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L’Atlantique noir, seize ans après

À propos de : C. Agudelo, C. Boidin, L. Sansone (coord.), Autour de « l’Atlantique noir » : une polyphonie de perspectives, IHEAL.


Seize ans après la parution de l’ouvrage de Paul Gilroy sur l’Atlantique noir, un groupe de chercheurs pluridisciplinaires et transnationaux rend un hommage critique à cette étude pionnière. L’ouvrage permet de réfléchir aux notions d’ethnicisation, de racialisation et de repli identitaire dans le monde contemporain.

Recensé : Carlos Agudelo, Capucine Boidin, Livio Sansone (coord.), Autour de « l’Atlantique noir » : une polyphonie de perspectives, Paris, IHEAL, 2009. 224p., 16 euros.

Collaborateurs : Carlos Agudelo, Rémy Bazenguissa-Ganga, Pascale Berloquin-Chassany, Capucine Boidin, Giulia Bonacci, Ulbe Bosma, Christine Chivallon, James Cohen, Elisabeth Cunin, Paul Gilroy, Vitttorio Morabito, Livio Sansone, Manuela Ribeiro Sanches, Omar Ribeiro Thomaz, Vron Ware.

Seize ans après la parution de The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness de Paul Gilroy [1], l’ouvrage dirigé par Capucine Boidin, Carlos Agudelo et Livio Sansone permet de mesurer toute la diversité, mais aussi toute l’ambiguïté de la réception des travaux de Paul Gilroy en Europe et dans les Amériques. Conçu en forme d’hommage, ce livre collectif se compose de quinze articles, signés par des historiens, des sociologues, des anthropologues et des politistes, d’une préface de Pap N’Diaye, ainsi que d’une réflexion de Paul Gilroy sur la « mélancolie post-coloniale [2] » à l’aube du XXIe siècle. L’optique choisie, résolument pluridisciplinaire et transnationale, rend compte de la diversité des lectures de l’Atlantique noir en Europe, sur le continent africain et en Amérique latine – ce rivage singulièrement absent de l’ouvrage fondateur de Paul Gilroy. À partir de cette « polyphonie de perspectives », le livre propose une réflexion « autour » d’un Atlantique noir déployé hors des frontières spatiales et temporelles établies par Gilroy en 1993.

Paul Gilroy

Élève de Stuart Hall, formé dans les arcanes du Centre for Contemporary Cultural Studies de l’Université de Birmingham au seuil des années 1980, Paul Gilroy est aujourd’hui l’un des principaux représentants des post-colonial studies britanniques.

Auteur de The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness (1993), Against Race (2000) et Post-Colonial Melancholia (2005), il a contribué à renouveler l’étude des diasporas africaines, des formes culturelles hybrides nées de l’esclavage et de la condition post-coloniale. Son dernier ouvrage, Darker than Blue. On the Moral Economies of Black Atlantic Culture (2010), propose d’analyser les circulations musicales au sein de l’Atlantique Noir – défini comme une formation interculturelle et transnationale – et les formes de consumérisme qui en découlent, à l’aune des travaux de W. E. B. Du Bois.

Paul Gilroy enseigne actuellement à la London School of Economics, où il est titulaire de la chaire Anthony Giddens de sociologie.

Le cadre chronologique, tout d’abord, est redéfini. En aval, les auteurs proposent de penser la généalogie de l’Atlantique noir sur la longue durée de la traite négrière atlantique, du XVe siècle à la fin du XIXe siècle. Ainsi, Vittotio Morabito mène une analyse fructueuse de la genèse des saints noirs latino-américains, comme saint Benoît de Palerme, né en Sicile dans le premier XVIe siècle et dont le culte gagna Madrid, Lisbonne, l’archipel des Canaries, puis toute l’Amérique ibérique sous le règne de Philippe III. En aval, l’Atlantique noir est élargi aux diasporas africaines contemporaines – réalisées hors traite – et aux débats opposant multiculturalisme et identité nationale dans les anciennes puissances coloniales. Les contributions de Paul Gilroy, Vron Ware et James Cohen, réunies dans la dernière partie du livre, posent la question des identités et du racisme en termes politiques, dans le contexte spécifique de l’après 11 septembre 2001, en France et en Angleterre, à partir de la notion de mélancolie post-coloniale, définie comme le sentiment né de la perte de l’Empire. Selon ces auteurs, la mélancolie se manifeste de plusieurs manières : par la colère, qui alimente les flambées de racisme secouant périodiquement les sociétés européennes, mais aussi par la culpabilité et par l’angoisse, qui conduisent à refouler le souvenir de l’Empire et à en masquer les crimes. À cet égard, le refus de la « repentance » exprimé à plusieurs reprises par le président français Nicolas Sarkozy coïncide très exactement avec les déclarations du premier ministre britannique Gordon Brown, selon lesquelles « la Grande-Bretagne n’aurait plus à s’excuser de son passé colonial ». Comme le note James Cohen, une certaine « actualité mélancolique » offre les conditions d’un riche dialogue franco-britannique sur ces questions, tout en rendant toujours plus difficile l’élaboration de sociétés multiculturelles dans l’Europe contemporaine.

