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Le travail de Viviana Zelizer a démontré, avec d’autres, l’existence de résistances à l’extension de la sphère marchande. Des conflits de valeur apparaissent, qui constituent un impensé de la science économique depuis plus d’un siècle. André Orléan tire les leçons de ces conflits pour la théorie économique et sociologique en prônant l’unité des valeurs.

Le travail mené par Viviana Zelizer dans La signification sociale de l’argent a permis d’en finir avec une idée auparavant reçue comme évidente par un grand nombre de chercheurs en sciences sociales, à savoir que le pouvoir de l’argent serait sans limites dans son aptitude à transformer les liens sociaux en des rapports d’intérêt dominés par le calcul. Pour Viviana Zelizer, cette analyse est erronée par le fait qu’elle néglige totalement la capacité de résistance propre aux rapports sociaux, capables de limiter « le processus de monétisation en instaurant des contrôles et des restrictions qui influent profondément sur le flux et la liquidité des monnaies ». Il s’ensuit une analyse qui met en scène des structures sociales et culturelles, réactives et créatives, sachant faire face aux empiétements de la logique monétaire aux fins de préserver leur authenticité.

Ce travail de sociologie économique ne peut manquer d’interroger l’économiste en tant qu’il montre que l’extension du régime de la valeur économique ne va nullement de soi. D’autant plus que Viviana Zelizer insiste avec force sur le caractère général et omniprésent de ces résistances sociales, nullement restreintes à des exceptions isolées : « des genres différents de relations et de valeurs sociales réorganisent les monnaies non seulement dans les recoins les plus sombres ou les secteurs les plus exotiques de l’économie, mais partout où le regard se porte. » Comment la théorie économique appréhende-t-elle ces limites à la marchandisation du monde qui sont, nous dit Viviana Zelizer, présentes « partout où le regard se porte » ?

Or, il nous faut reconnaître que la théorie économique n’a pas grand-chose à en dire. Si on trouve chez les classiques, Ricardo comme Marx, quelques réflexions bien connues sur ce qu’est une marchandise, autour du critère de reproductibilité, il nous faut constater que ces analyses disparaissent quasi totalement avec l’avènement de la pensée marginaliste dès lors que tout objet utile est considéré comme porteur d’une valeur économique. En effet, la révolution marginaliste est l’occasion d’une réorganisation en profondeur des concepts comme l’indique la substitution du terme « good » à la place du terme « commodity », qui était jusqu’alors préféré par les classiques, comme l’a montré Murray Milgate dans un article éclairant du New Palgrave [1].

Par exemple Kenneth Arrow, dans son article « Gifts and Exchanges » de 1972, article qui discute le livre que Richard Titmuss a consacré aux échanges dont le sang humain fait l’objet, considère sans aucun état d’âme, sans même s’y arrêter une seconde, que le sang entre naturellement dans le champ de la marchandise.

Concernant cette question, un seul aspect retient véritablement l’attention des penseurs marginalistes, à savoir le fait que le principe de l’utilité subjective fonde un espace d’évaluation totalement libéré de toute considération morale. Cette mise entre parenthèses de la question des valeurs pour ce qui est de l’économie a été fortement soulignée par Léon Walras :

« Je dis que les choses sont utiles dès qu’elles peuvent servir à un usage quelconque, dès qu’elles répondent à un besoin quelconque et en permettent la satisfaction… il n’y a pas à… tenir compte de la moralité ou de l’immoralité du besoin auquel répond la chose utile et qu’elle permet de satisfaire. Qu’une substance soit recherchée par un médecin pour guérir un malade, ou par un assassin pour empoisonner sa famille, c’est une question très importante à d’autres points de vue, mais tout à fait indifférente au nôtre. La substance est utile, dans les deux cas, et peut même l’être plus dans le second que dans le premier ».

Autrement dit, l’économie parce qu’elle a pour objet l’utilité serait libre de tout jugement de valeur.

