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Dossier : Statistiques en société

La sphère de l’engagement associatif : un monde de plus en plus sélectif


Parée de toutes les vertus, la « démocratie associative » est censée prendre le relais d’une vie partisane et syndicale essoufflée, et offrir à tous des moyens d’expression et de participation. La réalité telle qu’elle peut être observée à partir de différentes enquêtes statistiques, s’éloigne assez sensiblement de cette représentation. Non seulement la sociologie du bénévolat et de l’engagement associatif est beaucoup plus sélective qu’on ne le pense, mais le mouvement de professionnalisation du monde associatif en accélère la transformation.

Les associations jouissent dans l’imaginaire collectif d’un capital de sympathie important [1]. Cette image positive du monde associatif est parfaitement exploitée par divers think tanks et autres instituts, dont l’investissement réside davantage dans les dépenses de marketing et de communication que dans les méthodes de recherche, et qui en assurent la promotion idéologique en invoquant les valeurs consensuelles de générosité et de désintéressement. Dans le même temps, le monde associatif est loué par de nombreux intellectuels et universitaires pour sa prétendue ouverture à la « société civile » et les vertus « solidaires » qu’il serait censé incarner en comparaison des sphères syndicales et politiques. Cette représentation est-elle vraiment conforme à la réalité ? Le monde associatif ne dispose-t-il pas d’une réputation usurpée et héritée en grande partie du « boom associatif » du début des années 1980 ? Les données statistiques exploitées ici mettent au contraire en évidence l’inertie des déterminants sociodémographiques de la participation associative comme la classe sociale, le niveau de diplôme ou encore l’âge, dont les effets se sont accrus au détriment des catégories qui participent déjà le moins à la vie des institutions politiques. Les jeunes et les classes populaires sont donc aussi éloignés de la démocratie associative que de formes de participation plus conventionnelles dont le secteur associatif se présente pourtant comme un envers. Ce n’était cependant pas le cas au début des années 1980. Le regard retrospectif permet également de nuancer la plainte récurrente parmi les responsables associatifs d’un « déclin du bénévolat », dont l’individualisme des sociétés modernes serait responsable, alors qu’il est plutôt le fait d’une transformation des modalités d’exercice de la pratique bénévole.

Le monde associatif étant particulièrement complexe, il est essentiel de distinguer différentes catégories de « participants » : les bénévoles, les adhérents et les salariés. Les bénévoles associatifs seraient aujourd’hui environ 10 millions. En comparaison avec des enquêtes plus anciennes [2], on constate que leur nombre a augmenté (en 1990, ils étaient 7,9 millions, en 1993, 9,1 millions et en 1996, 10,4 millions soit 23,4 % de la population de plus de 18 ans). Parmi ces bénévoles, il convient de distinguer les dirigeants des simples participants occasionnels. A l’occasion d’une enquête conduite en 1998 [3], les auteurs identifient ainsi différents degrés d’implication dans les associations. Ils distinguent les membres « impliqués » (i.e qui exercent des responsabilités dans l’association en tant qu’administrateur ou membre d’un bureau exécutif), les membres ordinaires et les membres ponctuels. Pour autant, il n’est pas possible de définir un profil-type des bénévoles. Cela dépend des missions qu’ils remplissent, des secteurs investis, de leurs niveaux de participation, de leurs niveaux de responsabilité. D’après les enquêtes, le bénévole associatif en France et en Europe est plutôt un homme âgé de 35 à 54 ans, issu d’un milieu plutôt aisé et cultivé, possédant un capital scolaire élevé et exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle en milieu moyennement urbain. Concernant les adhérents strico sensu, l’Insee [4] rapporte que, si huit Français sur dix se disent concernés par la vie associative, ils sont 39 % en 1997 (soit 20 millions de Français de plus de 14 ans) à être adhérents dans une association. A priori, cela fait autant qu’en 1983. L’adhésion concerne toutes les tranches d’âge mais semble avoir davantage augmenté dans les secteurs sportif, culturel et humanitaire qu’ailleurs. Si, en effet, entre 1983 et 1996, le taux d’adhésion dans les clubs sportifs est passé de 15 à 18 % et dans le secteur humanitaire de 2 à 4 %, celui-ci a chuté dans les syndicats et groupements professionnels, pour la même période, de 14 à 8 %, et, dans les associations de parents d’élèves, de 12 à 8 %. Pour les auteurs de cette enquête, il faut voir dans ces évolutions conjointes les signes d’un engagement recherchant davantage l’accomplissement individuel que celui d’un idéal collectif. Pour ce qui est de l’évolution du nombre des associations, les statistiques sont moins fiables tant la part des associations en sommeil mais non dissoutes semble importante. Seules les créations d’associations recueillies par les préfectures sont des sources fiables : une étude publiée en 1999 par le CREDOC [5] relève que si, en 1975, le nombre d’associations créées chaque année était de 20 000, aujourd’hui, il s’élève à 60 000 (notons que ce nombre n’était que de 1000 par an en 1920 et de 5000 par an en 1945). Aux côtés des bénévoles et des adhérents, les salariés constituent le troisième acteur majeur dans l’association. Selon l’enquête du CNRS [6], le nombre d’associations employeurs ne dépasserait pas 145 000 sur un total de 880 000 associations recensées. On estime ainsi que ces associations emploieraient plus de 1,6 million de personnes en France. Depuis une vingtaine d’années, la tendance est à l’augmentation du nombre de salariés dans le champ associatif marquant ainsi une des formes de professionnalisation les plus significatives (rapport parlementaire de Derosier, octobre 2000). Ces constats soulignent que le monde associatif est bien loin d’être confronté à une « crise du bénévolat » et que ce registre de dramatisation, fréquemment invoqué, masque en réalité une profonde transormation des formes et des modalités d’exercice de la pratique bénévole.

