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Civilisations, vous êtes fragiles !

La biodiversité en débat


Pour quelles raisons les civilisations disparaissent-elles ? Comment mesurer l’impact du milieu naturel sur les formes de vie politiques ? Quels sont les risques sociaux d’une déforestation massive ? Dans son dernier ouvrage, le géographe américain Jared Diamond propose une réflexion sur la biodiversité qui mobilise à nouveaux frais les données de l’histoire globale.

Recensé :

Jared Diamond, Collapse. How Societies Choose to Fail or Survive ?, New York, Viking, 2005, 576 pages.

De nos jours, l’inquiétude de voir la planète périr par l’effet de ses propres erreurs augmente. Aux réflexions préventives des années 1970 sur la menace atomique succède toute une littérature qui répertorie et étudie avec minutie les nouveaux dangers environnementaux. Le barycentre se déplace. Le destin de la Terre est probablement encore lié à la fission de l’atome. Mais la transformation générale de la nature, qui modifie en profondeur l’organisation des sociétés contemporaines, affecte bien plus directement la vie quotidienne de chacun.

Publié au début de l’année 2005, le quatrième livre de Jared Diamond, qui obtint déjà en 1997 le Prix Pulitzer, figure toujours parmi les meilleures ventes du monde anglo-saxon [1]. Écrit dans une langue souple et claire, cet ouvrage par ailleurs épais et érudit suggère de réinsérer l’individu dans une histoire globale au long cours. Ceci afin de mieux déchiffrer la relation compliquée que les hommes entretiennent avec leur environnement. Pour ce professeur de géographie qui enseigne à l’Université Californie de Los Angeles, les formes de vie civilisées dépendent étroitement de la nature. L’homme urbanisé ne se limite pas à vivre avec ses semblables en observant plus ou moins les codes d’une cohabitation pacifique. C’est aussi l’élément actif d’un écosystème en évolution constante. Or l’histoire nous apprend qu’une mauvaise gestion du milieu naturel est à l’origine de la chute de certaines civilisations. Ce risque maximal ne menace-t-il pas également nos sociétés ?

Les conclusions du dernier rapport du Millenium Ecosystem Assessment sont de ce point de vue plutôt édifiantes. D’une part, les hommes ont modifié durant les cinquante dernières années l’équilibre des écosystèmes de manière « plus rapide et extensive » que durant aucune autre période de l’histoire. Sur le plan prospectif, la marge d’incertitude s’agrandit toujours et il devient très difficile d’évaluer l’état futur des ressources d’alimentation. D’autre part, l’accès aux « services d’origine écosystémique », parmi lesquels l’eau et la nourriture, demeure tragiquement inégal. Dans les changements qui affectent les milieux naturels, il y a encore des « gagnants » et des « perdants » [2].

Comment dès lors enrayer la réduction progressive de la diversité biologique terrestre et prévenir, par exemple, une déforestation endémique qui diminue la pluviométrie et déséquilibre le cycle nutritif ? Comment faire comprendre que de telles évolutions entraînent des conséquences politiques et sociales qui outrepassent le simple cadre de l’histoire naturelle ?

L’auteur de Collapse partage à l’évidence les analyses du rapport évoqué, mais il propose un changement d’échelle radical. Il invite ses lecteurs à regarder en arrière et à remonter le cours de l’histoire mondiale pour acquérir une conscience plus vive des dangers actuels. L’échelle du temps court fournit des repères insuffisants. Elle n’autorise aucune mise en perspective véritable et ne permet pas de saisir la signification historique des risques. Contrairement à ce que l’on pense, la dégradation de l’écosystème n’est pas l’apanage de la modernité technologique. Les sociétés anciennes ont déjà pratiqué à plusieurs reprises l’écocide. Certaines d’entre elles ont détruit leur environnement immédiat. Et cette négligence a joué un rôle décisif dans leur brutale disparition. La société mondialisée invente certainement ses propres menaces, mais elle obéit encore à une sorte de réflexe anthropologique qui incite régulièrement l’homme à ne pas préserver le milieu naturel dans lequel il vit. Aussi Diamond choisit-il d’inscrire la réflexion actuelle sur la biodiversité dans une histoire comparée des civilisations.

