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Dossier : La caste dans l’Inde contemporaine

La violence de caste en Inde aujourd’hui

À propos de :

T. Anand, Khairlanji. A Strange and Bitter Crop, Navayana.


En 2006, une famille intouchable, à peine émancipée de sa condition servile et qui tentait trop ostensiblement d’en sortir, était assassinée dans son propre village. Un intellectuel et polémiste intouchable, Anand Teltumbde, a étudié les causes psychosociales de cette « atrocité de caste ».

Recensé : Teltumbde Anand, Khairlanji. A Strange and Bitter Crop, New Delhi, Navayana, 2008, 214 p.

Qu’en est-il de la violence de caste en Inde aujourd’hui ? À l’heure où il est devenu presque banal de louer les prouesses économiques de l’Inde, d’envier son taux de croissance et de s’extasier sur la modernité technologique de ses pôles de développement, un livre comme Khairlanji. A Strange and Bitter Crop, écrit par un intellectuel militant d’origine « intouchable », nous rappelle que, dans presque toute l’étendue du sous-continent, la réalité rurale (voire urbaine) reste encore pétrie de conflits très âpres autour de la caste, contrastant fortement avec la vision enchantée d’une Inde qui brille (Shining India, comme disait le slogan du parti nationaliste aux élections de 2004) et s’internationalise.

Khairlanji : le contexte d’une « atrocité de caste »

Le 24 septembre 2008, une cour de justice du district de Bhandara, près de la ville de Nagpur, condamne six personnes à mort par pendaison. Deux autres sont condamnées à la prison à perpétuité [1]. Carte de l'Inde Ce jugement doit passer en appel et pourra donc encore être modifié, mais il marque une étape conclusive très significative dans une affaire de meurtres de caste ayant provoqué des manifestations particulièrement massives au Maharashtra, cet État du Centre-Ouest de l’Inde qui est aussi la patrie d’origine d’Ambedkar, père de la Constitution indienne et héraut de l’émancipation des Dalits (du marathi « brisé » ou « écrasé », terme de référence qu’utilisent les intouchables politisés pour s’autodésigner). Le verdict de Bhandara, une des premières condamnations à mort sanctionnant des crimes de caste en Inde, peut à certains égards apparaître comme une forme de surcompensation tardive de la part de l’État indien, désireux d’apaiser une population discriminée qui, pendant plusieurs semaines, a crié vengeance et manifesté son indignation [2].

Deux ans auparavant, quatre membres de la famille de Bhayyalal Bhotmange, de caste Mahar [3], étaient assassinés dans leur propre village à Khairlanji. Ce crime est une « atrocité de caste » (caste atrocity) et tombe sous le coup des lois constitutionnelles de « prévention des atrocités » contre les groupes sociaux intouchables et tribaux. Les Bhotmange sont une des trois seules familles Dalits vivant à Khairlanji. Ils n’y migrèrent qu’en 1986 après avoir hérité de quelques acres de terres agricoles. Petits propriétaires terriens, fiers adeptes de la pensée d’Ambedkar sans être militants, ils vivaient de leur travail agricole et attachaient beaucoup d’importance à l’éducation de leurs enfants. Depuis plusieurs années, la famille subissait différentes formes de harcèlements portant essentiellement sur leurs terres. Toutefois, la famille ne se soumit jamais totalement aux pressions. Elle revendiquait ses droits, allait si nécessaire porter plainte au poste de police quand on la menaçait et mobilisait le peu de contacts dont elle disposait pour se faire entendre. Le 29 septembre 2006, alors que le père Bhayyalal se trouvait dans les parages, Surekha, Priyanka, Sudhir et Roshan furent tirés de leur maison puis assassinés par une foule de villageois.

