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Dossier

L’euthanasie en débat

par Ivan Jablonka [07-04-2009]

Domaine : Société

Dossier(s) : L’euthanasie en débat

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Alors que la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie est remise en cause, La Vie des Idées a souhaité contribuer à clarifier un débat à la fois éthique, médical et philosophique qui engage la liberté et la dignité humaines. Au-delà de la souffrance des patients et des proches, c’est à la société tout entière d’engager le « travail du trépas », selon l’expression du psychanalyste Michel de M’Uzan.

Crédit photo (cc) : boliston

Au sommaire :
  • La mort, le patient et le chercheur
    par Marie Gaille [07-04-2009]
    La demande de laisser mourir ou d’assistance en vue de mourir n’apparaît pas toujours comme un objet de réflexion légitime : elle suscite un malaise à la fois moral, politique et juridique. Pourtant, elle révèle un immense champ d’investigation et de réflexion – qui reste encore à défricher.
  • Force de la vulnérabilité
    par Marie Gaille [07-04-2009]
    La réflexion bioéthique est aujourd’hui foisonnante. Corine Pelluchon entend la recentrer sur la question politique, en exhibant ce qui fonde la subjectivité : la vulnérabilité, ou l’autonomie brisée. Doit-on cependant dévaloriser l’affirmation d’une autonomie pleine et entière du sujet moral ?
  • La prise en charge des malades en fin de vie
    par Ruth Horn [14-04-2009]
    Une comparaison entre l’Allemagne et la France
    En Allemagne et en France, l’euthanasie est interdite. L’étude du contexte historique, politique, légal et médical des deux pays permet de mettre en relief les différentes façons d’aborder les problèmes liés aux demandes de mourir. La place que prend en Allemagne le respect de la volonté de l’individu souligne une différence fondamentale avec le droit français, dans lequel la volonté de tous, représentée par l’État, prévaut sur la volonté du patient.
  • Peut-on distinguer euthanasie active et euthanasie passive ?
    par Marta Spranzi
    L’euthanasie active, interdite en France, consiste à donner intentionnellement la mort à un patient qui souffre dans un état désespéré. Pourtant, la loi autorise déjà les médecins à laisser mourir. En fait, il existe une continuité entre les différents gestes de fin de vie : on peut « tuer » de bien d’autres manières que par injection létale.

En Europe, 40 à 50 % des décès résultent d’une décision médicale. L’accélération de la fin de vie peut revêtir diverses formes : interruption du traitement, arrêt de la nutrition et de l’hydratation, administration massive de sédatifs et, pratique assimilée en France à un homicide et donc interdite, injection de produits létaux. Ce qu’on appelle l’euthanasie (la « bonne mort », en grec) et qui concerne, dans la conscience collective, les patients incurables désireux d’être assistés dans un suicide, cache en fait une pluralité de gestes, de décisions, de réflexions irréductibles à ces cas particuliers. À l’opposé, les soins palliatifs visent à accompagner sereinement un patient jusqu’à ses derniers instants.

Le fait d’autoriser des médecins à donner la mort, fût-ce dans l’intention de soulager des souffrances insupportables, suscite la réticence, voire le scandale. Plus largement, le débat sur l’euthanasie embrasse la manière dont, aujourd’hui, on finit et veut finir sa vie. Si on doit l’une des premières réflexions au philosophe Francis Bacon, au début du XVIIe siècle, les récents progrès de la médecine ont rendu ce questionnement plus aigu, la prolongation de la vie n’assurant pas nécessairement les conditions d’une existence autonome. Doit-on reconnaître aux hommes un droit de mourir, dans un sursaut d’ultime liberté, ou doit-on se borner – la tâche est déjà énorme – à soigner, aider, accompagner, entourer les personnes les plus vulnérables, celles qui bientôt ne seront plus ?

Alors que la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie est remise en cause, La Vie des Idées a souhaité contribuer à clarifier un débat à la fois éthique, médical et philosophique qui engage la liberté et la dignité humaines. Au-delà de la souffrance des patients et des proches, c’est à la société tout entière d’engager le « travail du trépas », selon l’expression du psychanalyste Michel de M’Uzan.

- Au sommaire :

  • La mort, le patient et le chercheur
    par Marie Gaille [07-04-2009]
    La demande de laisser mourir ou d’assistance en vue de mourir n’apparaît pas toujours comme un objet de réflexion légitime : elle suscite un malaise à la fois moral, politique et juridique. Pourtant, elle révèle un immense champ d’investigation et de réflexion – qui reste encore à défricher.
  • Force de la vulnérabilité
    par Marie Gaille [07-04-2009]
    La réflexion bioéthique est aujourd’hui foisonnante. Corine Pelluchon entend la recentrer sur la question politique, en exhibant ce qui fonde la subjectivité : la vulnérabilité, ou l’autonomie brisée. Doit-on cependant dévaloriser l’affirmation d’une autonomie pleine et entière du sujet moral ?
  • La prise en charge des malades en fin de vie
    par Ruth Horn [14-04-2009]
    Une comparaison entre l’Allemagne et la France
    En Allemagne et en France, l’euthanasie est interdite. L’étude du contexte historique, politique, légal et médical des deux pays permet de mettre en relief les différentes façons d’aborder les problèmes liés aux demandes de mourir. La place que prend en Allemagne le respect de la volonté de l’individu souligne une différence fondamentale avec le droit français, dans lequel la volonté de tous, représentée par l’État, prévaut sur la volonté du patient.
  • Peut-on distinguer euthanasie active et euthanasie passive ?
    par Marta Spranzi
    L’euthanasie active, interdite en France, consiste à donner intentionnellement la mort à un patient qui souffre dans un état désespéré. Pourtant, la loi autorise déjà les médecins à laisser mourir. En fait, il existe une continuité entre les différents gestes de fin de vie : on peut « tuer » de bien d’autres manières que par injection létale.

- Et prochainement dans ce dossier :

  • La fin de vie à l’hôpital : une approche éthique de la fragilité, par Emmanuel Hirsch.

par Ivan Jablonka [07-04-2009]

Aller plus loin


- Le suicide médicalement assisté : aux frontières de l’euthanasie
Conférence de Frédérique Dreifuss-Netter, professeur à la faculté de droit de l’université Paris-Descartes (12/02/2008)

- Qu’est-ce que mourir ?
Séminaire placé sous la direction de Jean-Claude Ameisen, Danièle Hervieu-Léger et Emmanuel Hirsch.

- Comité consultatif national d’éthique

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