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La politique et la « guerre contre le crime »

Interview de Jonathan Simon


La « guerre contre le crime » est devenue un thème consensuel sur la scène publique américaine depuis une quarantaine d’années. Mais elle répond moins à une demande sociale spontanée qu’à une construction idéologique et politique conjointe des démocrates et des républicains. Tel est l’un des enseignements des travaux de Jonathan Simon. Entretien.

Cet entretien a été réalisé par Sophie Body-Gendrot

- Lire aussi : À propos de Governing through Crime de Jonathan Simon, par Sophie Body-Gendrot [27-12-2007]

Jonathan Simon enseigne le droit à l’Université de Berkeley (Californie). Il a notamment publié Poor Discipline : Parole and the Social Control of the Underclass, 1890-1990. Il est également l’un des animateurs de la revue Punishment & Society [http://intl-pun.sagepub.com/] qui est l’un des principaux rendez-vous des criminologues nord-américains.

Sophie Body-Gendrot : Dans votre livre, vous citez abondamment Franklin Delano Roosevelt et opposez la foi des progressistes dans l’efficacité du Welfare State aux positions plus ambiguës des libéraux [1] des années 1960 (comme R. Kennedy qui soutenait le mouvement des droits civiques mais aussi la politique d’ordre et de sécurité). Cependant, il me semble que les réformes lancées par Roosevelt étaient elles aussi ambiguës. Selon l’historien Ira Katznelson, ce n’est qu’au prix d’une mise à l’écart des Noirs que le Sud put être rallié au New Deal et au programme qu’il proposait pour surmonter les effets de la Grande Dépression [2]. Le système d’allocation fut conçu sciemment d’une façon telle que les Noirs en seraient exclus. Ne voyez-vous pas un risque d’idéalisation rétrospective du New Deal ?

Jonathan Simon : Le New Deal a eu ses côtés sombres, et vous avez absolument raison de souligner le clivage racial. Il s’agissait d’opportunisme politique – Roosevelt avait besoin des votes des démocrates sudistes et racistes au Congrès – plutôt que d’idéologie ; toujours est-il que ce clivage fut l’une des principales faiblesses du New Deal, et le principal défi à relever par les présidents démocrates – Kennedy et Johnson – dans les années 1960.

Le New Deal était aussi moins cohérent idéologiquement qu’on ne le croit. Roosevelt oscillait de gauche à droite en essayant de gouverner un pays vacillant et dont l’ordre constitutionnel paraissait affaibli. Il y avait cependant ce que certains historiens ont appelé un « ordre politique » du New Deal, ou, comme aurait dit Foucault, sa « gouvernementalité ». Roosevelt et ses conseillers partageaient une vision commune des besoins de la population (résumée par son héritage le plus pérenne, la « sécurité sociale »), des mesures qu’il fallait mettre en œuvre pour y répondre (assurances sociales, agences de régulation, légalisation des syndicats), des représentations politiques qui étaient nécessaires pour gouverner de cette manière (réalisme juridique et sciences sociales). C’est cette constellation des logiques de gouvernement qui a été remplacée par ce que j’appelle le « gouvernement par le crime ».

En réalité, le New Deal avait lui aussi proclamé la « guerre contre le crime », s’attaquant surtout aux braqueurs de banques. La principale institution politique qui émergea de cette période fut le FBI (Federal Bureau of Investigation) qui joua, sous la direction de l’autoritaire J. Edgar Hoover, un rôle obscur et méconnu au sommet du pouvoir pendant les quarante années suivantes. Cela se déroulait dans les toutes premières années du New Deal, lorsque la situation économique du pays ne cessait de se dégrader et que la Cour Suprême rejetait les unes après les autres les mesures de Roosevelt, les jugeant contraire à la Constitution. Une fois que son programme économique fut enfin lancé en 1937, le FBI et la « guerre contre le crime » continuèrent de capter l’attention des medias mais ne représentèrent plus qu’un élément secondaire des innovations du New Deal en matière de gouvernance.

