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Que peuvent les sciences sociales face aux attentats ? S’en saisir, à égale distance des peurs et des représentations imposées. Des sciences cognitives à l’économie, en passant par l’anthropologie et la science politique, ce dossier donne un aperçu des savoirs sur les effets sociaux des attentats.

Les attentats ne sont pas des moments propices à la réflexion ni à la prise de recul. Ils attisent les peurs, échauffent les esprits, et appellent, d’un point de vue politique, des réponses fortes et rapides plutôt que des analyses posées ou des débats contradictoires. Face aux attentats, les sciences humaines et sociales sont souvent, pour cette raison, perçues comme inutiles, quand elles ne sont pas tout simplement considérées comme obsolètes. Ainsi a-t-il pu se trouver des universitaires américains après les attentats du 11-Septembre pour les juger proprement dépassées par l’événement et ses enjeux, et estimer qu’il n’y avait plus, désormais, qu’à choisir son camp et se préparer à la guerre.

Ce dossier de La Vie des idées entend faire la preuve du contraire et montrer que, dans leur diversité, les sciences humaines et sociales, loin d’être désarmées ou désemparées face à de tels événements, recèlent au contraire des savoirs et des outils précieux pour qui veut se saisir des attentats, plutôt que de se laisser happer par leurs représentations imposées. Les attentats sont en effet passibles des opérations les plus communes des sciences sociales : il est possible d’objectiver leurs effets, de les mettre à distance et en perspective. Nos propres réactions, collectives et subjectives, à leur égard peuvent faire l’objet d’une réflexivité, seule à même de nous éviter de plonger dans le maelström – pour rependre une image de Norbert Elias – qui se crée dans leur sillage.

Si l’expression n’était galvaudée, on dirait volontiers que les attentats sont des « faits sociaux totaux », tant il est vrai que leurs effets se font ressentir dans tous les domaines de notre existence collective : cohésion sociale, activité économique, vie politique, systéme juridique, etc. C’est pourquoi ce dossier mobilise des auteurs et des savoirs d’une grande variété de disciplines, des sciences cognitives à la science politique, en passant par l’économie, la sociologie, l’anthropologie, ou encore l’analyse des images et des médias. En cela, il témoigne du fait que la confrontation des savoirs et le dialogue interdisciplinaire sont capables de produire une intelligence collective sur ce que vivent nos sociétés à l’épreuve d’un attentat.

Sommaire

-  Maëlle Bazin, « Quand la rue prend le deuil »
- Mathieu Carpentier, « Terrorisme et règle de droit »
-  Guillaume Dezecache, « Les paradoxes de la peur panique »
- Nicolas Duvoux, « Sommes-nous tous concernés par les attentats ? » (entretien avec G. Truc)
-  Sarah Gensburger, « Chroniques de l’ordinaire après les attentats »
- Elena Stancanelli, « Les effets incertains de la terreur »
- Vincent Tiberj, « Une France moins xénophobe ? »
- Gérôme Truc, « L’attentat, le djihadiste et le territoire »

Déjà dans La Vie des Idées

-  Pierre-Yves Baudot, « Le 11-janvier : crise ou consensus ? »
-  Gérôme Truc, « Le 11 septembre et son double »

Les articles du dossier

Pour citer cet article :

Nicolas Duvoux & Gérôme Truc, « Se saisir des attentats », La Vie des idées , 16 mai 2017. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Se-saisir-des-attentats.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

par Nicolas Duvoux & Gérôme Truc , le 16 mai

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