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Si nous pouvons aujourd’hui nous sentir encore liés à notre patrie, force est de constater que nous parvenons difficilement à nous sentir européens : l’enthousiasme des peuples pour une Europe avant tout économique est faible. Comment dès lors construire une identité européenne ? Le patriotisme constitutionnel, selon Jan-Werner Müller, est la seule réponse possible à cette question.

Jan-Werner Müller, Constitutional Patriotism, Princeton et Oxford, Princeton University Press, 2007, 177 p., 15 euros.

Les démocraties libérales peuvent-elles, doivent-elles faire l’objet d’un attachement et d’une loyauté spécifiques, au-delà de l’attachement à l’Etat-nation ? Les partisans du « patriotisme constitutionnel » ont répondu positivement à cette question : la construction européenne permet de dissocier l’ordre juridique de la communauté politique et l’ordre culturel, historique et géographique des identités nationales ; l’identité politique de l’Union pourrait se stabiliser grâce à l’attachement volontaire à des valeurs ou à principes éthico-juridiques universels (liberté, solidarité, pluralisme, tolérance) – nouvelle figure du cosmopolitisme rationnel, dont Kant aurait été le précurseur [1]. L’adhésion aux principes de l’Etat de droit, à la démocratie et aux libertés fondamentales (libertés d’expression, de conscience, d’association…) peut se substituer au nationalisme et sa conception particulariste de l’appartenance. Cependant, cette solution apparaît comme une contradiction dans les termes : peut-on réellement concilier la dimension particulariste du patriotisme et l’universalisme porté par l’attachement à des principes constitutionnels ? Le pari de J.-W. Müller, professeur de sciences politiques à l’Université de Princeton et spécialiste de l’œuvre de Carl Schmitt, est précisément de surmonter cette contradiction.

Le patriotisme conceptuel : origine historique et enjeux théoriques

Le premier moment de Constitutional Patriotism retrace la genèse de ce concept dans une Allemagne de l’Ouest ébranlée par la culpabilité à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. L’expression est alors introduite par Dolf Sternberger, ami de Jaspers, grand lecteur de Aristote et de Arendt, afin d’évoquer une forme d’amitié civique liée à une « rationalité passionnelle » : le patriotisme constitutionnel est une forme de raison civique qui conduit les citoyens à s’identifier à la démocratie et à vouloir la défendre contre ses ennemis [2] . Dans la mesure où il était alors impossible de s’identifier à un « peuple allemand » et d’éprouver un sentiment d’appartenance nationale, Sternberger propose de substituer à l’identification ethnique ou géographique un patriotisme de type nouveau, reposant sur un attachement aux droits garantis par la Loi fondamentale. Etre « ami de la constitution », c’est être prêt à défendre l’Etat de droit contre ceux qui le menacent (en l’occurrence, le nazisme ou le fascisme). Le concept connaît son second temps fort lorsque Habermas en propose une redéfinition à l’occasion de la querelle des historiens, dans l’Allemagne du milieu des années 1980 [3] . Une fois écarté le recours à la religion ou à la tradition comme source de légitimation, l’identité collective ne peut être que politique, et plus précisément démocratique – axée sur la défense des droits et des libertés. Seule la raison peut forger l’identité commune à partir de la communication et de la délibération intersubjectives. C’est ce processus de « rationalisation des identités collectives », supposant l’examen critique des croyances héritées, qui constitue le cœur de l’analyse habermassienne. Désormais, le sens de l’appartenance émerge de la participation politique active au sein de la sphère publique ; l’histoire et la culture passent au second plan. Habermas ajoute ainsi une forte dimension universaliste à la conception originelle du patriotisme constitutionnel. Les démocraties ont vu se développer une forme de loyauté à l’égard des droits et des procédures, un attachement à l’Etat de droit comme à l’Etat-Providence. Alors que l’amitié civique selon Sternberger se concentrait sur l’Etat, la solidarité civique conçue par Habermas apparaît comme l’effet d’un processus continuel de formation de l’entendement et de la volonté politiques – processus par lequel la société civile se comprend elle-même en interprétant son histoire et ses principes.