Il faut prendre au sérieux l’idée d’une « professionnalisation » du bénévolat associatif en tentant d’en repérer les linéaments dans les données des enquêtes statistiques menées par l’INSEE depuis 20 ans. Si la salarisation est un indicateur très fort de la professionnalisation, elle n’en est pas pour autant le seul. La professionnalisation caractérise l’ensemble du monde associatif et se situe bien au-delà du bénévolat se traduisant par l’explosion de l’emploi de salariés employés par des « entreprises associatives ». Par professionnalisation, nous entendons un processus de rationalisation à la fois en termes de compétence (dont le degré de spécialisation devient plus élevé) et en termes de statut s’exprimant par une salarisation mais aussi par l’institutionalisation de professions (ne parle-t-on pas aujourd’hui de « bénévole professionnel » ou de « professionel bénévole » ). Dans le cas du bénévolat associatif, la professionnalisation s’exprime notamment par la participation bénévole qui requiert de plus en plus de compétences du fait de l’exercice de responsabilités particulières (la vie associative demanderait ainsi davantage de compétences administratives, gestionnaires et juridiques).

Des variables qui ne varient pas : les déterminants de la participation associative

Toutes les enquêtes quantitatives réalisées en France depuis 1982, c’est-à-dire consécutives aux deux articles fondateurs de François Héran sur le monde associatif [7], n’ont fait que confirmer le poids déterminant des variables sociodémographiques comme le sexe, l’âge, la profession exercée et le diplôme, sur la probabilité de participer à la vie associative [8]. Les résultats obtenus à partir des sources étudiées confortent l’idée selon laquelle l’influence de ces variables reste identique. Du point de vue du nombre d’associations auxquelles une personne déclare adhérer, il est intéressant de souligner une tendance générale à un moindre cumul des engagements (sauf, notons-le, pour les 64 ans et plus où, au contraire, le cumul augmente). Cette dispersion plus faible s’accomplit néanmoins dans le plus pur respect de la hiérarchie sociale puisque les « classes moyennes » (cadres et professions intermédiaires) restent dominantes du point de vue de la multi-adhésion dont François Héran avait déjà pointé le caractère discriminant.

Parallèlement à la catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’instruction s’avère également fortement discriminant. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont ainsi ceux qui adhèrent et participent le plus aux activités associatives. Ils représentent en 2002 plus du tiers des adhérents qui déclarent exercer des responsabilités dans le cadre de leur activité associative alors qu’ils n’étaient que 18% en 1982. A l’inverse, la part des peu ou pas diplômés s’est effondrée à la fois sur la période et du point de vue du degré de participation (plus la participation est intense, plus la part des sans diplômes et des individus dotés du certificat d’études primaires comme le titre scolaire le plus élevé s’affaiblit).

