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Tempête de Métal : le nationalisme populaire et ses peurs


Le début de l’année 2005 a été marqué en Turquie par un phénomène éditorial tant inédit qu’alarmant. Tempête de Métal, un roman de science-fiction apocalyptique sur fond de théorie du complot, a battu tous les records de vente. Signe du malaise d’un pays qui vit son intégrité politique autant que son intégration internationale comme profondément menacées.

Recensé :

Burak Turna & Orkun Ucar, Metal Firtina (Tempête de métal), Timas yayinlari, Istanbul, 13 décembre 2004.

Le 23 mai 2007 : les Etats-Unis lancent l’opération « Tempête de métal » sur la Turquie. A partir du Nord de l’Irak et de la Syrie, les forces américaines détruisent en une nuit l’ensemble des troupes stationnées à la frontière irakienne grâce l’utilisation d’une nouvelle bombe. Cette brutale attaque surprise détruit une partie de l’armée turque et anéantit sa capacité à s’organiser. Malgré une résistance héroïque des Turcs, les troupes américaines sont à Ankara en trois jours et débarquent près d’Istanbul une semaine après le début de l’opération. Mais pour les stratèges américains, la victoire face à une nation telle que la Turquie implique son anéantissement psychologique. Les grandes villes et les lieux symboliques – en particulier le mausolée d’Atatürk, père fondateur de la nation – sont bombardés. Les pertes civiles sont importantes. Mais l’esprit des « Kuva-i Milliye [1] », la résistance populaire de la Guerre d’Indépendance, se réveille ; la « nation » s’unit et se mobilise : les citoyens organisent des meetings et rallient la guérilla aux cotés de « leurs » soldats, dirigés par l’Ergenekon [2], une organisation secrète dédiée à la sauvegarde de la nation. La guérilla et l’ordre public passent sous son contrôle dès le début de la guerre.

Les efforts diplomatiques du gouvernement et de l’armée turcs visant à éviter une guerre échouent : le ministre des affaires étrangères, parti à Washington chercher un compromis, est placé en détention. Parallèlement, le gouvernement américain désinforme l’opinion publique internationale en présentant cette opération comme une réponse à une agression turque en Irak contre les Etats-Unis.

Cette guerre est l’aboutissement d’un complot préparé depuis quatre ans par l’administration Bush afin de prendre le contrôle des réserves de bore, de thorium et d’uranium (minéraux important dans l’industrie nucléaire, spatiale et l’armement). Suite au refus du gouvernement turc de céder le droit d’exploitation de ces mines à une entreprise américaine, l’administration Bush a décidé de déclencher la guerre. Elle n’est, du reste, pas seule à être impliquée dans ce projet. Un grand éventail d’acteurs appartiennent à la conspiration : les lobbys juif, grec et arménien, le Vatican (qui cherche à transformer l’Anatolie en terre chrétienne) ainsi qu’un groupe évangéliste. Après la chute d’Istanbul, une deuxième phase baptisée « Opération Sèvres » [3] doit être mise en œuvre. Son objectif est le partage des territoires turcs entre les Arméniens, les Grecs, les Américains et peut-être les Kurdes.

Quatre mois avant le début de la guerre, un agent secret turc, manipulé par les services allemands qui cherchent à éviter que le bore, le thorium et l’uranium turcs ne tombent aux mains des seuls Américains, était parvenu à déjouer le complot en s’emparant, dans le bureau d’un trafiquant d’armes d’origine arménienne, du dossier contenant les informations clés. Mais à son retour en Turquie, il tombe aux mains d’un groupe des services secrets traître aux intérêts de la nation. Parvenant toutefois à s’échapper, il remet le dossier à ses chefs mais ceux-ci tardent à le transmettre au gouvernement. Il décide alors d’agir seul... en installant deux bombes atomiques à Washington et New York. Quatre jours après le début de la guerre, il pose un ultimatum au gouvernement américain. Celui-ci ne cède pas et le lendemain, Washington est effacé de la carte. La capitale se déplace à Miami.