Le cadre géographique, ensuite, est amplifié dans deux directions. D’une part, l’ouvrage propose de déplacer le regard vers le Sud, en référence aux travaux de Luiz Felipe de Alencastro, qui postulent l’existence d’un système sud-atlantique distinct de l’Atlantique nord sur les plans économiques, politiques et culturels [3], et aux ouvrages fondateurs de Pierre Chaunu et Frédéric Mauro sur l’Atlantique ibérique [4]. À cet égard, les auteurs rappellent que la partie de l’océan située au sud de l’Équateur était désignée par l’expression oceanus aethiopicus dans les cartes et les atlas européens produits entre le XVIe et le XIXe siècles. Cette dénomination figurait d’abord près de la côte occidentale du continent africain, en référence aux hommes noirs qui le peuplaient, avant de désigner tout l’Atlantique sud, en latin à partir du XVIIe siècle, puis en français, en anglais et en allemand aux XVIIIe et XIXe siècles. D’autre part, l’ouvrage intègre à la réflexion sur l’Atlantique noir des espaces qui n’appartiennent pas au monde atlantique stricto sensu, mais y sont reliés par des systèmes de circulations complexes d’hommes et de savoirs, d’objets et de pratiques culturels. Vittorio Morabito propose d’appliquer les concepts de Gilroy à l’histoire de la Méditerranée définie comme une « mer africaine, plutôt que comme une mare nostrum » et à l’analyse du devenir des esclaves noirs arrivés en Europe, de la Sicile à la péninsule ibérique, à la Russie et au Royaume-Uni à l’époque moderne. Dans son article consacré au « retour en Afrique » des Rastafariens de Jamaïque, Giulia Bonnaci montre comment l’Éthiopie, un pays d’Afrique de l’Est qui n’a jamais appartenu au système de la traite atlantique, ni comme pourvoyeur d’esclaves ni comme intermédiaire, participe pleinement à « la circulation des idées et des activistes » qui forment l’Atlantique noir contemporain. De même, Omar Ribeiro Tomaz soutient que l’Atlantique noir intègre aussi les rivages de l’océan Indien, dans son étude sur la lusophonie et la production des inégalités au Brésil, au Portugal et au Mozambique dans le contexte post-colonial.

Dès lors, quelles sont les limites et les caractéristiques de l’Atlantique noir ? L’extension spatiale et temporelle du cadre d’analyse de Gilroy peut-elle être menée sans en remettre en cause les fondements théoriques ? En d’autres termes, quelle est la valeur heuristique des concepts de « diaspora », « double conscience » et « hybridité » quand ils sont transposés hors du cadre de l’ancien empire britannique ? Tel semble bien le défi de l’ouvrage piloté par Capucine Boidin, Livio Sansone et Carlos Agudelo.

Si les réponses divergent d’un auteur à l’autre, tous insistent cependant sur la nécessité de re-sémantiser la notion d’Atlantique noir en fonction du contexte étudié. Selon Livio Sansone, la « ré-africanisation » de la ville brésilienne de Salvador de Bahia et l’invention d’une « culture afro-bahianaise » à partir des années 1930 doivent ainsi être interprétées en intégrant plusieurs échelles d’analyse, allant du local (Salvador) au global (l’Atlantique noir), en passant par le national (formulation, puis remise en cause de la « démocratie raciale » au Brésil), sans oublier la dimension impériale (le style colonial portugais et le réseau transnational qu’il a créé). La mise en œuvre de ce schéma interprétatif le conduit à affirmer que « le thème de l’Atlantique noir est intrinsèquement lié à d’autres facteurs et se mêle à d’autres systèmes de mémoire et de représentations collectifs puissants ». En effet, la négritude n’est pas forcément la même pour les jeunes de Bahia que dans d’autres régions de l’Atlantique noir, en dépit d’identiques références aux icônes d’une « culture noire mondialisée ».

De même, Elizabeth Cunin propose de mettre en perspective la notion d’Atlantique noir et le cadre d’analyse des « Amériques noires » développé à partir des travaux de Roger Bastide [5], le concept de mestiçagem ne peut jouer le même rôle subversif que celui d’hybridity dans le monde anglo-saxon.

