objectifs d’« identifier les politiques les plus novatrices », de décrire ce que pourraient être « des politiques satisfaisantes en matière de justice et de protection sociales » dans une Europe postindustrielle, et de préciser le rôle spécifique que devrait jouer l’Union.

La crise du modèle social

En adoptant en 2000 la « stratégie de Lisbonne », qui vise à accroître son dynamisme et sa compétitivité tout en renforçant sa cohésion sociale, l’UE s’est dotée d’un programme de réformes et d’un diagnostic pertinents pour surmonter ses faiblesses économiques. Giddens déplore que ce travail n’ait pas été accompagné par une analyse équivalente des changements sociaux. En effet, « nos sociétés et, avec elles, la vie quotidienne des gens, évoluent de manière tout aussi spectaculaire que l’ordre économique mondial » (p. 97). Leur structure même a évolué. Aux côtés de la classe ouvrière traditionnelle dont les effectifs ont considérablement diminué, il faut désormais compter ceux qui occupent des emplois précaires et de médiocre qualité dans les services. La classe moyenne s’est fortement différenciée, tandis que les classes dirigeantes comprennent une part d’élites cosmopolites de moins en moins liées par la solidarité nationale.

Dans cette nouvelle configuration, le modèle social ne peut plus se contenter d’établir des mécanismes de solidarité entre des classes sociales aux aspirations et aux modes de vie bien identifiés. Ceux-ci se sont individualisés avec la disparition des traditions de classe. Les trajectoires personnelles et professionnelles sont donc moins mécaniques qu’à l’époque de « l’âge d’or » de l’Etat-Providence. Les évolutions économiques, le déclin de la stabilité de l’emploi et les transformations de la famille les ont aussi rendus plus imprévisibles. La pauvreté, en particulier, n’est plus le sort d’une classe sociale mais un épisode le plus souvent exceptionnel qui touche des individus d’origines diverses et risque de devenir récurrent pour certaines catégories. Dans ce contexte incertain, couplé à l’essor de l’économie de la connaissance, le diplôme est devenu un déterminant essentiel des destinées individuelles. Ainsi, le caractère à la fois plus ouvert et plus incertain des trajectoires donne désormais une place centrale aux questions de la mobilité sociale et de l’inégalité des chances devant la vie.

La mondialisation est évidemment un vecteur de ces transformations, mais elle n’est pas la seule explication aux difficultés rencontrées par les systèmes de protection sociale. Le progrès technologique, les évolutions démographiques, l’éclatement de la famille traditionnelle et l’individualisation des modes de vie jouent un rôle considérable. Seule une conjonction de facteurs internes et externes permet d’expliquer l’obsolescence de l’Etat-Providence « à l’ancienne ». D’où l’erreur de ceux qui défendent une stratégie de « résistance » à la mondialisation. Celle-ci s’est d’ailleurs profondément intégrée à notre vie quotidienne et à nos modes de vie en élargissant la palette des choix individuels.

Pour décrire l’ensemble des transformations des modes de vie depuis les années 1960, Giddens a forgé le concept de « démocratisation du quotidien ». Avec le déclin des traditions, l’individu moderne conçoit désormais sa vie comme un projet ouvert qui relève de ses choix personnels et non de déterminants extérieurs. Il définit son « projet de vie » en termes stratégiques, effectue des choix réflexifs parmi des « styles de vie » divers pour mieux construire des « récits de soi ». Il étend le modèle de la négociation et du contrat jusque dans la sphère intime. Pour Giddens, cet individualisme contemporain n’est en aucun cas réductible au consumérisme. Il engendre de nouvelles insécurités et même de nouvelles pathologies (comme les addictions), mais il est avant tout un vecteur d’émancipation. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas regretter le prétendu « âge d’or » de l’Etat-Providence, fondé sur un ensemble de présupposés rigides et contraignants concernant les modes de vie individuels (déroulement de carrière prédéfini, hiérarchies bureaucratiques, famille traditionnelle, etc.). Le modèle social doit s’adapter à ce nouveau contexte et s’attaquer aux nouveaux risques entraînés par ces évolutions.