Cependant, peut-on réellement promouvoir des principes universels qui soient en même temps enracinés dans une culture politique particulière ? Et peut-on faire fonctionner les passions démocratiques au-delà de la nation ? Le concept de patriotisme constitutionnel se prête à une double critique : d’un côté, il paraît légitime d’en critiquer l’abstraction dès lors qu’il n’existe pas d’affect universaliste ; de l’autre, il semble opportun de dénoncer un faux universalisme qui masquerait les particularismes réels. Dans le second chapitre de son ouvrage, J.-W. Müller tente de sortir de cette aporie, en clarifiant le but poursuivi par les partisans du patriotisme constitutionnel : en un mot, il s’agit de conserver et de justifier les institutions démocratiques, de rendre possible la stabilité des institutions et l’exercice public de la raison. Une fois le patriotisme exclu, il convient de partir des individus qui se reconnaissent comme libres et égaux et se demandent selon quels principes ils veulent vivre ensemble – sans négliger les entités politiques concrètes où s’exerce ce vivre-ensemble. A cet égard, c’est le système constitutionnel lui-même qui doit être justifié : si l’on peut accepter des divergences sur certains articles et faire droit à une diversité d’interprétations, ce qui importe, c’est l’adhésion à l’idée de reconnaissance réciproque de personnes libres et égales, désireuses de trouver les termes d’une coopération équitable. L’enjeu politique du patriotisme constitutionnel apparaît ainsi dans le désir de stabilisation démocratique : en cas d’arbitrage défavorable à certaines minorités, le patriotisme constitutionnel garantit leur attachement au régime politique. En dernière instance, le patriotisme constitutionnel apparaît donc comme une passion morale destinée à engendrer le consentement des « perdants » du processus démocratique au sein d’une société mue par les désaccords et les conflits. L’attachement à une culture constitutionnelle se renforce dans le processus même de formation collective de l’intelligence et de la volonté : toujours inachevée, toujours en voie de formation, la culture politique cimente le lien social une fois exclue l’homogénéité culturelle et morale.

L’Europe comme champ d’application privilégié du patriotisme constitutionnel

A cet égard, l’Europe constitue le champ d’application privilégié du patriotisme constitutionnel. Dans son troisième moment, l’ouvrage de J.-W. Müller s’interroge sur la façon de remédier au constat partagé selon lequel la constitution européenne ne suscite pas l’enthousiasme des peuples. Comment former l’identité européenne, et cette identité suppose-t-elle de rompre avec l’attachement aux nations qui la composent ? La réponse de l’auteur est claire : il est impossible de s’en remettre à l’histoire pour forger une mémoire commune ; en revanche, conformément aux intuitions de J.-M. Ferry, le décentrement des consciences historiques nationales doit s’accompagner d’une volonté d’édifier une confrontation « civilisée » sur le sens des processus démocratiques eux-mêmes [4]. Dans cette voie, n’est-ce pas au militantisme de la société civile qu’il incombe de forger la solidarité à l’échelle de l’Europe – comme ce fut le cas, notamment, lors des mouvements de contestation anti-Haider ? La défense de la démocratie en Europe peut être le propre de la société civile, plutôt que des politiciens ou des juges, à condition de ne pas donner un poids excessif à des minorités militantes non représentatives. Dans ce contexte, la société civile peut jouer le rôle de « témoin », en exerçant sa vigilance à l’égard de tout phénomène anti-démocratique.