Or, ce que nous dit l’analyse sociologique de Viviana Zelizer, comme celle de Richard Titmuss [2], de même que le sens commun, c’est que les questions morales ou éthiques sont au contraire tout à fait présentes et que, pour cette raison, l’extension de la sphère de la marchandise ne va nullement de soi. Cette dernière trouve face à elle des résistances sociales multiformes. Si les économistes ne s’en préoccupent pas, c’est uniquement parce que le monde social qu’ils modélisent est restreint, par choix délibéré, aux seuls échanges marchands. Dans ces conditions, la question des valeurs disparaît puisque, par postulat, seule la valeur économique est prise en compte. Mais, dans la réalité de nos sociétés capitalistes, il en va tout autrement. Plusieurs valeurs sont en compétition. Un exemple frappant se trouve dans le travail que l’anthropologue Pascale Absi a consacré aux mineurs du Potosi en Bolivie, mineurs qui sont conduits à traiter d’une manière spécifique l’argent issu de la mine en raison de son origine souterraine associée, dans leur esprit, au diable. D’où, comme de nombreux exemples chez Viviana Zelizer, les mineurs distinguent soigneusement l’argent de la mine de celui issu d’autres activités économiques : « Pour les travailleurs, les revenus de la mine restent l’argent du diable et ils ne leur appartiennent jamais tout à fait. Incomplètement débarrassé de l’emprise de son géniteur infernal, [l’argent de la mine] brûle les doigts des mineurs. »

En fait, tous ces travaux sociologiques conduisent à un même constat : nous sommes face à ce qu’il faut bien désigner comme étant des « conflits de valeurs », conflits qui limitent fortement l’extension de la sphère marchande.

Il se trouve corroboré également par le philosophe Michael Sandel dans son livre Ce que l’argent ne saurait acheter. En effet, sa thèse centrale est que la logique marchande rencontre face à elle deux objections centrales : l’objection d’équité et l’objection de corruption :

« Ces deux genres d’arguments imprègnent tous les débats afférents à ce que l’argent devrait et ne devrait pas acheter. L’objection d’équité revient à s’interroger sur l’inégalité que les choix marchands peuvent refléter ; quant à l’objection de la corruption, elle est centrée sur les attitudes et les normes que les relations marchandes sont susceptibles d’endommager ou de dissoudre ». (p. 181)

Or, nous dit Sandel, les questions morales et éthiques sont au cœur de ces objections :

« Chacun de ces objections repose sur un idéal moral différent. L’argument de l’équité se réclame […] de l’idéal du consentement donné dans un contexte équitable ; et l’un des principaux arguments des économistes qui préconisent que les biens soient alloués par les marchés, c’est justement que ceux-ci respecteraient la liberté de choix. Mais l’objection de l’équité souligne que de tels choix ne sont pas vraiment volontaires . » (p. 183)

Et il poursuit :

« L’argument de corruption met l’accent sur un autre ensemble d’idéaux moraux […] Même dans une société où [l’équité serait parfaitement respectée], il y aurait encore des choses que l’argent ne devrait pas acheter, car les marchés ne sont pas de simples mécanismes – ils véhiculent certaines valeurs, les valeurs marchandes évinçant parfois des normes non marchandes qui mériteraient d’être sauvegardées . »(p. 184)

En conséquence, l’hypothèse des « conflits de valeur » n’a rien d’original. Elle est même tout à fait triviale pour une sociologue ou un philosophe. Cependant, on ne saurait en sous-estimer les conséquences pour ce qui est de l’économiste en ce qu’elle l’oblige à reconnaître que, si la valeur économique est en conflit avec les autres valeurs, c’est parce qu’elle est elle-même une valeur comme les autres, et non pas l’expression de l’utilité des choses, comme le croient depuis 140 ans les économistes. Ce faisant, c’est toute la théorie marginaliste de la valeur qui se trouve remise en question. En effet, les exemples précédents qu’étudie la littérature sociologique et philosophique montrent clairement l’insuffisance du concept d’utilité subjective pour qui cherche à comprendre ce qu’est la valeur économique, car il nous faut bien constater que l’utilité est bien plus répandue que ne l’est la valeur économique. En conséquence, il ne suffit nullement qu’il y ait utilité pour qu’il y ait marchandises. L’appartenance à l’espace des marchandises n’est en rien le corollaire direct de l’utilité.