« L’Etat profond »

L’idée « d’Etat profond » (ou « d’Etat dans l’Etat ») renvoie à l’existence d’un groupe formé de hauts bureaucrates, de membre des forces de sécurité et de militaires, agissant indépendamment vis-à-vis du gouvernement ou du politique et considéré comme œuvrant à la protection des intérêts nationaux, y compris par des moyens illégaux.

L’idée d’Etat profond trouve son origine notamment dans la multiplicité des lieux de pouvoir, partagés entre les hommes politiques et les élites étatiques (la bureaucratie et le pouvoir judiciaire, d’un côté, et l’armée, de l’autre, sourcilleux gardiens de l’idéologie officielle, le kémalisme) qui s’est traduit par plusieurs coups d’Etat et de nombreuses interventions directes des militaires dans le jeu politique. Jusqu’à récemment, l’armée disposait d’un pouvoir institutionnel considérable par le biais du Conseil National de Sécurité (qui rassemble le Président, le Premier ministre, des membres du gouvernement et les chefs d’état-major) dont les recommandations devaient être « prioritairement » prises en compte par l’exécutif. L’idée d’Etat profond a connu un regain de popularité au cours de la dernière décennie.

L’existence de tels groupes illégaux au sein de l’Etat ne fait guère de doute, mais leur perception est problématique. L’affaire de Susurluk (voir infra p. 55) a joué comme un révélateur de l’existence de bandes organisées visant à démanteler la guérilla kurde et impliquées dans le trafic de drogue et les affaires mafieuses. Ces bandes mènent parallèlement une lutte entre elles pour le partage de la rente de la guerre contre le PKK et du marché de la drogue.

Les enquêtes parlementaires qui ont suivi cette affaire et les documents rendus publics par différents services secrets pour dénoncer leurs « adversaires » ont mis en lumière la formation de différents groupes au sein des services secrets, de l’armée et de la police en utilisant leur propre personnel, mais aussi des militants d’extrême droite (passés aux activités mafieuses dans les années 1990) ainsi que des ex-militants du PKK. Certains hommes politiques furent aussi impliqués. Un des principaux personnages de l’Affaire de Susurluk, Abdullah Catli, était un militant d’extrême droite, collaborant avec différents services de renseignement turcs, recherché pour plusieurs assassinats d’intellectuels ou de militants de gauche. Il a connu la prison en France et en Suisse pour trafic de drogue. Il a par ailleurs été « utilisé » dans les années 1980 pour éliminer, en Europe, des militants d’ASALA (un groupe arménien responsable de la mort de diplomates turcs), et manifestement actif dans la lutte contre la guérilla kurde. Il est également responsable d’enlèvements et d’exécutions de membres d’autres services secrets. Cependant, il est considéré par un certain nombre de gens comme un « héros », un martyr luttant pour le bien de la nation.

Le gouvernement turc, ignorant les projets de son agent, reçoit le dossier après les bombardements d’Ankara. Il alerte alors les grandes puissances : l’Allemagne, la France (présidée par Nicolas Sarkozy), la Russie et la Chine. Les scientifiques russes renseignent le président Poutine : une victoire des Etats-Unis en Turquie reviendrait à leur assurer la maîtrise de l’avenir du monde. Conscient de l’ampleur de l’enjeu, Vladimir Poutine lance des négociations avec les trois autres puissances d’un côté et la Turquie de l’autre. Négociant leur part des réserves turques de bore, les quatre grandes puissances menacent les Etats-Unis de s’allier aux Turcs. Ses objectifs déjoués et confronté à une coalition mondiale, l’Amérique doit reculer et déclare la fin de la guerre. Les néo-conservateurs écartent Bush du pouvoir et annoncent sa démission. Donald Rumsfeld est nommé président. Le gouvernement turc proclame la libération de son pays et sa détermination à le reconstruire. La victoire est complète.

Une atmosphère empoisonnée

Tel est le scénario – le terme est un peu fort compte tenu des nombreuses incohérences narratives – de Tempête de métal [4], publié à la mi-décembre, qui s’est vendu depuis à 400 000 exemplaires (la maison d’édition confirme par ailleurs la réédition de 50 000 exemplaires supplémentaires). A titre de comparaison, les ventes du best-seller mondial des théories du complot, Da Vinci Code – également très populaire en Turquie – sont presque deux fois moins importantes (230 000).