Vers une « protection sociale positive »

Le modèle social européen a un objectif central : la justice sociale. Giddens adopte une définition fondée sur l’égalité des chances, qui pour lui implique nécessairement une part de redistribution. S’il retient cette conception, c’est en partie parce que l’égalité des chances joue un rôle clé « dans une société différenciée » et correspond aux exigences d’une économie de marché dynamique « où l’aspiration, l’ambition et l’opportunité jouent un rôle central » (p. 110). On pourrait avoir de la justice sociale une conception plus exigeante et indépendante des impératifs du marché [2]. Cette approche a toutefois le mérite de « la clarté et de la simplicité », et permet de se concentrer sur des objectifs opérationnels, à savoir cinq priorités : « le combat contre la pauvreté – parce qu’elle limite la capacité individuelle d’autonomie et d’estime de soi –, en particulier celle des enfants ; une offre d’éducation et de formation de la meilleure qualité possible, ancrée dans un accès égal et juste pour tous ; l’assurance d’un emploi pour tous ceux qui souhaitent et peuvent travailler ; un système de protection sociale qui garantisse à chacun protection et dignité ; la limitation des inégalités de revenus et de richesse si elles constituent un obstacle aux quatre premières priorités ou si elles mettent en péril la cohésion de la société » (p. 112).

Partant de ces principes, Giddens propose plusieurs pistes d’action. Un Etat-Providence moderne doit d’abord agir pour aider les individus à mieux gérer les transitions personnelles et professionnelles, plus ouvertes et imprévisibles que jadis. La pauvreté, par exemple, est un phénomène « biographique » – lié à des événements tels que le divorce, la maladie, le départ du foyer parental, la perte d’un emploi, etc. Il faut agir sur les circonstances qui amènent à tomber dans la pauvreté et sur celles qui permettent d’en sortir. De même, il faut se pencher sur les « marchés transitionnels du travail ». Giddens suggère d’inventer de nouvelles formes d’assurance de revenu et de salaire, et préconise de considérer l’emploi comme « l’expression présente d’une employabilité à long terme », qu’il convient le cas échéant de renforcer de façon préventive. « L’objectif de la politique de l’emploi est alors de favoriser les transitions de marché positives, en améliorant l’employabilité et en combattant le cercle vicieux de l’emploi précaire » (p. 130). Pour Giddens, la « flexsécurité » est indispensable car la flexibilité du marché du travail est désormais la condition du plein-emploi, mais elle reste insuffisante : le welfare state doit agir préventivement, avant même que la personne ait perdu son emploi (par exemple, auprès des salariés précaires, ceux des secteurs menacés, etc.) grâce à des programmes de formation adaptés.

En déroulant ce programme, Giddens reprend à son compte les notions désormais classiques « d’activation » et « d’investissement social ». Il invite cependant à les dépasser au profit du concept plus large de « protection sociale positive ». La définition classique de Beveridge – où l’Etat-Providence est conçu comme un mécanisme assurantiel destiné à couvrir certains risques – serait remplacée par des objectifs de bien-être. « L’autonomie remplacerait le besoin ; la santé se substituerait à la maladie ; l’éducation, plutôt que l’ignorance, deviendrait une composante permanente de la vie ; la misère ferait place à la prospérité ; et le désœuvrement à l’initiative » (p. 148). Une telle approche est «  interventionniste ou préventive plutôt que curative » puisqu’elle s’attache à anticiper les risques (p. 152). Elle implique non seulement une stratégie d’investissement dans le capital humain, mais aussi des politiques de soutien psychologique (le manque d’estime de soi est un facteur de pauvreté et d’exclusion) ou encore des dispositifs incitant les individus à changer leurs modes de vie (santé…), lesquels sont parfois à l’origine des risques eux-mêmes. Enfin, une protection sociale positive prendrait acte de la disparition programmée des trajectoires linéaires classiques et du fait que les risques s’échelonnent désormais sur l’ensemble du cycle de vie. Giddens préconise, par exemple, la disparition de l’âge légal de la retraite et envisage la possibilité d’utiliser des « pensions » à différents moments de la vie.