Pensons aux organes humains, à la nature ou encore aux nombreux services que nous rendent nos amis, nos collègues ou les membres de notre famille : tout cela nous est fort utile sans pour autant nécessairement posséder une valeur économique. Il faut bien admettre que le concept d’utilité subjective si prisée des économistes est d’une extrême pauvreté. Vouloir en faire le point de départ de l’analyse économique, en tant qu’elle serait la force primordiale qui donnerait vie aux échanges marchands, doit être rejeté. Considérons l’exemple de la terre qui a été beaucoup étudié. Son utilité va de soi ; elle est reconnue depuis la nuit des temps sans pour autant que s’en déduise nécessairement une quelconque valeur économique. Pour que la terre ait pu acquérir une telle valeur et entrer dans le circuit monétaire des achats et des ventes, il a fallu une série de transformations sociales de très grande ampleur et de très grande violence, ce qu’on nomme, dans le cas anglais, les enclosures, à savoir la destruction des relations de type communautaire qui, auparavant, régissaient son usage, et ceci au profit de la seule propriété privée.

Il est clair que le point de vue de l’utilité subjective ne permet en aucune mesure d’appréhender cette réalité historique car son enjeu n’est en rien l’utilité, qui ne fait pas de doute, mais bien l’intégration de la terre à l’espace marchand par le biais des prix. C’est ainsi qu’il convient de poser le problème de la marchandisation ! Il en va de la terre jadis, comme aujourd’hui des biens naturels et de la propriété intellectuelle, ce que d’aucuns ont nommé les secondes enclosures. Ce qu’il s’agit de construire, dans un cas comme dans l’autre, est la formation d’un prix par quoi l’objet considéré se trouve intégré à la circulation des marchandises. Telle est la question posée. Par le biais du prix, l’objet fait allégeance à la souveraineté monétaire : il déclare qu’il renonce à toute discrimination préférentielle entre les acheteurs pour ne reconnaître que le pouvoir indifférencié et universel de la monnaie. Cette primauté de la monnaie va bien plus loin que le seul aspect fonctionnel ou informationnel des prix en ce sens que, dans l’approche que nous défendons, le désir de monnaie est la force agissante qui se trouve à l’origine des actions marchandes. L’ordre marchand est de part en part organisé dans le but de satisfaire ce désir qui en constitue le principe fondateur.

Dans cette conception qui pose le désir de monnaie comme étant au fondement de l’ordre marchand, la valeur s’analyse comme une déclinaison de la puissance monétaire : avoir de la valeur, c’est capter à son profit une partie de la puissance propre à la monnaie. Elle a pour expression pratique le prix, c’est-à-dire la quantité de monnaie que la marchandise permet de mobiliser. Autrement dit, au lieu de chercher à découvrir le secret de la valeur économique dans une substance spécifique, comme l’ont fait de très longue date les économistes, soit le travail pour les classiques, soit l’utilité pour les marginalistes, nous considérons que valeur et monnaie ne sont que les deux faces d’une même pièce. Cette conception est aux antipodes de la conception néoclassique qui identifie la valeur économique à l’utilité marginale, sans aucune référence à la monnaie. Rappelons que l’expression la plus achevée de la théorie néoclassique de la valeur, à savoir la théorie de l’équilibre général, traite d’une économie sans monnaie, d’une économie de troc. À l’opposé, je fais de la monnaie le cœur de la valeur économique ; son principe même, sous la forme d’un pouvoir d’achat universel organisant la circulation des marchandises. Or, les réflexions que développe Viviana Zelizer dans La signification sociale de l’argent viennent également conforter cette analyse. Examinons ce point.