Sophie Body-Gendrot : Une idée forte de votre livre est que ce sont les changements politiques et non économiques qui ont polarisé la société américaine. La prise de pouvoir par la droite radicale aurait imposé un agenda sécuritaire auquel le citoyen ordinaire se serait rallié. Cette tendance conservatrice a-t-elle été favorisée par la « fédéralisation » du problème de la criminalité ? Selon Stuart Scheingold [3], la perception de la criminalité et la mobilisation qu’elle suscite dans l’opinion publique varient fortement à l’intérieur des Etats-Unis, suivant la place accordée à ce thème dans la culture locale. Mais vous allez plus loin et affirmez que « la législation encourage systématiquement la vengeance et la haine ritualisée plutôt que la prévention de la criminalité et la réduction de la peur ».

D’autre part, en analysant la manipulation populiste des législateurs, il convient de distinguer les lieux et les époques. Par exemple, en France, l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des jeunes [4], qui donne la priorité à l’éducation sur la sanction, est toujours valable, en dépit de nombreux amendements. Cette résilience est-elle due à l’action des lobbies de protection de l’enfance et des juges pour enfants, ou à la résistance de l’institution judiciaire face au populisme ? Aux Etats-Unis, il me semble que le Congrès, les assemblées législatives des Etats fédérés, les juges et d’autres acteurs sont beaucoup plus sous l’influence des passions de l’opinion publique. Les législateurs ont limité le rôle des juges, à certaines exceptions près (je pense à la controverse entre G. Pataki et le procureur Johnson sur la peine de mort à New York). Dans un article important que vous avez écrit avec M. Feeley [5], vous montrez que toutes sortes de médiateurs et de criminologues qui jouaient autrefois le rôle d’intercesseurs éclairés, expliquant aux législateurs les représentations populaires (masses’ narrations), ont maintenant perdu leur influence.

Jonathan Simon : Il y a beaucoup de points importants dans votre question. Je vais essayer de répondre à quelques-uns. Tout d’abord, vous avez tout à fait raison de dire que je privilégie les déterminants politiques par rapport aux déterminants économiques. Cela va tout à fait à l’encontre du discours de ceux qui commentent aujourd’hui la signification du phénomène de l’incarcération de masse aux Etats-Unis. Selon ce discours dominant, le néolibéralisme, ou la forme débridée du capitalisme global qui est apparue depuis les années 1970, nourrirait le besoin de politiques sécuritaires et une culture de la peur et du contrôle. Les pays les plus néolibéraux, comme les Etats-Unis et la Grande Bretagne, ont des taux d’emprisonnement supérieurs à ceux des pays d’Europe continentale comme la France et l’Allemagne, qui restent plus attachés à ce que David Garland nomme le « projet de la solidarité » [6].

Je ne doute pas que le néolibéralisme et le recul de la protection sociale puissent engendrer des formes de criminalité et une augmentation du niveau global d’insécurité dans la société. Mais d’un point de vue empirique, le néolibéralisme ne peut rendre compte des énormes écarts observés entre les pays en matière de répression : le taux d’emprisonnement varie plus au sein du groupe des pays les plus libéraux qu’entre les pays riches dans leur ensemble. Pour comprendre cette spécificité américaine, nous devons regarder de plus près et conjointement la culture, les institutions et la politique.