Des questions en suspens

Ce tableau, pour être stimulant, se contente toutefois d’indiquer une direction à suivre, celle des « politiques novatrices ». Or, si l’objectif du modèle social est bien d’élargir l’éventail des choix individuels et de parvenir ainsi à une répartition plus équitable des « risques et des opportunités » dans la société, il faut aussi s’attacher à évaluer ses résultats d’ensemble. Or l’auteur de La Troisième Voie se réfère souvent à un ensemble unique d’« Etats qui réussissent » économiquement et socialement, qui irait de la Suède à la Grande-Bretagne. Pourtant, ces deux pays ont beau adopter des orientations convergentes, il reste difficile de comparer leurs résultats globaux en termes de justice sociale. L’analyse de la diversité des « modèles nationaux », écartée par l’auteur, trouverait ici toute sa pertinence [3].

De plus, l’intérêt et l’originalité du propos de Giddens résident peut-être moins dans les conclusions qu’il suggère que dans les interrogations qu’il suscite et les tensions qu’il met au jour. Sur fond de « détraditionnalisation », le lien social et l’autorité ne peuvent plus être présupposés mais doivent être perpétuellement « construits » par des processus démocratiques. Deux séries de considérations en découlent.

D’une part, la notion même de cohésion sociale doit évoluer. La disparition de la « confiance passive » implique le passage à une conception de la solidarité fondée sur la « confiance active ». « Désormais, il faut gagner la confiance de l’autre et des autres dans des relations de négociation réciproque plutôt que de dépendance ». « La prédominance de la confiance active a des conséquences directes sur les inégalités et la pauvreté. Elle présuppose en effet une forme de vie ouverte, la capacité à faire usage de nouvelles informations et une certaine confiance en soi. Or, c’est précisément ce dont les habitants des quartiers défavorisés manquent en général » (p. 173). C’est ainsi qu’il faut comprendre la défense par Giddens du multiculturalisme britannique, défini comme un « ensemble de politiques qui reconnaît l’authenticité de plusieurs modes de vie au sein d’une communauté et cherche à promouvoir des échanges positifs et fructueux entre eux dans le cadre d’un système de droits et de devoirs du citoyen » (p. 187). Cette construction de la confiance et de la solidarité passe également par davantage de dispositifs de « démocratie délibérative ». On peut regretter que Giddens se contente de survoler ces questions importantes.

D’autre part, les politiques publiques doivent viser à orienter les comportements. A l’ère de la démocratisation du quotidien, l’Etat-Providence ne peut plus s’adresser à un individu passif et miser sur un ensemble de traditions implicites : il doit d’un côté offrir des services personnalisés, laissant la possibilité de choisir entre plusieurs options (établissement scolaire, médecin…), et de l’autre imposer le respect de certaines obligations. La prévention des risques repose d’ailleurs en grande partie sur une évolution des modes de vie individuels (santé, environnement…). Giddens recommande donc de recourir sans complexes à des dispositifs mêlant incitations et sanctions, qu’il considère comme parfaitement légitimes dans la mesure où il s’agit d’accroître la liberté réelle des individus.

Or il semble d’un côté sous-estimer les conflits possibles entre une « politique des choix » et les objectifs d’équité (par exemple dans le domaine éducatif) et de l’autre, accorder peu d’importance aux interrogations que soulèvent les formes de contrôle social qu’il préconise. C’est pourtant là que l’on attendrait le plus du théoricien de la « structuration de la société » qui avait analysé, dans la lignée de Marx et de Foucault, les mécanismes de surveillance et de pouvoir voire d’exploitation propres à la société industrielle, et leur tension avec la dynamique démocratique de l’individualisme contemporain [4]. A l’ère du précariat, peut-on, par exemple, réfléchir au degré d’obligations à imposer aux chômeurs sans se pencher sur ces rapports de domination ? Pour que l’approche de Giddens soit pleinement convaincante, il est essentiel que l’orientation des comportements accroisse véritablement l’autonomie des individus et leurs possibilités de choix, ce qui est loin d’être toujours évident.

Et l’Europe ?