Cependant, les dangers de cette solution sont réels : sanctions inefficaces contre les pays qui auraient porté au pouvoir des personnalités xénophobes, effets pervers des mouvements sociaux. La thèse de l’ouvrage se fait jour ici : seule une culture constitutionnelle centrée sur des normes universalistes et démocratiques, reflétées à travers des expériences historiques singulières, peut en réalité suppléer à l’identité européenne défaillante. Si l’Europe est une association civile plutôt qu’un super-Etat Léviathan, il faut à la fois conserver la pluralité et dompter la souveraineté – établir une politique du compromis et de la confrontation civile. Mais la critique de la souveraineté et la célébration des différences ne doit pas faire oublier la nécessité ultime de l’obligation, et donc d’une allégeance préalable aux Etats : c’est seulement à cette condition que les peuples peuvent se reconnaître comme mutuellement libres et égaux, en s’accordant des droits et des libertés (sous la forme privilégiée d’une charte de droits fondamentaux) et en préservant simultanément leur droit à la différence et à l’exception culturelle. L’auteur définit de la sorte les contours d’un attachement au processus européen fondé sur la tentative de construire un consensus, sur le respect mutuel et la confrontation civilisée, tout en insistant sur le fait que cette loyauté n’empêche pas l’attachement aux traditions nationales. Il conclut à la nécessité de renoncer à l’identité européenne, au profit d’une volonté collective d’œuvrer aux processus démocratiques, ce qu’il nomme un « supranational democratic experimentalism » (p. 136). Renoncer à la formation d’une communauté morale ou culturelle homogène suppose d’envisager un processus d’attachement, mais aussi de révision et de critique, immanent à la délibération publique elle-même.

Deux objections majeures et symétriques doivent être écartées in fine : d’abord, le patriotisme constitutionnel, attaché à des principes abstraits, est-il dénué de dimension affective – contrairement au patriotisme qu’il refuse ? J.-W. Müller tente de déjouer la critique en insistant sur le fait que les principes universels sont enracinés dans une culture particulière ; ce sont en réalité les pratiques et les habitudes de vie partagées qui engendrent le sens de l’appartenance, et non une culture nationale réifiée. Ensuite et inversement, il n’est pas plus légitime d’accuser le patriotisme constitutionnel de verser dans l’autoritarisme, voire de promouvoir une nouvelle forme de religion civile – comme s’il s’agissait de recréer une idéologie qui conduirait les citoyens à révérer leurs institutions. Il est vrai que le patriotisme constitutionnel doit s’attacher à un Etat ; mais son ambition réelle est de partager l’espace politique dans des termes équitables. A ce titre, il ne s’agit nullement de créer une passion de la raison, susceptible de remédier à l’apathie politique, ou d’édifier de nouveaux mythes et de faire advenir de nouvelles idoles pour mieux contrer les mythes patriotiques et les idoles nationales. Selon J. W. Müller, l’Union européenne peut permettre de sortir de cette logique passionnelle et de concevoir autrement l’identité en trouvant une force d’attachement qui laisse place à la fois à la passion et à la critique rationnelle, et qui permette d’œuvrer en faveur de la meilleure interprétation des principes politiques. De ce point de vue, les Etats-nations restent indispensables, même s’ils ne fournissent pas le paradigme politique de l’Union ; il ne s’agit pas de substituer une forme d’allégeance à une autre mais de compléter l’attachement national par une autre forme de loyauté liée à l’édification d’une culture politique publique.

Le patriotisme constitutionnel : une fausse promesse ?

