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Héritier d’Aristote, Montesquieu et Tocqueville, Pierre Manent retrace la façon dont les formes politiques se modifient et se transforment pour donner naissance à de nouvelles formes.

Recensé : Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité. Essai sur la dynamique de l’Occident. Paris, Flammarion, 2010, 424 p., 23 €.

Traversée ou déambulation ?

L’ouvrage de Pierre Manent s’ouvre sur une perplexité, qu’il invite le lecteur à partager. Certes, nous savons que nous n’avons plus d’autre horizon que la modernité, mais savons-nous réellement ce que signifie être « modernes » ? Savons-nous même ce que nous voulons lorsque nous « voulons être modernes » ? Écartant d’emblée la pertinence des perspectives sur une hypothétique « post-modernité » qui supposerait que nous en ayons déjà fini avec la modernité (avec sa réalité non moins qu’avec sa compréhension), il écarte l’idée que nous ayons pu dépasser un état qui n’est pas même accompli ; et il renoue avec un étonnement que recouvrent les mythes du progrès, du consensus politique, de la fin de l’histoire : savons-nous vraiment ce que nous sommes devenus, et savons-nous ce que nous devons faire de nous-mêmes ?

Séduisantes questions, simples si l’on veut mais qui ne cessent néanmoins de devoir être posées. Reste alors à savoir si elles trouvent une réponse à la hauteur de ce que l’introduction promet. On se permettra cependant, avant de rendre compte des acquis de cet ouvrage foisonnant et passionnant, de faire quelques remarques sur la façon dont il demande à être lu. Le lecteur devra accepter les règles d’un jeu que l’auteur définit et assume clairement. Que l’ouvrage soit très savant, cela ne fait pas le moindre doute. Nulle légèreté péremptoire dans le propos, nulle simplification désinvolte (sinon très rare et marginale), au contraire : une culture vaste et des analyses d’une extrême méticulosité. Il n’en demeure pas moins que Pierre Manent ne se prête pas à toutes les règles du jeu de « l’ouvrage savant », au sens académique du terme. Le signe le plus frappant de cette décision est qu’à de rares exceptions près, il ne cite aucun de ses innombrables prédécesseurs dans l’étude des auteurs qu’il commente. La littérature secondaire est superbement ignorée. Mais il y a une autre raison d’y voir un ouvrage prenant à contre-pied les exigences académiques : il n’est pas sûr que Pierre Manent nous livre ici un ouvrage à proprement parler. La note qui clôt l’introduction indique qu’il s’agit d’un cours donné à l’EHESS, dont le « manuscrit » a été « mis au point » par Jean-Pierre Delange et Bénédicte Delorme-Montini. Pierre Manent n’a donc pas à proprement parler écrit un nouveau livre : il a écrit un cours qu’il a prononcé oralement, et c’est ce cours pris en note qui est ici publié.

Le lecteur ne doit donc pas se méprendre sur ce qu’il s’apprête à lire (en gros, quelque chose de sensiblement différent du « livre universitaire » respectant l’ensemble des conventions du genre). Ces remarques valent-elle critiques ? On regrettera certes en quelques occasions – et cela relève d’une obligation de reconnaissance de dette de la part d’un auteur qui a beaucoup lu et beaucoup assimilé, plutôt que d’une exigence de rigueur scientifique – que soient passées sous silence des influences manifestes (outre Leo Strauss, que P. Manent ne cite que lorsqu’il discute telle ou telle de ses thèses, on pourrait mentionner parmi bien d’autres Claude Lefort, Nicole Loraux, Hannah Arendt, René Girard, Pierre Mesnard, Victor Goldschmidt – et même, sur certains points mineurs, Norbert Elias, à qui l’auteur emprunte d’ailleurs le sous-titre de son ouvrage sans s’en expliquer). Mais le péché est véniel : on peut être savant sans accabler le lecteur de références à la littérature secondaire, qui seront de toute façon toujours jugées incomplètes et qui trop souvent lestent d’une illusoire scientificité des ouvrages dont le contenu n’en est pas pour autant plus consistant. Pour ce qui concerne la valeur que l’on doit accorder à un ouvrage élaboré à partir de prises de notes, il ne faut pas oublier que ce genre s’inscrit dans une grande tradition, qui va d’Aristote à Lacan en passant par Hegel ou Saussure ; il n’y a donc guère de raison de faire grief à l’auteur de s’y être à son tour essayé. Mais il faut alors accepter l’envers de la médaille : on a souvent le sentiment d’écouter une brillante conversation, qui suivrait d’une façon assez lâche un fil directeur dont on finit par se demander s’il n’est pas plutôt un prétexte qu’une problématisation méthodique aboutissant à de clairs résultats. On sera déçu si on cherche dans ce livre des thèses et surtout des réponses fortes, nettement identifiables, solidement amenées et énoncées.