Khairlanji est un petit village du district de Bhandara, région essentiellement agricole (oranges, coton, riz) également connue sous le nom de Vidarbha et ayant acquis une sinistre notoriété depuis 2001 en raison de la crise agraire et des suicides de paysans, d’ailleurs mentionnés par l’auteur en ouverture de son livre. Mais Khairlanji est en fait un village plutôt prospère, dans une micro-région différente de la zone de crise du Vidarbha et protégée de ses formes les plus aiguës par un maillage ancien de réservoirs d’irrigation s’ajoutant aux canaux gravitaires du grand barrage Pench.

Se souvenir pour comprendre et lutter

Le livre d’Anand Teltumbde est avant tout une injonction mémorielle, un appel à lutter contre l’ensemble des mécanismes collectifs qui banalisent, « invisibilisent » voire légitiment la violence sociale et particulièrement la violence de caste. Pour l’auteur, les meurtres de Khairlanji n’ont rien d’exceptionnel et s’inscrivent dans une longue série d’atrocités qu’il évoque, du Tamil Nadu au Bihar en passant par l’Haryana ou le Maharashtra, Selon lui, Khairlanji, n’est pas une aberration, mais la manifestation réitérative et quasiment structurelle de l’évolution des rapports de caste dans la société rurale.

Anand Teltumbde : cadre dirigeant et intellectuel dalit

Teltumbde est un intellectuel dalit originaire du district de Chandrapur, également dans le Vidarbha, et vivant aujourd’hui à Bombay. Après une enfance villageoise au sein d’une famille de paysans sans terres, il fait de brillantes études (Nagpur University, IIM) et devient un cadre dirigeant important, d’abord comme general manager de la grande entreprise publique Bharat Petroleum puis actuellement comme managing director chez Petronet. Pour autant, il n’a jamais cessé de militer activement au sein des mouvements sociaux Dalits et de divers syndicats et organisations. Il publie des articles dans le très sérieux bimensuel Economic and Political Weekly et donne fréquemment des conférences sur des sujets politiques. Il est à la fois une sorte d’intellectuel organique, au sens gramscien, et un sujet social « improbable », un « produit miraculé du système scolaire » ayant atteint les plus hautes sphères du monde économique tout en gardant un pied dans la réalité des basses castes et Dalits. Se déclarant à la fois marxiste et ambedkariste, Teltumbde se définit comme sympathisant de l’ « ultraleft » indienne, proche des mouvements maoïstes armés (les « naxalites ») dont il fut un temps un compagnon de route intellectuel. Lié par alliance à la famille d’Ambedkar, il rompt toutefois avec la révérence quasi religieuse à l’égard du grand leader qui caractérise souvent les néo-bouddhistes Dalits en mettant en lumière dans ses écrits les contradictions et les limites de l’héritage ambedkariste. Mais il souligne aussi ses avantages par rapport à la théorie marxiste, à laquelle il reproche de sous-estimer l’importance des castes.

Pour Teltumbde, Khairlanji fonctionne comme un révélateur des tensions de la société indienne. Le Maharashtra, et le Vidarbha en particulier, sont censés être une des régions indiennes à la pointe des luttes anti-brahmanes et anti-caste. Dans ce contexte supposément « favorable », le sort de la famille Bhotmange illustre la détermination de certains Dalits à s’arracher à leur condition et à affirmer leur dignité face à une société environnante qui les méprise, mais aussi les terribles obstacles auxquels se heurte cette démarche. Pour étayer son propos sur la réalité persistante et brutale, bien que changeante dans ses configurations, de la problématique de caste, Teltumbde déploie brillamment une expertise mi-académique, mi-polémique, alternant données statistiques, informations juridiques, exemples historiques et réflexions idéologiques radicales. Si son travail a plus l’allure d’un essai politique bien informé que d’une enquête sociologique empiriquement délimitée et validée par un terrain original et précis, l’auteur n’en est pas moins apte à manier de nombreuses références et aborde de façon pertinente nombre de problèmes fréquemment évoqués dans le champ académique des études indiennes : castes et possession foncière, hiérarchies socio-rituelles, pratiques contemporaines de l’intouchabilité, rapport de l’État aux mouvements armés. Sa réflexion offre également un éclairage théorique intéressant sur des débats qui continuent de mobiliser les chercheurs sur l’Inde : rapports classe/caste, complémentarité et différence des théories marxistes et ambedkaristes, système de discrimination positive et lutte pour les ressources.