Que faire, dès lors, de la grille d’analyse proposée par Gilroy ? Faut-il y renoncer où chercher à lui conférer un accent particulier en fonction des espaces coloniaux et des temporalités considérées ? Située au cœur de l’ouvrage, la question de la transposition des catégories scientifiques d’un cadre spatio-temporel n’est pas tranchée et laisse au lecteur une sensation d’inachevé. En fin de compte, que pensent les différents contributeurs du livre de Gilroy ? La réponse n’est pas aisée à établir, même après une lecture attentive, tant chaque auteur semble osciller entre reconnaissance des apports théoriques et distance critique vis-à-vis du sociologue britannique – exception faite de ce dernier et de Vron Ware. Présenté comme un hommage à Gilroy, cet ouvrage collectif se démarque très nettement des concepts proposés par cet auteur, établissant un véritable dialogue épistémologique avec lui. Si les différents contributeurs s’accordent à reconnaître un réel intérêt aux travaux de Gilroy, ils mettent en évidence également les contradictions et les limites de ce modèle théorique.

Comme le souligne Capucine Boidin dans son article conclusif « l’Atlantique noir entre nord et sud », on peut distinguer deux apports principaux de l’œuvre de Gilroy : d’une part, penser le souvenir de la violence esclavagiste comme le fondement culturel de la diaspora noire des Amériques ; d’autre part, interpréter les expressions culturelles noires non comme des vestiges ou de traditions antérieures, mais des « contre-cultures de la modernité ». Cette dernière idée est particulièrement mise en valeur dans l’article de Pascale Berloquin-Chassany sur les créateurs de mode noir, qui expriment une identité noire – généralement perçue comme traditionnelle – dans un milieu professionnel caractérisé par le désir de modernité et d’avant-garde. Pour réussir, ces designers jouent sur un « double je [6] », à la fois créateur (universel) et africain (défini par rapport à une appartenance spécifique), déclinant leur identité en fonction des interlocuteurs, ce qui leur permet d’accroître leur capital social et symbolique, tout en développant des « compétences métisses » [7].

Aux apports du modèle s’opposent toutefois les nombreuses critiques émises dans le corps de l’ouvrage. Parmi les sceptiques, Christine Chivallon identifie deux apories de l’Atlantique noir. La première, d’ordre épistémologique, tient à la difficulté de s’émanciper « de la logique manichéenne de la pensée binaire », pourtant condamnée par Gilroy. À ses yeux, les expressions « anti anti-essentialisme », « tradition non traditionnelle » ou « nationalisme non nationaliste » sont plus des artifices langagiers que des concepts opératoires permettant de dépasser le binary coding : « la norme en vigueur reste celle de l’anti-essentialisme avec l’assertion forte du caractère changeant des identités et le rejet de tout habitus communautaire ». Dès lors, le modèle achoppe sur une seconde aporie, d’ordre empirique cette fois : l’Atlantique noir décrit par Gilroy, caractérisé par son hybridité constante et son anti-essentialisme, ne laisse aucune place au nationalisme noir radical revendiqué, entre autres, par Marcus Garvey et le mouvement Rastafari. Cette constatation conduit Christine Chivallon à proposer une lecture alternative de la contre-culture de la modernité, qui se caractériserait moins par son hybridité intrinsèque que par la pluralité des récits qui la composent, rendant impossible, à l’image du I and I des rastafariens [8], l’émergence d’un méta-récit communautaire, partagée par l’ensemble des diasporas noires des Amériques.

Moins radicales en apparence, les critiques de Rémy Bazenguissa-Ganga sont tout aussi intéressantes. Son article, consacré à l’Afrique des banlieues mondialisées des métropoles occidentales, met à jour l’insuffisance du régime d’historicité proposé par Gilroy, dans la lignée des travaux de Reinhardt Koselleck et François Harog [9]. Articulé autour de « la tension entre un passé recomposé par l’expérience de l’esclavage et un futur axé sur le projet de libération », ce régime néglige le « présent de l’histoire, à travers lequel les modalités du passé et du futur se distinguent de manière concrète et spécifique » estime cet auteur. Or, la prise en compte du présent des hommes et des sociétés étudiées, même quand il se conjugue au passé pour le chercheur, est essentielle pour mettre au jour les facteurs politiques, économiques et culturels qui participent à la revitalisation en un temps donné de l’Atlantique noir. À cet égard, les articles de Carlos Agudelo sur l’instrumentalisation politique des identités raciales en Amérique latine et de Ulbe Bosma sur l’itinéraire du militant communiste surinamien Otto Huiswoud, devenu « courrier de l’Atlantique noir » dans le contexte de la décolonisation et de la guerre froide, sont particulièrement utiles pour penser conjointement histoire, mémoire et actualité de cette « formation culturelle transnationale ».