Le succès de ce livre qui a attiré l’attention sur l’anti-américanisme n’est pas un exemple isolé. Peu avant la publication du roman, des vitrines d’Ankara affichaient : « on ne vend pas nos produits aux Américains », provoquant une vive réaction diplomatique américaine. Un sondage de la BCC, réalisé dans 21 pays, place la Turquie au premier rang de l’anti-américanisme avec 82 % des interviewés [5]. Par ailleurs, Mein Kampf est édité par treize maisons d’édition différentes et rencontre, avec le Protocole des sages Sion, un succès considérable [6]. Si l’impact de la médiatisation et des faibles prix du livre a été mis en avant pour minimiser le succès de Mein Kampf, reste cependant à rendre compte du climat social favorable qui, pour reprendre le mot d’un éditeur, a « ouvert un marché » à l’ouvrage [7].

Synthèse caricaturale des peurs et des tensions qui traversent une importante partie de la population depuis longtemps, Tempête de métal est la cristallisation d’un malaise social et le signe le plus visible, parmi de nombreux autres [8], de l’importance et du succès des théories du complot dans la Turquie actuelle. L’anti-américanisme se juxtapose ainsi à de nombreux autres « anti » : antisémitisme bien entendu, mais aussi anti-européanisme, anti-islamisme, anti-intellectualisme ou « anti-kurdisme ». Autant de figures de l’ennemi menaçant la nation qui, se combinant, relancent et confirment les théories du complot dont le sociologue Serif Mardin soulignait qu’elles constituent la « philosophie de l’histoire de la Turquie contemporaine » [9]. Au-delà de leur diversité, la récurrence des figures de l’ennemi et des théories du complot sont intelligibles au regard des quinze dernières années de l’histoire politique turque.

Un contexte et sa lecture

Les années 90 ont été marquées par la lutte armée du PKK [10] (plus de 30 000 morts) et la polarisation entre laïcs et islamistes (l’arrivé au pouvoir en 1996 d’un gouvernement dirigé par le parti islamiste a débouché en 1997 sur une intervention militaire le contraignant à la démission). La vie politique de cette décennie se caractérise par une succession de crises nationalistes mettant l’accent sur le « combat » contre les « ennemis », tantôt les kurdes, tantôt l’islam politique, mettant en péril le pays, son intégrité territoriale, son unité nationale et ses valeurs républicaines laïques. Cet enchaînement de crises, réactivant sans cesse « les dangers pesant sur le pays », a contraint en permanence les individus ou les collectivités à se positionner par rapport aux « ennemis » de la nation et exacerbé le nationalisme populaire [11].

En 1999, l’arrestation du leader du PKK, après 15 ans de lutte armée, et l’acceptation à Helsinki de la candidature turque par l’Union européenne semblaient ouvrir la perspective d’un apaisement social et d’une démocratisation accrue du pays. La brutale crise économique de 2001 a balayé cet optimisme. L’Etat, appelant le FMI à la rescousse, est alors apparu comme impuissant et cherchant secours à l’étranger. L’intensification de la supervision du FMI et l’entrée au gouvernement comme ministre de l’économie de Kemal Dervis, vice-président de la Banque Mondiale (considérée, à l’instar du FMI, comme une banque américaine) ont joué comme une confirmation de la dépendance et de la faiblesse du pays. Des rumeurs se sont répandues à propos de la richesse du sous-sol turc (en pétrole et en bore notamment) et de leur impossible exploitation du fait de l’endettement très élevé du pays. Ces rumeurs ont promu une vision nationaliste de la crise économique, perçue comme la conséquence de la faiblesse et la dépendance de l’Etat. Les législatives de 2002 ont écarté du parlement les partis qui étaient à la tête du pays depuis deux décennies. La victoire des démocrates-musulmans de l’AKP, premier parti depuis 1989 à disposer d’une majorité absolue au parlement, a apporté une stabilité politique appréciable après une décennie de crises nationalistes, sans pour autant résoudre la tension entre l’islam politique et les élites étatiques (l’armée en particulier), ne jeter les bases d’une solution politique à la question kurde [12].