On constate à nouveau un déclin sensible des chances de participer à une association, quelles que soient les modalités d’engagement (simple adhésion, participation active ou exercice de responsabilités), pour les ouvriers dont le poids dans la population active s’est certes atténué mais cependant pas dans les proportions observées ici (les ouvriers représentaient 31,4% des individus enquêtés en 1982 dont la PCS était connue contre 25,5% en 2002). Globalement la ségrégation sociale reste très forte puisque les cadres et professions intermédiaires monopolisent les responsabilités : près d’un responsable associatif sur deux appartient à l’une ou l’autre de ces catégories bien qu’elles ne représentent qu’un tiers de la population active occupée. On note enfin un accroissement significatif de la participation des employés, en particulier en ce qui concerne l’accès aux responsabilités. On sait par ailleurs que les fonctionnaires sont fortement représentés dans cette catégorie, il est donc fort probable qu’ils tirent bénéfice ici d’horaires moins contraignants et d’une plus grande disponibilité que les salariés du secteur privé. C’est ce qu’avaient déjà relevé Lionel Prouteau et François Charles Wolff dans leur étude sur l’effet du temps du travail sur la participation associative [9].

Parallèlement à la catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’instruction s’avère, également, fortement discriminant. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont ainsi ceux qui adhèrent et participent le plus aux activités associatives. Ils représentent en 2002 plus du tiers des adhérents qui déclarent exercer des responsabilités dans le cadre de leur activité associative alors qu’ils n’étaient que 18% en 1982.

A l’inverse la part des peu ou pas diplômés s’est effondrée à la fois sur la période et du point de vue du degré de participation (plus la participation est intense, plus la part des sans diplômes et des individus dotés du certificat d’études primaires comme le titre scolaire le plus élevé s’affaiblit).

Mais il y a mieux. Pour contrôler les variations structurelles liées à la massification scolaire et à l’allongement des études, nous avons comparé la probabilité d’adhérer à une association en y exerçant des responsabilités avec les évolutions dans la structure des diplômes dans l’ensemble de la population enquêtée. Ainsi, la chance qu’un individu soit diplômé du supérieur plutôt que de ne pas l’être est deux fois plus importante en 2002 qu’en 1982. Du point de vue des adhérents à au moins une association, on ne constate pas de différence significative. C’est-à-dire que la part des diplômés du supérieur parmi les adhérents à au moins une association n’a pas évolué plus vite que le reste de la population générale. En revanche, les « adhérents responsables » ont 2,42 fois plus de chances d’être diplômés du supérieur que de ne pas l’être. Ce qui signifie que cette catégorie s’est accrue plus rapidement parmi les adhérents responsables qu’en population générale. La pratique associative, en particulier quand elle est effectuée dans le cadre de responsabilités institutionnelles, nécessite une capacité à incarner un collectif et à parler en son nom. Autrement dit, il est indispensable de se sentir légitime à représenter le groupe pour accéder au statut de « porte-parole ». Sur ce plan, l’acquisition de titres scolaires, en plus de faciliter l’expression orale et la maîtrise de la parole publique, place celui qui en dispose dans une situation légitime. A l’inverse, ceux qui en sont dépourvus s’autocensurent, faute de disposer d’une légitimité suffisante, et ce, d’autant plus facilement qu’ils s’orientent plus fréquemment vers la « défection » que vers la « prise de parole », pour reprendre la distinction d’Albert Hirschmann. Les discours incantatoires sur la « démocratie participative » se heurtent donc à des dispositions profondément ancrées dans les pratiques. Le déclin brutal du taux de participation des titulaires d’un CAP/BEP fait ici sans doute écho à l’affaiblissement du groupe ouvrier.

L’âge, enfin, contribue à structurer de façon significative la distribution des taux d’adhésion et de participation associative. Alors que ce taux culmine pour la tranche des 34 ans à moins de 44 ans en 1982, on constate que ce sont désormais les individus les plus âgés qui représentent les fréquences modales de la distribution. Effet d’âge ou de génération ? Avec 20 ans de différence, nous retrouvons parmi les 54 ans et plus de 2002, les 34-54 ans de 1982. Seules des données longitudinales pourraient permettre de trancher sur ce point, mais il ne semble pas improbable que la cohorte ayant fait l’expérience des mouvements sociaux de mai 1968 soit restée particulièrement sensible à l’action collective menée dans le cadre associatif et cela concerne autant l’adhésion que la participation avec prise de responsabilité.

La position hégémonique des sexagénaires dans le monde associatif

Après avoir vérifié l’effet déterminant et immuable des variables sociodémographiques sur la probabilité d’adhérer à une association, l’analyse statistique fondée sur des données ponctuelles répétées entre 1982 et 2002 met en lumière quelques tendances significatives des transformations contemporaines de l’acteur associatif : les « baby-boomers » y occupent désormais une position dominante au détriment des plus jeunes.