L’ouvrage de J. W. Müller, sérieux et documenté, tient sans doute ses promesses : il remet en perspective la notion de patriotisme constitutionnel, en éclairant sa genèse et en répondant aux objections, nombreuses, qui ont été formulées à son encontre. Cependant, malgré son souci de rigueur, l’auteur ne restitue pas tous les termes de la controverse au sein de laquelle la question du patriotisme constitutionnel s’inscrit [5]. Au-delà du cas singulier de la RFA, l’évolution de l’intégration européenne a en effet contribué, ces dernières années, à un renouveau du débat sur la notion d’identité politique et sur son articulation aux identités culturelles et nationales. Existe-t-il une civilisation européenne, ou du moins une « société civile » européenne susceptible de précéder la formation d’une société politique ? La communauté politique souhaitée est-elle une simple association de nations unies par des intérêts convergents (pour l’essentiel, la paix et la prospérité économique) ? Face à ces interrogations sur le sens et les fondements normatifs de l’Union Européenne, deux grandes réponses ont été élaborées [6] . Aux partisans du patriotisme constitutionnel ou de l’« identité postnationale [7] » s’oppose un courant qualifié de « national républicain » (dans le monde francophone) ou de « national civique » (dans le monde anglophone). Cette critique fait valoir que des principes universels sont inaptes à engendrer une identité politique déterminée ; l’identité européenne ne peut être conçue à l’aune d’une nouvelle figure du cosmopolitisme. L’adhésion intellectuelle aux principes abstraits de l’Etat de droit ne peut suffire à stabiliser les démocraties : celles-ci doivent s’alimenter aux ressources inscrites, dans les mœurs des hommes, par l’intériorisation d’une tradition nationale et d’une culture substantielle commune. Parce que l’homme est un être passionnel autant que rationnel, la démocratie pure proposée par les adeptes d’une citoyenneté postnationale se révèle extrêmement fragile [8] .

Face à la résurgence des nationalismes et à l’inquiétante prolifération des populismes européens qui trahissent la crainte d’une perte d’identité substantielle, la question se pose donc : le patriotisme constitutionnel peut-il mobiliser des relais suffisamment puissants pour ne pas se résoudre en un artefact théorique voué à demeurer à l’intérieur du monde académique ? Certes, il est impossible de reproduire à l’échelle européenne la construction d’une identité qui, au sein des Etats, a pris des siècles pour parvenir à maturité – en utilisant, outre le moyen d’intégration juridique, celui de l’unité linguistique. Il n’est pas davantage souhaitable de faire advenir une identité constituée par opposition (comme celle d’un « club chrétien » dont les valeurs spirituelles seraient opposées à la fois au matérialisme américain et au fondamentalisme islamique). Mais doit-on s’en tenir pour autant à une conception purement procédurale de la vie politique ? Plus profondément que J.-W. Müller, Habermas avait tenté de donner une réponse à cette question : tout en refusant d’identifier la volonté politique des citoyens à leur identité culturelle, ethnique ou éthique, il affirme que le processus de décision juridique se déroule dans des contextes qui requièrent des discussions consacrées à l’explicitation de ce que l’on entend par identité collective. Comme le souligne Habermas, les confrontations permettent aux citoyens de prendre conscience de la manière dont ils souhaitent se comprendre comme citoyens d’un Etat ou d’une république déterminée, comme héritiers d’une culture. Telle est la raison pour laquelle le patriotisme constitutionnel lui-même ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la culture : malgré le risque de conflits, il faut prendre au sérieux les questions d’« éthique politique » et ne pas exclure les convictions et les croyances de la sphère publique [9].

A cet égard, le patriotisme constitutionnel a beau être un attachement aux seuls principes constitutionnels, il doit être ancré dans les motivations et les croyances. La réflexion sur le patriotisme constitutionnel ne peut donc rester neutre dans le débat plus vaste entre libéraux et communautariens. Dans « L’Etat-nation a-t-il un avenir ? », Habermas rappelle que le modèle holiste de la communauté morale ne convient plus à la politique moderne ; mais il ne souscrit pas davantage au modèle libéral selon lequel les individus isolés ne sont liés à l’Etat que par le biais d’une relation d’appartenance purement instrumentale. Seule une culture politique publique qui crée l’habitude d’adopter le point de vue du nous (de réfléchir, en l’occurrence, à ce que serait un bien public européen) peut surmonter les lacunes du paradigme libéral, sans tomber dans la défense du patriotisme promue par les communautariens. L’attachement aux principes constitutionnels ne peut prendre corps que dans les pratiques sociales : « C’est un fait établi : la citoyenneté démocratique n’est pas nécessairement enracinée dans l’identité nationale d’un peuple : mais quelle que doit la diversité des formes de vie culturelles, elle requiert la socialisation de tous les citoyens dans le cadre d’une culture politique commune » [10] .