Violence sociale et violences de castes : la frontière intouchable/basses castes

Mais pour Teltumbde, les événements de Khairlanji éclairent aussi une autre dimension cruciale de la question : la domination brahmanique n’a plus besoin des brahmanes pour s’exercer. En effet, ceux-ci ont pour la plupart migré vers les villes depuis plusieurs décennies, et il est nécessaire de déplacer notre regard vers les basses castes et sous-castes Shudras (les Shudras sont la quatrième et dernière catégorie dans la hiérarchie indienne des varnas : Brahmanes, Kshatriyas, Vaishyas, Shudras). Les résidus de pouvoir coutumier en vigueur dans les villages se sont totalement reportés sur ces basses ou moyennes castes paysannes, tels que les Kunbis, les Malis, les Telis et les Kallars dans la région du Vidarbha, par exemple.

Pour mieux comprendre ce qu’Anand Teltumbde décrit comme « la montée des oppresseurs Shudras » (p. 163), liée à l’exode rural des brahmanes vers les villes, aux bénéfices de la révolution verte et des réformes foncières ainsi qu’à la force numérique de ce conglomérat de caste constituant environ 30% à 40% de la société, il faut toutefois dissiper quelques brouillards sémantiques. Les Shudras représentent théoriquement ce qu’on nomme « basses castes », alors que la terminologie administrative indienne parle d’ « Autres Classes Arriérées » (Other Backward Classes). Dans la réalité, si les castes Shudras sont classées dans la catégorie OBC, elles ne se considèrent pas forcément comme « basses castes ». Certains groupes, comme les Kunbis du Maharashtra, sont historiquement des castes paysannes moyennes qu’on peut qualifier de castes dominantes au niveau rural en raison de leur capital économique et foncier. Or, souligne Teltumbde, la majorité des violences de caste que l’Inde connaît aujourd’hui oppose des groupes sociaux situés au bas de la hiérarchie sociale. L’intouchabilité demeure une frontière bien marquée et les ex-« intouchables » seraient les premiers à souffrir les conséquences de l’ascension sociale des Shudras, « nouveaux oppresseurs » situés juste au dessus d’eux, et qui voient dans les Dalits leurs premiers concurrents dans la lutte pour les ressources. Il y aurait enfin un décalage entre le pouvoir économique récent de ces castes paysannes et leur faible légitimité culturelle du point de vue du système social traditionnel hindou. Teltumbde maintient toutefois qu’on peut encore comprendre la séparation entre Shudras et Dalits sur la base de la hiérarchie rituelle brahmanique. Celle-ci reste encore opératoire et les Shudras ne manquent pas de rappeler, quand l’occasion leur en est donnée, qu’elles sont « supérieures » aux Dalits.

Dès lors, suggère Teltumbde, l’augmentation des atrocités de caste est le produit d’un double phénomène. D’une part, l’idéologie brahmanique sur laquelle se fonde l’hindouisme et le système des castes s’est en partie fissurée, tout en étant aussi masquée par une constitution interdisant toute discrimination et abolissant l’intouchabilité. De l’autre, les basses castes sont confrontées à l’écart de plus en plus fréquent entre leur propre niveau de vie et celui récemment atteint par certaines familles intouchables. Les OBC dominent aujourd’hui l’espace rural sans pouvoir totalement se prévaloir d’une supériorité traditionnelle garantie par l’idéologie brahmanique qu’elles ont elles-mêmes historiquement contestée (comme l’illustre le mouvement non-brahmane au Maharashtra et ses figures réformistes, tel Jotiba Phule). En outre, elles ont accumulé ce pouvoir local tout en se soustrayant à l’ensemble des services et obligations qui existaient auparavant au sein du système jajmani ou balutedari [4]. Dons et dettes organisaient alors les rapports sociaux et les encastraient dans une économie morale où l’ensemble des castes, y compris les intouchables, bénéficiaient de certaines formes de redistribution (a minima) en échange des services qu’elles procuraient. Mais la pénétration croissante de logiques économiques plus impersonnelles liées au marché capitaliste a érodé ces formes de « protection sociale » traditionnelle au profit de formes monétaires qui tendent à défavoriser les Dalits.