Je vous suis tout à fait sur l’idée que le fédéralisme joue un rôle crucial dans la compréhension de cet exceptionnalisme américain, mais je marquerais un léger désaccord avec votre insistance sur le rôle de la droite. Ce sont les efforts des dirigeants nationaux des deux partis, démocrate et républicain, pour s’emparer de la question sécuritaire dans les années 1960, qui ont bouleversé l’ordre constitutionnel dans lequel le contrôle de la criminalité et le maintien de l’ordre était la prérogative des gouvernements locaux et des Etats. Cette évolution ne manque d’ailleurs pas d’ironie. La nationalisation de la politique sécuritaire pouvait suivre le versant libéral, comme dans le cas des décisions de procédure criminelle prises par la Cour Suprême à l’époque où celle-ci était présidée par le juge Warren : ces décisions, qui protégeaient les droits des suspects et des accusés, provoquèrent une forte résistance de la droite au nom du fédéralisme. Mais après quarante ans de « guerre contre la criminalité », nous voyons maintenant que la prédominance des questions sécuritaires est devenue un sujet de consensus bipartisan au plan national. Les élus fédéraux demandent aux Etats fédérés d’allonger les peines d’emprisonnement en échange des aides financières pour la construction des prisons et multiplient leurs efforts pour imposer des lois répressives en matière de drogue dans tous les Etats, y compris dans ceux qui ont choisi une autre politique – comme celle, populaire, adoptée par l’Etat de Californie sur les usages médicinaux de la marijuana.

Les conséquences en matière de politique sécuritaire en sont importantes. Comme Scheingold l’avait brillamment prévu, la politique sécuritaire est forcément plus idéologique, plus centrée sur la peur et l’émotion, et fait plus appel à l’imaginaire si c’est une politique nationale. La criminalité est en grande partie un problème local (bien plus local encore que ne le laisse penser le discours sur les « quartiers à risque »), et les meilleures stratégies de prévention exigent des connaissances et des mises en œuvre locales.

Les répercussions sur l’autre grand principe de notre ordre constitutionnel, la séparation des pouvoirs, sont elles aussi considérables. Prenez par exemple le remarquable, et pourtant peu discuté, Prison Litigation Reform Act de 1995, qui a posé des limites strictes au pouvoir des tribunaux fédéraux d’instruire des recours dans les cas où les conditions d’emprisonnement dans les prisons d’Etats sont jugées contraire à la constitution. Cette loi a reçu le soutien des deux partis et a été validée par la Cour Suprême pratiquement à l’unanimité. De nombreuses autres mesures comparables ont réduit le pouvoir des tribunaux pour l’instruction de recours contre les pratiques inconstitutionnelles dans l’application de la peine de mort.

Sophie Body-Gendrot : À cet égard, la Californie est un cas intéressant. Vous montrez que, entre 1945 et 1965, l’État californien a développé une politique d’assistance aux populations pauvres plus généreuse que presque partout ailleurs, et forgé un modèle thérapeutique de traitement de la délinquance. Par la suite, les manipulations du problème de l’insécurité ont délégitimé les élites progressistes ; le vote de la proposition 13 a limité et encadré plus strictement les dépenses de l’État. Malgré les signaux d’alarme lancés par les criminologues, la règle « three strikes and you’re out » a aussi été adoptée. Comment expliquer que les Californiens aient approuvé si rapidement et si facilement la rhétorique punitive des gouverneurs Deukmejian et Davis ? Faut-il y voir le résultat d’un événement unique, ici le meurtre de Polly Klaas, là l’affaire Willy Horton ? Qu’est devenu le progressisme ?

Jonathan Simon : la Californie est un extraordinaire reflet de toutes les caractéristiques du « gouvernement par la peur » à l’américaine. Cet État est si vaste que, du point de vue des différences que nous évoquions à l’instant entre les approches fédérale d’une part, locale et étatique de l’autre, il doit être considéré comme un pays à part entière. Ce que Vanessa Barker décrit comme l’ordre politique « populiste » de la Californie, et qui laisse une large place à la volonté populaire, a exacerbé le phénomène : ses institutions – notamment les initiatives citoyennes – permettent de mettre en place une législation extrémiste sans la médiation d’un processus législatif suffisamment long. Des gouverneurs, républicains comme démocrates, ont exploité ces caractéristiques locales pour que le « gouvernement par la peur » soit aussi fructueux que possible pour leurs ambitions politiques nationales.