Rappelons, dans un premier temps, que ce livre vise à montrer que les États-Unis, entre les années 1870 et 1930, ont su résister à la diffusion des valeurs marchandes, d’une manière bien plus déterminée et efficace que ce qu’auraient laissé prévoir les analyses sociologiques classiques, à la Simmel ou à la Weber. Or, comment Viviana Zelizer conçoit-elle cette résistance aux valeurs marchandes ? Quel en est le vecteur ? Il s’agit de pratiques, nous dit Viviana Zelizer, qui ont pour finalité de faire obstacle à l’émergence d’un espace homogène d’équivalences en s’attaquant à ce qui en constitue le fer de lance, à savoir l’uniformité de la monnaie. C’est ce que Viviana Zelizer nomme le marquage des monnaies qui, au travers de la création de devises diversifiées, créent des coutumes et des conventions, des manières d’agir et de sentir qui sont autant de barrières à l’indifférenciation de la valeur. Ce point nous semble tout à fait intéressant car il met en évidence avec force ce que nous avons nommé le primat de la monnaie dans l’élaboration des valeurs marchandes. En effet, ce à quoi le marquage des monnaies fait obstacle est la création d’un espace anonyme et indifférencié au sein duquel les échanges se trouvent régis par les seuls prix, indépendamment des personnes. A contrario, le marquage des monnaies est le vecteur par lequel se font connaître des liens personnels qui refusent d’abdiquer leur légitimité et de se soumettre à la seule autorité des prix.

Notons cependant qu’à côté des séditions monétaires qui cherchent à résister aux valeurs marchandes, il en est d’autres qui cherchent, non pas à sortir de l’ordre marchand, mais à lui donner une autre monnaie, plus en phase avec les intérêts séditieux. C’est le cas aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, du vaste mouvement en faveur de la monétisation de l’argent contre le monopole de l’or. L’enjeu est de promouvoir une monnaie « moins forte » et, par ce fait, plus favorable aux classes débitrices, tout particulièrement, les fermiers.

Pour clore, je voudrai montrer que cette conception alternative de la valeur économique que je propose, comme dérivant de la monnaie et de son pouvoir propre, trouve dans la pensée durkheimienne certains points d’appui notables qui permettent d’en éclairer la logique et les conséquences. Pour cette raison, cette théorie de la valeur peut être dite aussi bien d’inspiration sociologique qu’économique ; ce qui me convient parfaitement car, comme Durkheim, je crois à l’unité de la science sociale. Le fait économique est un fait social comme un autre.

Rappelons que Durkheim a toujours insisté sur l’unité des valeurs et, tout particulièrement, sur le fait qu’il n’y a pas de différence de nature entre la valeur économique et les autres valeurs – morales, religieuses, esthétiques ou autres. Sur ce point, il s’oppose explicitement à Kant quand il déclare : « Certes, il y a des types différents de valeurs, mais ce sont des espèces d’un même genre. » Cette thèse est également en totale contradiction avec ce que pensent les économistes à la suite de Walras, à savoir que l’économie serait indifférente aux jugements de valeurs.

Proposer cette démonstration suppose de commencer par rappeler que, pour Durkheim, l’origine de la puissance sociale est dans les sentiments éprouvés en commun. En effet, pour Durkheim, les sentiments éprouvés en commun sont dotés d’une intensité particulière qui est à l’origine de l’autorité qu’exercent les valeurs, par quoi elles s’imposent aux acteurs. Durkheim prend souvent comme illustration de ce phénomène d’auto-émergence les assemblées révolutionnaires qui peuvent, nous dit-il, « transformer une réunion de bourgeois inoffensifs en un monstre redoutable ». Il écrit par ailleurs :