Sans surprise, le rôle que Giddens assigne à l’Union européenne n’est pas de servir de bouclier face à la mondialisation mais, au contraire, d’aider les Etats à s’y insérer en construisant une prospérité partagée. Toutefois, le retour au plein emploi et à une croissance forte, qui constituent des préalables à l’efficacité du « modèle social européen », passe surtout par des réformes nationales. L’avenir de « l’Europe sociale » ne saurait résider dans la lutte contre le « dumping fiscal et social » qu’aurait provoqué l’élargissement, phénomène largement exagéré dans le débat public. Giddens préconise plutôt que l’Union adopte un budget en harmonie avec ses priorités économiques, investisse dans la recherche, l’innovation et l’enseignement supérieur, et réforme sa politique de cohésion en tenant compte des réussites et des échecs des processus de rattrapage des pays et régions en difficulté.

On peut regretter que Giddens ne se penche ni sur la signification de la charte des droits fondamentaux, ni sur le développement du droit social communautaire. Tout en reconnaissant ses faiblesses, il défend la « méthode ouverte de coordination » – fondée sur la définition d’objectifs communs et l’échange de bonnes pratiques dans les domaines de l’éducation, de la lutte contre l’exclusion, des retraites ou encore de la santé – comme la meilleure manière de donner un pendant social à l’Europe économique. Il préconise, toutefois, que des objectifs de lutte contre la pauvreté remplacent ceux de lutte contre l’exclusion – ce concept est en effet plus restrictif et désigne seulement les cas de « privations multiples » – voire que la stratégie de Lisbonne soit complétée par « des plans de promotion de la justice sociale » (p. 281).

« Association démocratique de nations semi-souveraines », l’UE ne retrouvera une légitimité que par la démonstration de ses bénéfices concrets, la construction d’une « sphère publique développée » et participative, et une reformulation de ses objectifs dans le contexte post-1989. L’Union doit viser la prospérité, la diffusion de la démocratie à l’échelle globale, la modernisation écologique, la protection contre les risques mondiaux ou encore la promotion d’un « multilatéralisme assertif ». Son rôle est également de préserver et moderniser son modèle social, composante fondamentale de son identité, en le conciliant avec l’impératif de compétitivité. A l’heure où la Grande-Bretagne semble avoir fait de la « préservation de l’intérêt national » l’horizon unique de sa politique européenne, ce plaidoyer ne manque pas d’originalité.

Aller plus loin

- Jean Nizet, La sociologie d’Anthony Giddens, La Découverte/collection Repères, 2007.

- Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, L’Harmattan, 2000.

- Une biographie et des liens vers des cours d’Anthony Giddens sont disponibles sur le site de la London School of Economics : http://www.lse.ac.uk/...

- La recension du dernier livre d’Anthony Giddens, Over to You Mr. Brown, par Olaf Cramme est disponible sur laviedesidees.fr

- Deux articles d’Anthony Giddens : « Debating the Social Model : Thoughts and Suggestions », Policy Network, 1er juillet 2005, contribution à la préparation du sommet européen informel de Hampton Court : http://www.policy-network.net/... et « Labour does not need to be coy about its egalitarianism », The Guardian, 15 mars 2007 : http://www.guardian.co.uk/...

Pour citer cet article :

Antoine Colombani, « Giddens et l’avenir du modèle social européen », La Vie des idées , 20 novembre 2007. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Giddens-et-l-avenir-du-modele.html

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par Antoine Colombani , le 20 novembre 2007

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Notes

[1Jean Nizet, La sociologie d’Anthony Giddens, La Découverte/collection Repères, 2007.

[2Cf. par exemple P. Savidan, Repenser l’égalité des chances, Paris, Grasset, 2007, recensé dans laviedesidees.fr

[3Cf. Gosta Esping-Andersen, Les trois mondes de l’Etat-Providence, PUF, 1999. Voir également Bruno Palier, « Les évolutions de la protection sociale en Europe », note de la Fondation Jean-Jaurès, août 2005.

[4Giddens n’a jamais formellement renié cette grille d’analyse. Il a toujours défendu l’idée que l’époque contemporaine est celle de la « modernité radicale », marquée par une radicalisation des tendances déjà à l’œuvre dans la société industrielle plutôt qu’une rupture fondamentale. Dans ses écrits plus récents, le recours aux concepts « d’âge global » ou de « société postindustrielle » indique pourtant une distinction plus tranchée.



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