A ce titre, la question est de savoir si l’Europe verra ou non émerger un véritable espace public – condition pour que la citoyenneté soit autre chose que la jouissance passive de droits octroyés dans un espace administratif purement technocratique. Les Européens pourraient-ils se reconnaître dans un espace politique qui serait avant tout défini en termes de participation civique ? Les récents développements concernant la Constitution européenne ont montré que l’émergence d’une culture politique partagée à l’échelle de l’Union reste pour le moins incertaine. Mais cet échec peut aussi ouvrir la voie à la défense d’un patriotisme constitutionnel attaché à une Europe sociale, plutôt qu’à la seule adhésion aux droits de l’homme et aux libertés négatives.

Aller plus loin

- Certains articles de Jan-Wener Müller sont disponible sur sa page personnelle : http://www.princeton.edu/ jmueller/

- Un article de Jan-Werner Müller est également disponible sur le site de la République des Idées : http://www.repid.com/...

- Voir également sur la patriotisme constitutionnel l’excellent article de M. Rambour sur le site du Centre des Etudes européennes de Strasbourg, http://www.cees-europe.fr/fr/etudes/...

Pour citer cet article :

Céline Spector, « Comment se sentir européen ? », La Vie des idées , 29 novembre 2007. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Comment-se-sentir-europeen.html

Nota bene :

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par Céline Spector , le 29 novembre 2007

Notes

[1E. Tassin, Un monde commun, Paris, Seuil, 2003 ; J.-M. Ferry, Europe. La voie kantienne. Essai sur l’identité postnationale, Paris, Cerf, 2005.

[2D. Sternberger, Verfassungspatriotismus, Franckfort, Insel, 1990.

[3Il est impossible de rappeler ici l’ensemble des textes consacrés par Habermas à cette questions. Voir notamment, pour une mise au point plus tardive, J. Habermas, « Citoyenneté et identité nationale. Réflexions sur l’avenir de l’Europe », in L’Europe au soir du siècle. Identité et démocratie, J. Lenoble, N. Dewandre éd., Paris, Esprit, 1992, p. 17-38 ; Après l’Etat-nation. Une nouvelle constellation politique, Paris, Fayard, 2000.

[4Voir notamment, de J.-M. Ferry, La Question de l’Etat européen, Paris, Gallimard, 2000 ; Europe. La voie kantienne. Essai sur l’identité postnationale, op. cit.

[5Voir F.-G. Dufour, Patriotisme constitutionnel et nationalisme. Sur Jürgen Habermas, Montréal, Éditions Liber, 2001.

[6Voir J. Lacroix, « Pour un patriotisme constitutionnel européen », in La République ou l’Europe ?, sous la dir. de P. Savidan, Paris, Librairie Générale Française, 2004, p. 219-249 ; J. Lacroix, L’Europe en procès : Quel patriotisme au-delà des nationalismes ?, Paris, Cerf, 2004.

[7J.-M. Ferry, « Pertinence du post-national », in L’Europe au soir du siècle. Identité et démocratie, op. cit., p. 38-57.

[8Voir par exemple P. Savidan, « La République ou l’Europe », in La République ou l’Europe ?, op. cit., p. 17-88.

[9Habermas, « La lutte pour la reconnaissance dans l’Etat de droit démocratique », in L’Intégration républicaine. Essais de théorie politique, Paris, Fayard, 1998, p. 222.

[10Habermas, « L’Etat-nation a-t-il un avenir ? », in L’Intégration républicaine, op. cit., p. 77. Les travaux de J.-M. Ferry permettent de développer cette idée d’une confrontation « civilisée » au sein de l’espace public.



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