En dépit de son apparent éclatement, l’ouvrage Autour de l’Atlantique noir ne se réduit donc pas à une juxtaposition d’études de cas et présente de nombreux intérêts pour le chercheur en quête de modèles théoriques pour penser les phénomènes d’ethnicisation, de racialisation et de repli identitaire dans le monde contemporain. Surtout, il établit un dialogue fructueux entre les sciences sociales françaises, traditionnellement marquées par une certaine rigidité des frontières entre disciplines et aires culturelles, les post-colonial studies britanniques, longtemps jugées suspectes dans l’Hexagone, et les théories décoloniales avancées récemment par les chercheurs latino-américains [10]. On regrettera, toutefois, un absent de taille : les États-Unis à peine évoqués dans le corps de l’ouvrage, malgré une rapide mention dans l’introduction. Un an après l’élection de Barak Obama, le rôle des États-Unis dans le débat sur la question raciale est loin d’être négligeable, d’une rive à l’autre de l’Atlantique noir, et aurait sans doute mérité d’être analysé plus en détail.

Pour citer cet article :

Anaïs Fléchet, « L’Atlantique noir, seize ans après », La Vie des idées , 4 janvier 2010. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/L-Atlantique-noir-seize-ans-apres.html

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par Anaïs Fléchet , le 4 janvier 2010

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Notes

[1Paul Gilroy, The Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness, Cambridge, Harvard University Press, 1993. Traduit en français sous le titre L’Atlantique noir. Modernité et double conscience, Paris, Kargo, 2003. Nouvelle traduction par Charlotte Nordmann aux éditions Amsterdam, 2010.

[2Paul Gilroy, After Empire : Multiculture or Postcolonial Melancholia, Londres, Routledge, 2004.

[3Luiz Felipe Alencastro, O trato dos viventes : formação do Brasil no Atlântico Sul, São Paulo, Compania das Letras, 2000 ; et « Le versant brésilien de l’Atlantique sud : 1550-1850 », Annales, 61(2), 2006, p. 339-382.

[4Pierre Chaunu, Séville et l’Atlantique (1504-1650), Paris, Armand Colin, 1955-1960 ; Frédéric Mauro, Le Portugal et l’Atlantique au XVIIe siècle, Paris, SEVPEN, 1960.

[5Roger Bastide, Les Amériques noires. Les civilisations africaines dans le Nouveau Monde, Paris, Payot, 1967.. Elle pointe trois facteurs de divergences majeures entre l’Atlantique noir décrit par Gilroy, qui s’inscrit dans un contexte scientifique, politique et culturel strictement anglo-saxon, et l’Amérique latine : la forte présence indienne en Amérique latine ; la pluralité et la hiérarchisation de la diaspora noire, qui inclut un « Pacifique noir » (Colombie, Équateur, Pérou) et s’établit dans un rapport de subalternité aux États-Unis ; et, surtout, le rôle du métissage dans la formation des identités nationales latino-américaines. « Il est nécessaire de rappeler, écrit-elle, que les sociétés latino-américaines se pensent moins en noir et blanc, qu’en termes de continuum socio-racial. Sans doute la notion de métissage est-elle aujourd’hui largement critiquée et remise en cause, tant par des chercheurs que par les militants noirs. Mais il serait abusif de ne la considérer que comme un mythe de l’ordre du discours incantatoire et aliénant ».

Manuela Ribeiro Sanches revient sur cette idée dans son analyse de la réception de l’œuvre de Gilroy au Portugal : les concepts changent de sens et de signification politique quand ils voyagent. Au Portugal, où les travaux de Gilberto Freyre sur le luso-tropicalisme ont été utilisés par Salazar pour justifier sa politique coloniale[[Cf. Yves Léonard, « Salazarisme et lusotropicalisme. Histoire d’une appropriation », Lusotopie, 1997, p. 221-226. Disponible en ligne.

[6Qui rejoint, à peu de chose près, la notion de « double conscience » créée par Du Bois et reprise par Gilroy. Cf. W.E.B. Du Bois, Les âmes du peuple noir, Paris, La Découverte, 2007 [éd. originale, 1903].

[7Cf. Elizabeth Cunin, « La compétence métisse. Chicago sous les tropiques ou les vertus heuristiques du métissage », Sociétés Contemporaines, 42, 2001.

[8Selon lequel le « nous » est toujours conçu comme le résultat de la somme de deux individualités souveraines.

[9Reinhardt Roselleck, Le futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Ehess, 1990 ; François Hartog, Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Gallimard, 2003.

[10Walter Mignolo, « El pensamiento decolonial : desprendimiento y apertura. Un manifiesto », in Santiago Castro-Gomez y Ramon Grosfoguel (ed.), El giro decolonial, reflexiones para una diversidad epistémica mas alla del capitalismo global, Bogota, Siglo del Hombre Editores, 2007, pp. 25-47.



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