Le déclenchement de la Guerre en Irak en mars 2003 a constitué une nouvelle étape de la banalisation des théories du complot et provoqué la peur de voir le conflit s’étendre à la Turquie. L’image des Etats-Unis oscille entre celle d’une puissance mondiale alliée de longue date, et celle d’une force impérialiste « œuvrant à l’affaiblissement de la Turquie ». L’alliance entre les Etats-Unis et les leaders kurdes irakiens au moment où le parlement rejetait la motion autorisant l’ouverture d’un second front en Irak a alimenté la crainte, profondément ancrée dans l’imaginaire socio-politique turc, qu’un Etat kurde indépendant ne voie le jour et s’élargisse par la suite aux territoires turcs. L’anti-américanisme actuel se conjugue ainsi avec un nationalisme turc anti-kurde plus ancien. L’arrestation par des GI, en juillet 2003, de soldats turcs soupçonnés de préparer l’assassinat d’un leader kurde a sans doute contribué à renforcer la thèse d’une collusion entre Kurdes et Américains.

Tout récemment, les conditions posées officiellement par l’Union européenne pour une adhésion « probable » (la reconnaissance du fait kurde et la résolution de la question chypriote en particulier), mais aussi les préalables non-officiels exprimés dans différents pays membres (comme la reconnaissance du génocide arménien), ont entretenu l’idée d’un double discours de l’UE et d’un statut particulier du pays. Le rejet de la Turquie qui s’est manifesté (en France notamment) à l’occasion des débats sur les fondements religieux de l’Europe ou de l’ouverture du processus d’adhésion a renforcé le sentiment d’isolement. Les réticences européennes manifestes et l’association permanente de la Turquie avec l’islam ont un retentissement particulier dans un pays dont le « projet national », défini par Atatürk, affirme l’appartenance à la « haute civilisation européenne ». Dans ce contexte, les réformes et la démocratisation exigée par l’UE ont pu être perçues comme menaçantes et poursuivant des « objectifs cachés ». Par exemple, les amendements autorisant les fondations chrétiennes à accéder à la propriété dans le cadre de démocratisation exigée par l’UE ou encore les demandes de réouverture d’une école orthodoxe ont alimenté l’idée selon laquelle ces demandes visaient la création d’un « second Vatican » orthodoxe en Turquie.

Un cercle vicieux

Si les théories du complot n’ont rien de spécifique à la Turquie, leur banalisation, leur généralisation et leur récurrence, signes du profond ancrage de l’idée de « forteresse assiégée » dans l’imaginaire socio-politique, invitent à prendre comme un fait politique de premier plan les angoisses de désintégration, la permanence des figures de l’ennemi et le sentiment de menace qui marquent fortement les subjectivités.

Les théories du complot ne se limitent pas exclusivement au rapport à l’extérieur. Elles sont aussi la manifestation d’une crise dans le rapport au politique ou plutôt de la destitution du politique. L’exemple le plus visible est le succès d’une série télévisée (La vallée de loups) où « l’Etat profond » lutte contre « un conseil secret » cherchant à s’accaparer l’Etat. Cette série renvoie à la collusion entre les hommes politiques, les forces de sécurité et la mafia qui est apparue au grand jour en 1996 à l’occasion de l’accident dit de Susurluk au cours duquel trouvèrent la mort, dans une voiture chargée d’armes, un directeur de la police d’Istanbul et un militant de la droite radicale recherché par Interpol. Le troisième passager, un député du deuxième parti du gouvernement, en sortit indemne. Les enquêtes parlementaires qui suivirent révélèrent que ces personnalités appartenaient à l’une des neuf bandes en uniforme constituées au sein de l’Etat, impliquées dans le trafic de drogue et la lutte illégale contre le PKK. Cet événement renvoie contradictoirement à l’idée d’un « Etat profond » (également évoqué dans Tempête de métal avec l’Ergenekon) luttant par tous les moyens contre les « menaces pesant sur le pays ». Dans cette perspective, les acteurs politiques légaux ne sont que les « marionnettes » des « groupes secrets ».