Une analogie vient ici à l’esprit, inspirée d’un des plus beaux chapitres du livre, consacré à l’Iliade : c’est à une sorte d’Odyssée que nous convie l’auteur, et la comparaison avec le personnage d’Ulysse peut aller assez loin. Subtil, intellectuellement agile, réfléchi et débrouillard comme le voyageur mythique, l’auteur sait d’où il part (l’invention de la politique avant la cité, avec la guerre telle que la mènent les Achéens) et où il veut arriver (la démocratie moderne). Mais entre Troie et le but du voyage, le cheminement obéit aux caprices des vents intempestifs qui agitent l’histoire et qui contraignent le voyageur à maints détours, l’éloignant du but plus souvent qu’ils ne l’en rapprochent, conduisant ainsi à séjourner en des terres plus ou moins familières. N’est-ce pas en définitive l’objet véritable de l’ouvrage : sous prétexte d’une traversée vers le plus familier, nous donner l’occasion d’une patiente exploration de mondes mal connus ?

De l’invention de la politique dans la guerre à l’institution de la polis

Le sous-titre (« Essai sur la dynamique de l’Occident ») est donc trompeur : nous découvrons une évolution qui n’a pas grand chose à voir avec une « dynamique », puisqu’elle prend plutôt l’apparence d’un parcours complexe, lent, méandreux, dont on se demande à bon droit s’il mène vraiment quelque part (au point que l’on pourrait même, se faisant lecteur straussien, déceler ce qui se dit à bas bruit dans le texte, et soupçonner l’auteur d’avoir voulu montrer que si une « dynamique » emporte le monde occidental moderne, elle prend la forme d’une course nous précipitant vers une impasse). En revanche, le titre rend fort bien compte de la teneur de l’ouvrage : « Les métamorphoses de la cité ». Le concept-clé dont le lecteur a impérativement besoin, et qu’il possède s’il connaît un tant soit peu les ouvrages précédents de Pierre Manent, est celui de « forme politique » (« forme » : en grec, « morphê »). Pierre Manent observe et décortique des formes politiques, examine leurs spécificités, leurs logiques internes, la façon dont elles se modifient et se transforment pour donner naissance à de nouvelles formes. En cela, ses modèles en matière de théorie politique sont Aristote, Montesquieu et Tocqueville : non tant pour les valeurs qu’ils privilégient que pour leur méthodologie. Ces trois auteurs sont caractéristiques d’une tradition qui, refusant la réduction de la philosophie politique à la recherche d’un unique modèle, idéal car rationnellement fondé, observent avec intérêt la pluralité des possibles politiques et, sans se faire pour autant purement relativistes ou « sociologues », sans renoncer aux jugements de valeurs et à la hiérarchisation du réel, découvrent dans chacun de ces possibles un sens propre et une nécessité relative à des circonstances particulières. Il est essentiel que la société se mette en forme, et en cela il y a bien une différence axiologique entre l’informe et la forme la plus adéquate. Il n’en demeure pas moins qu’il faut renoncer à chercher le régime idéal, car chaque temps, chaque substrat socio-économique, chaque culture peuvent trouver à se mettre plus ou moins correctement en forme. D’où la réticence à communier béatement dans l’apologie de la démocratie telle que nous la vivons. Si cette forme politique est sans doute le destin de l’Occident, elle n’est certainement pas l’unique réponse à la question politique – sans compter qu’elle ne se présente jamais de façon pure et conserve en elle toutes les scories des formes qui la précèdent, et dont elle est l’ultime métamorphose.

On ne s’essayera pas à résumer de façon exhaustive cette ambitieuse étude des formes et des métamorphoses de la politique occidentale : entreprise impossible et inutile, car l’objet de ce compte rendu ne saurait évidemment être de dispenser le lecteur de lire le livre, qui vaut principalement par la richesse du détail, par la restitution minutieuse, fouillée, des modes de pensée qui déterminent les modes de gouvernement, s’appuyant sur les textes lus au plus près et cités souvent en langue originale – bref, ce qui précisément ne se résume pas. On peut cependant donner une idée de quelques moments particulièrement riches et originaux de cette recherche.