Il est d’ailleurs probable que l’allongement de la durée des études, conjuguée à une dégradation des conditions d’entrée sur le marché du travail soient des facteurs qui rendent l’adhésion et l’engagement, dont la gratuité n’est qu’une apparence trompeuse, fortement « coûteux ». Il est ainsi significatif de constater un effondrement du cumul des adhésions associatives pour les jeunes actifs trentenaires et quadragénaires de 2002 par rapport à leurs homologues de 1982. Ce sont donc bien les jeunes retraités qui occupent désormais une position dominante dans le monde associatif en considérant d’ailleurs bien souvent leur engagement comme une « seconde carrière » qui les occupe bien souvent à plein temps. On retrouve donc dans le monde associatif un processus d’hégémonie générationnelle, de sexagénaires et plus cumulant toutes les positions de pouvoir, que Louis Chauvel observe également dans le monde politique.

Vers une « professionnalisation » du bénévolat ?

Par ailleurs, il semble bien que ceux qui adhèrent dans au moins une association en 2002 sont beaucoup plus nombreux qu’en 1982 à s’investir et à prendre des responsabilités. Ce processus de « professionnalisation » est souligné par de nombreux travaux : il se caractérise par un nombre croissant de salariés, une rationalisation des conditions d’exercice de la pratique bénévole [10], ou encore un lien de plus en plus attesté entre l’engagement associatif et l’activité professionnelle (lien par les compétences transférables ou lien d’intérêt [11]). Notons que cette « professionnalisation » est aussi soulignée à travers de nombreuses publications non académiques (études, ouvrages de management). Cette « professionnalisation » se caractérise par une élévation significative du degré de participation des adhérents et une part croissante des diplômés de l’enseignement supérieur (alors que les moins diplômés apparaissent littéralement évincés de la sphère de l’engagement). On peut résumer l’évolution de l’engagement associatif de la manière suivante : moins mais mieux, moins de cumul d’adhésions mais plus de responsabilités. Bref, ces premiers résultats, qui en appellent d’autres à venir, confortent pour l’instant l’idée selon laquelle la figure contemporaine du bénévole (et notamment parmi ceux que l’on peut qualifier de « dirigeants » au sens où ils exercent des fonctions d’administration et de direction du groupement) se serait profondément transformée : le temps semble loin où la seule « bonne volonté » pouvait être invoquée comme justification de l’engagement. L’expérience acquise par la formation initiale et au cours de la vie professionnelle apparaît désormais comme une ressource indispensable à toute implication dans la société civile. De même, le cumul d’adhésions est plus faible aujourd’hui qu’en 1982. Comme si l’engagement associatif nécessitait désormais une véritable spécialisation qui ne laisserait plus le temps à une dispersion des adhésions. Aurions-nous à faire à de véritables « professionnels » du bénévolat ? La gratuité et la générosité ne sont plus en effet des critères suffisants pour qualifier la pratique bénévole, celle-ci s’affichant de plus en plus comme un « travail » faisant appel à des compétences spécifiques. Le monde associatif apparaît ainsi comme une réalité ambivalente, oscillant en permanence « entre le travail et l’engagement » pour reprendre le titre d’une contribution récente de Maud Simonet.

Note méthodologique

Nous nous proposons dans cet article de prendre au sérieux l’idée d’une « professionnalisation » du bénévolat associatif en tentant d’en repérer les linéaments dans les données des enquêtes statistiques menées par l’INSEE depuis 20 ans. Notre intention est de souligner que si la salarisation est un indicateur très fort de la professionnalisation, elle n’en est pas pour autant le seul. La professionnalisation caractérise l’ensemble du monde associatif et se situe bien au-delà du bénévolat se traduisant par l’explosion de l’emploi de salariés employés par des « entreprises associatives » [12]. Par professionnalisation, nous entendons un processus de rationalisation à la fois en termes de compétence dont le degré de spécialisation devient plus élevé, et en termes de statut s’exprimant par une salarisation mais aussi par l’institutionalisation de professions (ne parle-t-on pas aujourd’hui de « bénévole professionnel » ou de « professionel bénévole » ? [13]). Dans le cas du bénévolat associatif, nous voulons montrer que la professionnalisation s’exprime notamment par la participation bénévole qui requiert de plus en plus de compétences du fait de l’exercice de responsabilités particulières (la vie associative demanderait ainsi davantage de compétences administratives, gestionnaires et juridiques).