« Quand les consciences individuelles, au lieu de rester séparées les unes des autres, entrent étroitement en rapports, agissent activement les unes sur les autres, il se dégage de leur synthèse une vie psychique d’un genre nouveau. Elle se distingue d’abord de celle que mène l’individu solitaire, par sa particulière intensité. Les sentiments qui naissent et se développent au sein des groupes ont une énergie à laquelle n’atteignent pas les sentiments purement individuels […] C’est, dans les moments d’effervescence […] que se sont, de tout temps, constitués les grands idéaux sur lesquels reposent les civilisations. »

Cette approche qui prend pour point de départ l’investissement affectif du groupe à l’unisson ou « affect commun » dans “certaines manières d’agir, de penser et de sentir” et, ce faisant, les dote d’une force et d’un rayonnement sui generis, me semble particulièrement bien adapter pour qui cherche à élucider l’origine de la puissance monétaire. C’est ce que j’ai tenté de faire dans L’empire de la valeur où je propose un modèle de genèse conceptuelle de la monnaie. Pour le dire très schématiquement, mon point de départ est la situation périlleuse dans laquelle se trouve l’individu marchand séparé de tous et recherchant avec anxiété par quoi il pourrait inciter autrui à volontairement lui céder les biens dont lui-même a un besoin impératif pour exister. Il s’ensuit la quête par chacun d’un objet susceptible d’être désiré par le plus grand nombre. C’est la polarisation de ces désirs spécifiques sur un objet particulier qui, en produisant, du fait même de la polarisation, un objet convoité par tous, ce qu’on nomme monnaie, permet la formation de l’ordre marchand.

Il suit de cette démonstration que la valeur économique est, comme toutes les autres valeurs, un fait social qui « se reconnaît au pouvoir de coercition externe qu’il exerce ou est susceptible d’exercer sur les individus ». Ce pouvoir se présente aux consciences individuelles sous la forme d’un idéal, à savoir l’idéal monétaire, qui, comme tous les autres idéaux, pousse les individus à agir, penser et sentir d’une certaine manière. « Ces idéaux, nous dit Durkheim, ne sont pas des abstraites, de froides représentations intellectuelles, dénuées de toute efficace. Ils sont essentiellement moteurs ; car derrière eux, il y a des forces réelle et agissantes : ce sont les forces collectives. » C’est comme désir de monnaie que cet idéal s’impose aux consciences individuelles. Il trouve face à lui d’autres valeurs qui viennent contester ses prétentions au travers de la promotion d’autres manières d’agir, de penser et de sentir.

Les analyses de Viviana Zelizer mettent en avant cette compétition entre valeurs. Par ailleurs, elles soulignent à quel point la question de l’indifférenciation monétaire est centrale. En effet, celle-ci s’impose comme un élément clef dans la formation de la valeur économique en tant qu’elle favorise l’équivalence la plus large et la plus mécanique. A contrario, tout ce qui introduit des fractionnements dans l’espace de circulation monétaire s’analyse comme autant de transgressions, c’est-à-dire comme autant d’atteintes directes à la puissance de la monnaie et, ce faisant, à la valeur marchande.

Pour citer cet article :

André Orléan, « De quoi la valeur économique est-elle faite ? », La Vie des idées , 27 janvier 2016. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/De-quoi-la-valeur-economique-est-elle-faite.html

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par André Orléan , le 27 janvier

Notes

[1« The appearance of the term goods in the formal literature of economics is inextricably linked with the rise of the neo-classical theory of exchange and demand … In a passage from the second edition of the Principles dating from 1891, Marshall remarked that lacking any short term in common use to represent all desirable things, that is ‘things that satisfy human wants’, he proposed ‘to use the term Goods for that purpose’. In the second edition Marshall appended a footnote to the effect that he intended to replace the singular commodity with the term good  » écrit Murray Milgate, p. 548 de The New Palgrave : A Dictionary of Economics en quatre volumes de 1987 à l’entrée “Goods and Commodities”.

[2Titmuss Richard, The Gift Relationship : From Human Blood to Social Policy, London and New York, Pantheon Books, 1971.


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