Le crime de Khairlanji apparaît alors comme la réaction brutale de certains villageois à cet « intolérable » affront : une famille intouchable à peine émancipée de sa condition servile et qui tentait trop ostensiblement d’en sortir définitivement. Teltumbde (se) pose la question du passage à l’acte et des raisons psychosociales incitant des individus à commettre des crimes d’une telle barbarie. On peut être surpris de ses conclusions, fondées sur la prégnance supposée de l’idéologie immémoriale du système brahmanique, avec sa dévalorisation radicale et déshumanisante des intouchables et sa priorisation absolue de la caste par rapport à la personne humaine. Il y a un certain contraste entre cette explication plutôt mécanique et sa description concrète de la situation, qui donne plutôt l’impression d’un désajustement entre l’illégitimité officielle de l’idéologie hiérarchique et la réalité des rapports socio-économiques présents. Des anciens rapports sociaux de domination hiérarchiques, considérés comme harmonieux, plus ou moins « naturels » et incontestables (tant que chacun restait à sa place), il semblerait au contraire qu’il ne reste plus que la violence nue, vidée de toute justification, portée par des motivations socio-économiques brutes qui ne peuvent plus guère se masquer du voile religieux.

Sur le traitement des voix dissidentes Dalits

Les manifestations qui suivirent les évènements de Khairlanji présentèrent un caractère étonnamment spontané, peu marqué par la présence habituelle des professionnels politiques ou des activistes. Mais la répression policière qui s’ensuivit met à mal la vision de la démocratie indienne comme un système globalement harmonieux où la dissension trouve toute sa place. Force est de constater que, si les voix dissidentes existent bien, elles sont aussi souvent réprimées, et généralement avec une sévérité bien plus grande quand il s’agit de catégories sociales (Dalits, tribaux) considérées par le pouvoir politique et économique comme dangereuses, rebelles ou susceptibles de nourrir les mouvements armés.

En outre, le traitement médiatique biaisé des évènements de Khairlanji et des protestations Dalits signale la connivence idéologique (qui n’est pas nécessairement une collusion consciente) entre certaines fractions de l’État et les prises de position médiatiques des grandes chaines télévisuelles ou de grands journaux. Bien mise en lumière par l’auteur, l’extrême brutalité de la répression policière dans le cas des manifestations suscitées par Khairlanji fait contraste avec la relative complaisance dont bénéficient les débordements de violence de mouvements nationalistes ou nativistes hindous comme le Shiv Sena à Mumbai, par exemple. Et quand les médias finirent par traiter les évènements liés à Khairlanji, ce fut plus souvent pour déplorer les dégâts matériels causés par les manifestants que pour chercher à comprendre ce qui s’était passé. Teltumbde évoque également le système de censure et de distorsion de l’information qui s’instaura presque instantanément après les évènements. Ainsi, quelques jours après les meurtres, la ville de Nagpur vit converger des millions de Dalits et de bouddhistes venant fêter le cinquantième anniversaire de la conversion menée par Ambedkar. D’éminents leaders Dalits s’employèrent alors à essayer d’occulter les atrocités le temps des célébrations. De leur côté, les médias locaux créditèrent souvent sans aucune enquête la thèse de la relation extraconjugale de la mère avec son cousin (cela, comme l’explique Teltumbde, avait été inventé par les villageois pour salir l’image de la mère et du cousin maternel, petit homme d’affaires aux ambitions politiques locales ayant été le seul à aider régulièrement les Bhotmange contre les agressions des autres villageois), abondant dans le sens d’une justification morale du crime, qui dès lors ne relevait plus d’une question de caste.