Les leçons de l’histoire

Un tel parti pris de méthode résonne de manière originale. Quel sens peut bien avoir aujourd’hui l’argument antique d’une histoire « maîtresse de vie » qui élève le passé au rang de réservoir d’exemples pour le temps présent ? À quoi sert-il de comparer les conduites écologiques des sociétés anciennes avec celles de nos sociétés contemporaines ? Diamond présuppose que les civilisations sont fragiles et qu’elles ne durent pas éternellement. Il ne cède pourtant jamais à une quelconque fascination secrète pour les ruines et les traces de la chute des empires. Le thème de la disparition des civilisations a enrichi les imaginations romantiques. Il épaissit encore les mystères. Mais, ici, il permet surtout d’identifier les raisons qui ont provoqué le déclin de certaines collectivités et d’inventorier, le cas échéant, quelques solutions pratiques à partir de l’examen des faits anciens.

Quelles sont les causes principales de la détérioriation du contexte environnemental ? Diamond en voit douze : la déforestation, la perte de fertilité des sols, une gestion inefficace de l’eau, le développement exponentiel de la chasse, une pêche excessive, les effets incontrôlés de l’introduction d’espèces animales nouvelles, l’augmentation de la population humaine, l’impact croissant de cette augmentation, le changement de climat lié à l’action humaine, l’agglomération des produits chimiques dans l’environnement, les insuffisances énergétiques et, enfin, l’épuisement de la capacité photosynthétique terrestre. Tandis que les huit premières causes s’appliquent à toutes les sociétés, quelle que soit l’époque considérée, seules les quatre dernières sont imputables à la modernité technologique. Avec cette typologie, Diamond cherche à éliminer l’idée d’une responsabilité qui serait purement humaine. Il veut plutôt montrer par ce biais que l’affaiblissement des ressources naturelles résulte toujours d’une causalité multiple, d’un mélange entre les données du milieu et les interventions humaines.

La variété des cas sollicités dans l’ouvrage illustre cette thèse générale. Dans les pages consacrées à la disparition des habitants de l’île de Pâques, Diamond explique que la déforestation a joué un rôle crucial. Cette île perdue au milieu du Pacifique au large du Chili fournit l’exemple typique d’une société qui se détruit elle-même à cause de la surexploitation de ses forêts. Isolée, elle n’avait aucun ennemi. Elle n’a connu aucun changement climatique majeur. Mais les luttes qui ont divisé les clans au sujet des fameuses statues ont simultanément exigé que l’on abatte en surnombre des arbres pour élever les pierres. Elles ont indirectement permis au vent d’emporter sans résistance la couche de terre arable. La combinaison entre des ressources progressivement réduites (du fait de l’impossibilité de cultiver les sols), une situation de famine, une baisse conséquente de la population et toute une série de rivalités politiques a conduit au cannibalisme, puis à l’extinction de la population.

Selon Diamond, ce cas résume les angoisses de notre monde contemporain : « Les parallèles entre l’île de Pâques et le monde moderne sont si évidents qu’ils nous donnent la chair de poule. Grâce à la mondialisation, au marché international, aux avions à réaction et à l’Internet, tous les pays de la Terre partagent aujourd’hui leurs ressources et sont en contact les uns avec les autres, comme c’était le cas jadis entre les douze clans de l’île. L’île de Pâques polynésienne était aussi isolée dans l’Océan Pacifique que l’est de nos jours la Terre dans l’espace. Lorsque les habitants de l’île ont connu des difficultés, ils n’ont pu s’échapper nulle part et n’ont pu demander aucune aide à personne. De la même manière, nous, modernes habitants de la Terre, nous n’aurons aucune issue si nos problèmes augmentent. C’est pourquoi les gens interprètent la disparition de la société de l’île de Pâques comme une métaphore, un scénario du pire, pour ce qui risque de nous arriver dans notre propre futur » [3].