On l’a déjà dit, le 2e chapitre de la Ire partie, qui porte sur l’invention poétique de la politique se révélant dans la mise en scène homérique de l’héroïsme belliqueux, et qui montre l’esprit de la polis à l’œuvre avant l’avènement de la polis comme régime institué, est un développement particulièrement fascinant. Travaillant sur la façon dont se police – et donc se politise – la violence guerrière des Grecs archaïques, découvrant alors dans le récit mythique l’invention d’un mode d’action collectif et délibératif, Pierre Manent transpose en quelque façon, en les faisant remonter à des temps biens plus anciens, les hypothèses de Norbert Élias sur la société de cour développées dans son ouvrage La dynamique de l’Occident. Ce qu’Élias décryptait dans l’évolution des mœurs courtisanes au temps de l’absolutisme (un art de la maîtrise de soi, une modification de la guerre féodale armée devenant lutte pacifiée pour le pouvoir, médiatisée par les rituels et les discours, une civilité préparant de loin l’avènement d’un civisme se diffusant dans l’ensemble de l’ordre social), P. Manent les voit déjà à l’œuvre dans la façon dont les Achéens, se distinguant en cela des Troyens, se plient à un ordre et à des règles qui domestiquent les passion brutes de la vengeance, de la haine et du désir. Cette étude des prémices de l’« opération civique » qui engendrera la cité grecque est en outre l’occasion d’une fine comparaison entre deux façons de penser le rapport de notre condition mortelle à notre condition politique, selon que l’on se situe dans l’ordre de la pensée antique ou dans celui de la pensée moderne, particulièrement depuis Hobbes (si la modernité est finalement assez peu étudiée dans cet ouvrage qui annonce pourtant qu’il se la donnera pour objet, elle n’en est pas moins présente sous la forme d’incursions ponctuelles chez Machiavel, Montaigne, Hobbes, Vico, Montesquieu, Rousseau, incursions justifiées par des comparaisons, parfois audacieuses mais toujours très stimulantes, entre ces auteurs et des auteurs antiques).

Les développements sur la cité grecque, principalement appuyés sur une lecture détaillée de l’œuvre d’Aristote, préparent le lecteur à aborder ce qui fera l’un des morceaux les plus substantiels de l’ouvrage : la genèse de la forme monarchique qui succède au long règne de la forme républicaine sous ses espèces grecque puis romaine. La monarchie, qui s’imposera comme la forme politique par excellence dans le monde médiéval, naît de la plus républicaine des formes politiques antiques, la civitas romaine : celle-ci nourrit paradoxalement les conditions d’avènement de l’Empire, forme sui generis de la monarchie. Parmi les clés interprétatives de cette étonnante métamorphose, Pierre Manent en privilégie une qui n’étonnera que ceux qui ne savent pas l’influence d’Aron, et donc de Marx, sur la formation de sa pensée. La politique, depuis ses formes les plus archaïques, est ce à travers quoi se joue la possibilité d’une assomption de la division – celle qui oppose les dominants aux dominés, les puissants aux faibles, les riches aux pauvres – et d’une résolution plus ou moins pacifique, au moins d’une stabilisation, de l’opposition irréductible et éternelle entre les classes et les intérêts, en un effort consistant à tenter malgré tout de « produire du commun » (p. 22). C’est la leçon des lectures parallèles des Anciens et de Machiavel, c’est aussi ce qui explique, en partie du moins, la métamorphose du citoyen (de la république) en sujet (de l’Empire).

L’Empire et l’Église, ou la cité sans la politique

Parvenue à un degré jusqu’alors inconnu de mélange entre l’énergie civique et le désir de puissance, entre l’intérêt pour la chose publique et la domination impérialiste, portant à son point d’incandescence les logiques antagonistes des rivalités internes et externes et la nécessité de conserver son unité, Rome n’a plus d’autre horizon possible que cette forme de monarchie qu’est l’Empire, dont César est l’inventeur – Pierre Manent s’employant à souligner, contre Leo Strauss, la différence entre cette forme nouvelle de monarchie et les formes classiques du despotisme et de la tyrannie. L’étude de cette invention est l’occasion d’une lecture à la fois circonstanciée, dense, néanmoins limpide et captivante de l’œuvre politique de Cicéron. Cet auteur si classique et si peu lu, qui mêla dans la même personne l’orateur opportuniste et le consul dévoué, jette un regard lucide sur une république mourante et révèle, par son éclectisme théorique et par les errances mêmes de son parcours politique, la nature d’une cité devenue trop ambitieuse et trop orgueilleuse pour qu’un Caton puisse encore y trouver sa place. Là encore, c’est dans le rapport à la mort que se dit une certaine vérité de la forme politique, puisque le suicide de Caton éveille chez Cicéron la plus significative des hésitations : le suicide de Caton, dit en substance Cicéron, est admirable en lui-même et critiquable en raison de son caractère déplacé. Dans la Rome pré-impériale, Caton reste un exemple, il ne peut plus être un modèle. Dès lors, l’Empire devient « le processus dynamique de la consociation, processus qui repousse sans cesse et finit par abolir les limites de la forme cité » (p. 174).