Les théories du complot offrent ainsi une grille de lecture totale de l’histoire et de la politique du pays. En proposant de déchirer le voile d’opacité qui entoure le complot pour le porter à la connaissance de tous, elles constituent un savoir (revendiqué comme tel) et produisent un « effet de réalité ». Le « réel » du complot est par définition fuyant, opaque et fragmentaire parce que dissimulé par les « groupes secrets ». Clos et autoréférentiel, ce savoir se nourrit de tout, jusqu’à trouver dans ses critiques de nouvelles preuves de sa validité. Le discours qui conteste la réalité du complot est la preuve de l’implication de son auteur ou de son ignorance. Les théories du complot se transforment en un cercle vicieux enfermant aussi bien leurs défenseurs que leur adversaires. L’omniprésence des ces théories est le symptôme d’un blocage majeur et de l’impossibilité d’une projection dans un avenir autre que celle de forteresse assiégée. A côté d’un repli nationaliste ethniciste et défensif, le perspective européenne est la seule, pour l’instant, à offrir quelque espoir de briser le cercle vicieux.

Article paru dans La Vie des Idées (version papier), n° 4, juillet/août 2005.

Pour citer cet article :

Ebru Bulut, « Tempête de Métal : le nationalisme populaire et ses peurs », La Vie des idées , 16 août 2005. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Tempete-de-Metal-le-nationalisme.html

Nota bene :

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par Ebru Bulut , le 16 août 2005

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Notes

[1Kuvayi milliye, « les Forces Nationales » ; le nom donné aux groupes résistants pendant la Guerre d’Indépendance menée par Mustafa Kemal Atatürk entre 1919 et 1922 contre les Alliées (France, Angleterre, Italie et la Grèce). Le traité de Lausanne signé en juillet 1923 est le traité fondateur de la République de Turquie déclarée quelques mois après, en octobre 1923.

[2Ergenekon est une plaine représentant le berceau des Turcs dans la mythologie nationaliste.

[3Le Traité de Sèvres a été signé entre l’Empire ottoman et les Forces Alliées en 1920 après la Première Guerre mondiale. Ce traité, jamais entré en vigueur, prévoyait le partage de l’Anatolie, avec en particulier l’ouest pour la Grèce et la fondation d’un Etat arménien indépendant. La région kurde restait attachée à l’Empire ottoman toute en possédant une autonomie. Le traité prévoyait aussi un droit à l’indépendance des Kurdes.

[4Burak Turna, Orkun Ucar, Metal Firtina (Tempête de métal), Timas yayinlari, Istanbul, 13 décembre 2004.

[5Steven Stalinsky, « Turkey : A New Al-Qaeda State ? »,http:// frontpagemag.com, 25 mars 2005 ; Marc Semo, « La guerre en best-seller », Libération, 6 avril 2005.

[6On ne possède pas de chiffres fiables sur les ventes de Mein Kampf. Il apparaît toutefois dans les listes « best-seller » de plusieurs journaux.

[7Aksam gazetesi, 27 février 2005.

[8Premier ouvrage de science-fiction turc à devenir un best-seller, Tempête de métal a retenu l’attention. Il s’inscrit toutefois dans un ensemble beaucoup plus vaste d’ouvrages consacrés aux théories du complot, sans parler des émissions où interviennent ces auteurs, de la presse où fleurissent bon nombre d’analyses de ce type et du succès une série télévisée sur les complots au coeur de l’Etat.

[9S. Mardin, « The Nakshibendi Order in Turkish History », in R. Tapper (ed.), Islam in Modern Turkey. Religion, Politics and Literature in a Secular State, Londres, I.B. Tauris, 1991, p. 122.

[10Parti Ouvrier du Kurdistan.

[11Hamit Bozarslan, « La crise comme instrument politique en Turquie », Esprit, n° 271, 2001, pp.140-151.

[12L’auteur se permet de renvoyer sur ce point à son article : « Autorité et démocratie : la dualité constitutive du champ politique turc », Migrations et Société, 17(98), 2005, pp. 43-59.



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