Enfin, Teltumbde souligne, comme de nombreux chercheurs l’ont déjà suggéré avant lui (par exemple Utsa Patnaik), que l’introduction de nouvelles logiques économiques de type néolibéral depuis 1991 contribue à renforcer les inégalités en défaveur des Dalits et des Adivasis (tribaux).

Limites de l’ouvrage

L’auteur verse parfois dans un fonctionnalisme du pire où les consciences des politiciens, des policiers, des entrepreneurs et des classes dominantes en général semblent toutes ajustées en vue d’une exploitation optimisée, organisée et volontairement brutale. On ne peut certes nier que la violence s’organise, que l’exploitation existe et, que l’action de État a souvent un contenu de classe, mais il serait plus pertinent de mieux restituer les « “chaînes d’interdépendance” entre les phénomènes sociaux ; et d’identifier les “circuits de domination”, c’est à dire, selon les mots de Pierre Bourdieu, de “reconstituer les séries causales qui mènent des lieux les plus centraux de l’État aux régions les plus déshéritées et dé-capitalisées du monde social [5].” »

Il est vrai que l’auteur, motivé par les exigences de sa démonstration à la fois idéologique et politique, ne prétend pas être un chercheur, un social scientist professionnel dénouant totalement l’ensemble des causalités qui engendrent ce type de problèmes. Reste qu’il identifie dans son discours certaines tendances sociologiques avec beaucoup d’intuition, de force de conviction et de clarté. Mais son ton emporté, plus souvent dénonciateur qu’analytique, risque de ne convaincre que ceux qui sont déjà convertis à son projet politique d’émancipation radicale. Cette possible critique méthodologique n’enlève toutefois rien à l’intérêt global de la démarche de Teltumbde, qui, en mélangeant adroitement les genres et en simplifiant parfois avec un certain brio polémique l’analyse de la société indienne, remplit tout à la fois une fonction d’information élémentaire et une fonction de prise de conscience politique tout à fait méritoire. Ce faisant, la force de son témoignage documenté secoue le lecteur tout en ouvrant aussi des pistes de réflexion à des chercheurs plus enclins à la compréhension strictement analytique de ces questions cruciales.

Pour citer cet article :

Joël Cabalion, « La violence de caste en Inde aujourd’hui », La Vie des idées , 1er juillet 2010. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-violence-de-caste-en-Inde.html

Nota bene :

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par Joël Cabalion , le 1er juillet 2010

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Notes

[1Hardikar Jaideep, “Six get death for Khairlanji dalit killings”, 24 Septembre 2008.

[2Pour une analyse des manifestations post-khairlanji, voir Nicolas Jaoul, « The ’Righteous Anger’ of the Powerless. Investigating Dalit Outrage over Caste Violence », South Asia Multidisciplinary Academic Journal, 2.

[3Les Mahars du Maharashtra, depuis 1956, se sont convertis en masse au bouddhisme en suivant leur leader Bhimrao Ambedkar, ce dans le but de sortir du système des castes et pour s’élever contre la servitude qui leur était traditionnellement réservée. Voir Jaffrelot Christophe, Dr. Ambedkar. Leader intouchable et père de la constitution indienne, Paris, Presses de Science-Po, 2000.

[4« The traditionnal elite, having migrated to urban areas, left the villages in the control of these neo-rich shudra castes. In the absence of any provision for protectionism in the state-induced development policies, these nonbrahmin, nondalit castes tended to take advantage of the traditional jajmani relationship without any of its obligations. » (p. 17 et p. 163-167).

[5Voir Bourdieu Pierre et al. (éd.), La misère du monde, Paris, Seuil, p. 182.



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