L’Empire servira de modèle aux monarchies jusqu’à la fin du Moyen Age, peut-être jusqu’à l’avènement des nations modernes. Mais ici, le propos, dont on attendrait qu’il conduise progressivement à l’élucidation de la question posée en préambule (l’élaboration, à partir de l’Empire, de la forme politique propre aux modernes), se porte sur l’autre aspect de la société médiévale, l’Église, dont l’autorité entre en concurrence avec celle de l’Empire. Le livre appareille alors pour la haute mer d’une réflexion sur les rapports entre le christianisme triomphant et les exigences propres de la vie politique. Saint Augustin devient le guide de ce voyage qui conduit, comme Ulysse y fut lui-même conduit, vers le royaume des morts – en termes chrétiens la Cité surnaturelle, dans le miroir de laquelle se dessine, sous une forme qui est exactement son envers, la cité terrestre. L’étude des rapports entre la Cité de Dieu et la cité terrestre est celle d’une séparation qui se décline dans tous les aspects de la condition humaine : l’homme se sépare de Dieu par le péché originel, l’homme se sépare de l’homme lorsque, par haine du bien et de l’amour, Caïn tue Abel – et la comparaison entre le sens de ce fratricide et celui du meurtre de Remus par Romulus donne la mesure de la différence entre la fondation de la cité terrestre et celle de la cité céleste. À ce moment de l’ouvrage, on a le sentiment d’avoir affaire à quelque chose comme un livre dans le livre : l’exégèse détaillée de certains des éléments les plus saillants de la théologie chrétienne, dont Pierre Manent précise dès le début de l’ouvrage qu’elle n’est pas et ne peut pas être une théologie politique, donne le sentiment d’une très longue digression, certes remarquable en elle-même, mais dont on se demande comment elle pourra renouer avec le fil du questionnement sur les avatars de la cité terrestre.

Ce développement débouche certes sur un enseignement qui n’est pas sans rapport avec la problématique générale de l’ouvrage, mais cet enseignement est bien moins une réponse que la mise au jour d’une énigme qui semble insoluble : si le Moyen Age a su se donner une « forme politique », celle-ci a été principalement marquée par une ambivalence structurelle, une concurrence des fondements et des finalités. C’est d’ailleurs sur cette impasse, malheureusement seulement esquissée, que s’achève l’ouvrage, presque abruptement. On reste sur sa faim lorsque, au terme de la lecture, on attend encore un éclairage consistant sur ce que Pierre Manent présente, dans son introduction, comme le mode d’être politique propre aux modernes : la nation. De la nation, au fond, il ne nous dit quasiment rien, du moins beaucoup moins qu’il ne nous promet : tout au plus quelques considérations assez rapides sur le lien entre la réforme protestante et l’avènement des particularismes nationaux. C’est bien court pour donner à comprendre la nature de la forme « nationale » de la politique et les problèmes que pose son avènement (par ailleurs, on se permettra de le noter au passage, il se confirme ici que ce n’est pas de Pierre Manent qu’il faut attendre la compréhension la plus informée et la plus impartiale de la théologie protestante : les raccourcis qu’il s’autorise à ce propos sont d’autant plus étonnants qu’ils contrastent avec l’ample culture, la curiosité intellectuelle et l’esprit de finesse qui se manifestent par ailleurs constamment dans l’ouvrage, comme dans toute l’œuvre de l’auteur).

La véritable conclusion de l’ouvrage ne réside donc pas dans cette frustrante ébauche concernant l’avènement de la forme nationale. Elle est bien plutôt à chercher dans des remarques, certes passablement elliptiques, mais qui témoignent d’une recherche en cours, et pleine de promesses, concernant la question de l’universel  : si le christianisme a fécondé la politique, c’est d’abord, dit Pierre Manent, en inventant l’idée d’une communauté universelle. Et si notre condition moderne est incertaine, indécise, c’est d’abord parce qu’elle est déchirée entre la prégnance de la mise en forme politique de la société, forme que nous héritons de la cité, laquelle est consubstantiellement marquée par le particularisme, et le sentiment d’une appartenance qui transcende la particularité : cette communauté universelle que nous nommons « humanité », sans très bien savoir quel sens – moral, juridique, politique ou religieux – nous devons lui donner.

Pour citer cet article :

Blaise Bachofen, « L’Odyssée de la politique occidentale », La Vie des idées , 3 novembre 2010. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-Odyssee-de-la-politique.html

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par Blaise Bachofen , le 3 novembre 2010

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