Les conséquences pour nos modes de gouvernement, et donc nos modes de vie, en sont immenses. Quand je suis venu y faire mes études en 1977, la Californie consacrait presque 20% de ses ressources à l’enseignement supérieur (y compris le système des Universités de Californie, connu mondialement), et environ 3% au système pénitentiaire (qui recherchait autant que possible l’intervention des universitaires). Aujourd’hui, le réseau des prisons est un mammouth qui consomme bien plus de ressources que l’enseignement supérieur et qui domine de loin les dépenses publiques (plus précisément la part du budget dont l’État dispose librement). Malgré ces dépenses, les prisons californiennes, bâties pour n’être rien de plus que des hangars humains, sont devenues des lieux insalubres et surpeuplés dans lesquels des prisonniers meurent chaque semaine de maladies habituellement sans gravité, mais qui ne sont pas traitées.

La crise qui en résulte ouvre une fenêtre d’opportunité pour attaquer l’orthodoxie qui prévaut dans le domaine criminel depuis quarante ans. Deux juges fédéraux se sont alliés pour mettre le système pénitentiaire californien sous le contrôle de l’appareil judiciaire, car ne pas fournir de soins médicaux ou dentaires corrects à la population carcérale est une violation de la Constitution (ironiquement, les prisonniers sont le seul groupe aux États-Unis à disposer d’un droit constitutionnel aux soins de santé). Le temps est compté, et on peut espérer voir un débat renouvelé sur les résultats de cette stratégie, vieille de plusieurs décennies, d’emprisonner autant de Californiens que possible.

Sophie Body-Gendrot : Un débat oppose les criminologues F. Zimring et J. Whitman d’un côté, D. Garland de l’autre. Zimring avance l’idée que les Américains croient très profondément à une justice sociale violente, et il l’explique par l’histoire des États du Sud et leur tradition du lynchage, par la tradition d’autodéfense. Whitman souligne lui aussi que, en comparaison avec d’autres pays, le système punitif américain est particulièrement sévère, et montre que ce système remonte au XVIIIe siècle et qu’il n’a pas évolué depuis. « La punition humiliante et dégradante, dit-il, n’est pas considérée aux États-Unis comme une pratique qui crée de l’inégalité. » D. Garland s’oppose à cette vision des choses ; l’image d’une Amérique rigoureuse par essence ne tient pas la route face aux changements culturels qui sont intervenus depuis. En d’autres termes, il souligne l’importance du contexte et de l’historie. Où vous situez-vous dans ce débat ?

Jonathan Simon : J’ai été très heureux de publier ce débat dans la revue Punishment & Society, que je co-édite avec Malcolm Feeley, et je m’en sers dans mes cours parce que je pense que les deux protagonistes ont de très justes intuitions quant à la nécessité de situer la particularité américaine. On ne peut certainement ignorer ni l’impact de la tradition d’autodéfense, y compris en Californie à l’époque de la « Ruée vers l’or » (des années 1850 aux années 1870), ni l’interprétation sévère de l’égalité, forgée dans une société de frontière où la sécurité a longtemps été assuré par la séparation. D’un autre côté, les institutions comptent énormément. Si la peine de mort a survécu aux États-Unis, ce n’est pas tant à cause de cette particularité culturelle qu’à cause de nos institutions, largement ouvertes aux passion populistes que les élites ont plus de mal à éliminer qu’ailleurs. Les très forts taux d’exécution dans le Sud reflètent à la fois la soif de vengeance porté par les jurys populaires et les choix politiques qui facilitent des exécutions rapides (comme au Texas et en Floride).