Notre stratégie de recherche a donc consisté en une analyse longitudinale du profil socioculturel et socioprofessionnel des adhérents d’une ou plusieurs associations (tout champ confondu) à partir de deux enquêtes INSEE réalisées en 1982-83 (Enquête Contacts et notamment la partie variable "Etude sur les contacts entre les personnes") et en 2002 (notamment la partie variable "Vie associative" de l’enquête permanente conditions de vie des ménages (EPCV)) [14]. Notre intention, à travers cette étude comparative, est de deux ordres. Elle est de déterminer l’ensemble des éléments susceptibles de caractériser les principales évolutions du profil des adhérents en vingt ans. Des indicateurs comme les PCS, l’âge, le niveau d’étude, l’expérience associative et amateur, le degré de responsabilité, le cumul des mandats sont étudiés et comparés sur les deux périodes. A travers cela, notre intention est aussi de cerner, notamment chez les « dirigeants bénévoles » (c’est-à-dire les individus déclarant exercer des responsabilités au sein d’une association), les principales caractéristiques du processus de professionnalisation dont les définitions multiples témoignent de la difficulté à définir précisémment cette tendance lourde. In fine, l’analyse secondaire des enquêtes INSEE, à partir de données ponctuelles répétées de 1 133 responsables associatifs interrogés entre 1982 et 1983 et 559 en 2002, devra nous permettre de vérifier un ensemble d’hypothèses relatives à l’adhésion, la professionnalisation, le niveau d’engagement et les logiques d’intérêts de ces acteurs associatifs.

Pour citer cet article :

Denis Bernardeau Moreau & Matthieu Hély, « La sphère de l’engagement associatif : un monde de plus en plus sélectif », La Vie des idées , 31 octobre 2007. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-sphere-de-l-engagement.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

par Denis Bernardeau Moreau & Matthieu Hély , le 31 octobre 2007

Notes

[1Cet article est une version remaniée de D. Bernardeau-Moreau et Matthieu Hély, « Transformations et inerties du bénévolat associatif sur la période 1982-2002 »publié dans le numéro 15 de la revue sociologies pratiques.

[2Notamment E. Archambault, C. Bon, M. Le Vaillant et J. Boumendil, « Les dons et le bénévolat en France », enquête LES-ISL Fondation de France, 1991-1994-1997, Paris.

[3G. Hatchuel, J.-P. Loisel, « L’adhésion aux associations reste à un niveau élevé. Plus de seniors, moins de militants », CREDOC-Consommation et Modes de vie, n° 123, janvier 1998.

[4E. Crenner, « Le milieu associatif de 1983 à 1996 », Division Conditions de vie des ménages, Insee Première, n° 542, septembre 1997.

[5C. Fourel, J.-P. Loisel, « Huit français sur dix concernés par la vie associative », Consommation et modes de vie, CREDOC, n° 133, 20 février 1999.

[6Enquête auprès des associations 1999 coordonnée par Viviane Tchernonog, cf. V. Tchernonog, « Le financement de la solidarité, Les ressources des associations : Eclairage à partir des financements publics et des réseaux », Rapport de fin de contrat pour la MIRE (Mission recherche- expérimentation du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité), 2000.

[7Voir F. Héran, « Un monde sélectif : les associations », Économie et statistique, n° 208, mars, 1988, p. 17-31 et « Au cœur du réseau associatif : Les multi-adhérents », Économie et statistique, n° 208, mars, 1988, p. 33-44.

[8Voir G. Hatchuel et J.-P. Loisel, « La vie associative : participer, mais pas militer », in Données sociales 1999-2000, INSEE, 2000, p. 359-365, et E. Crenner, « Le milieu associatif de 1983 à 1996 : plus ouvert et tourné vers l’intérêt individuel », INSEE Première, n° 542, septembre 1997.

[9L. Prouteau et F. C. Wolff, « La participation associative au regard des temps sociaux » in Économie et statistique, n° 352-353, p. 57-80.

[10M. Simonet, « Penser le bénévolat comme travail pour repenser la sociologie du travail », Revue de l’IRES, n° 44, 1, p. 141-155.

[11D. Benardeau, Sociologie des fédérations sportives. La professionnalisation des dirigeants bénévoles, Paris, L’Harmattan, Logiques sociales, 2004.

[12M.Hély, « Les différentes formes d’entreprises associatives », Sociologies pratiques, n° 9, 2004, p. 27-51.

[13D. Bernardeau, « La professionnalisation dans les organisations associatives. Le cas des dirigeants bénévoles de la fédération française d’équitation », Gérer et comprendre, Annales des Mines, n° 73, 2003, p. 55-74.

[14Voir la note méthodologique en fin d’article pour plus de précisions.


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