Sophie Body-Gendrot : Votre livre présente une société américaine cimentée par le « gouvernement par la peur ». Le crime est un thème unificateur, et tous les groupes sociaux reconnaissent leurs peurs propres dans le discours sur les menaces qui planent sur les personnes et les biens. En même temps, le choix de l’entre soi, de s’enfermer soi-même et de laisser les autres dehors, produit la croissante fragmentation de la société américaine. Les formes de protection sont autant de ségrégations, et font que chaque sphère produit ses propres normes, ses codes, ses règles, ses symboles, ses histoires, comme c’est le cas pour les résidences fermées, les gangs, ou les entreprises. Si l’on suit cette opinion, ce n’est plus le crime qui sépare les insiders des outsiders. Fermer hermétiquement les frontières, aggraver les peines de prison ne fonctionne pas. Les meurtres se multiplient dans des zones interdites ? Tant pis. Ce qu’il faut réprimer, c’est le passage des frontières, l’intrusion dans une sphère à laquelle on n’appartient pas. Partagez-vous ces vues ?

Jonathan Simon : Il semble qu’il y ait deux moments distincts, politiquement et moralement, dans la « guerre contre le crime ». Il y a des moments de solidarité : c’est le sentiment que les habitants de New York, et la plupart des Américains, ont ressenti tout de suite après les attaques contre le World Trade Center. Et il y a des moments de séparation, quand la mise en œuvre de la séparation physique entre « nous » et « eux » – les dangereux, les déviants, déterminés à nous faire du mal – devient la seule solution. La prison exprime les deux. Comme moment de solidarité, elle reflète l’exigence populaire et consensuelle, quoique impossible à atteindre, d’une sécurité pour tous. Les contradictions de cette stratégie apparaissent désormais dans les cycles d’emprisonnement et de retour de dizaines de milliers de personnes précédemment incarcérées vers des lieux rendus moins sûrs par la destruction des réseaux sociaux stables. En tant que moment de séparation, la prison est malheureusement au cœur de la série toujours plus longue de projets d’incarcération (récemment encore contre les délinquants sexuels, les immigrants ou les suspects de terrorisme). La résidence fermée, le 4x4 blindé, la possession d’armes, la police privée ou les maisons de redressement privées, et luxueuses, pour les enfants de riches qui ont des problèmes de drogue : tout cela entre dans un projet de séparation.

Mais rien de tout cela n’offre un futur attrayant. L’un et l’autre mouvements empêchent les États-Unis de répondre aux nouveaux risques du XXIe siècle, notamment ceux nés du changement climatique, de nouveaux vecteurs de maladies mondiales, des échecs d’infrastructures humaines, de l’insécurité financière, et de l’interaction de ces facteurs. Ces caractéristiques de ce qu’on appelle en Europe la « société du risque » ne sont pas encore comprises par les Américains, dont l’imagination politique reste prisonnière de l’identification entre étranger et danger. Mais de vraies solutions à ces nouveaux risques ne peuvent venir ni de la prison, ni de la résidence fermée.

Traduit de l’anglais par Nicolas Delalande et Hélène Fernandez.

Aller plus loin

- À propos de Governing through Crime de Jonathan Simon, par Sophie Body-Gendrot [27-12-2007]

Pour citer cet article :

Sophie Body-Gendrot, « La politique et la « guerre contre le crime ». Interview de Jonathan Simon », La Vie des idées , 27 décembre 2007. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-politique-et-la-guerre-contre.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

par Sophie Body-Gendrot , le 27 décembre 2007

Notes

[1Le terme « libéral » doit s’entendre ici dans son acception américain (liberal) et renvoie au Parti démocrate [NdT].

[2Ira Katznelson, When Affirmative Action was White, New York, Norton, 2005.

[3Stuart Scheingold, The Politics of Law and Order, New York, Longman, 1984.

[4Sophie Body-Gendrot, « France : the politicization of youth justice », in J. Muncie, B. Goldson (dir.), Comparative Youth Justice, Londres, Sage, 2006.

[5Malcom M. Feeley, Jonathan Simon, « The new penology : notes on the emerging strategy of corrections and its implication », Criminology, 1992, 30, 449-74.

[6David Garland, The Culture of Control, Chicago University Press, 2001.



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