Diamond multiplie les exemples qui vont dans le même sens. La société maya a connu un destin identique à celui de l’île de Pâques. Les rois et les nobles, qui songeaient plutôt à ériger leurs monuments, n’ont pas non plus tenu compte du rapport instable entre une population croissante et des ressources décroissantes sur un territoire réduit et déjà cultivé. Les luttes intestines ont là encore entraîné une déforestation massive. Diamond mentionne d’autres cas où les facteurs culturels ont été plus déterminants. Rivés à leurs tabous alimentaires, qui leur commandaient de ne manger que de la viande, les Vikings ont finalement quitté la partie du Groenland qu’ils occupaient en raison du défaut des ressources alimentaires. Les fouilles archéologiques récentes exhument dans cette région un nombre très faible d’os de poisson. La présence de milliers d’os de quadrupèdes suggère à l’inverse que les Vikings ont été contraints de manger leurs animaux domestiques pour survivre. Ayant eux-mêmes abattu dès leur arrivée les forêts pour dégager des terrains d’agriculture, ils ont en outre rapidement manqué de bois de chauffage. Ce scénario d’affaiblissements successifs et conjugués a probablement précipité, au sens chimique du terme, leur déclin peu de temps après leur départ.

Quelles leçons est-il cependant possible de tirer de tels exemples pour l’époque actuelle ? Peut-on vraiment prendre au sérieux la comparaison avec des sociétés si différentes des nôtres, au savoir scientifique limité, presque totalement analphabètes, sans véritable conscience de leur propre passé et privées de contacts avec d’autres sociétés ou économies [4] ? Quel rapport établir entre l’île de Pâques et le Rwanda, entre les échecs d’hier et les génocides d’aujourd’hui ?

Un déterminisme naturel ?

Que cela soit conscient ou non, l’idée selon laquelle les civilisations sont historiquement détruites par des forces extérieures qui échappent au contrôle des hommes, soit par l’action de la nature, soit par l’imagination d’un décret divin ou d’une puissance si supérieure qu’elle n’a pas de nom, est probablement assez répandue. Mais en posant la question de la nature des objectifs conscients d’une société, Diamond recentre l’analyse sur le nécessaire partage des responsabilités [5]. L’essentiel est de comprendre que le simple franchissement d’un seuil d’alarme environnementale bouleverse automatiquement l’état donné d’une société. Une fois ce point admis, les occurrences historiques de l’écocide permettent de mieux faire apparaître les implications politiques et sociales de l’oubli de la nature.

Aussi le livre s’ouvre-t-il, à titre préventif, sur l’exemple du Montana. Cette région des États-Unis concentre tous les problèmes actuellement rencontrés par la société américaine. Dans un cadre encore idyllique, les déchets toxiques qui résultent de l’industrie minière s’amoncellent, la pollution à base d’acides s’intensifie avec le taux de salinisation des sols, tandis que les incendies de forêt sont indirectement provoqués par une agriculture qui, trop dépendante de l’irrigation, réduit de surcroît la couverture neigeuse de la Sierra Nevada. Les ressources du Montana ne sont pas impérissables. Les exemples du passé peuvent tout simplement servir à ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Dans son ouvrage, Diamond examine aussi des cas de figure plus délicats. En quête d’explications structurelles qui combinent les facteurs prépondérants, il recommande de ne jamais privilégier les antagonismes culturels. Lorsqu’il consacre un chapitre au Rwanda, il observe avec prudence que la société rwandaise était, avant le génocide, au bord d’une catastrophe écologique qui limitait les possibilités de partage des ressources restantes. Il suggère alors que la logique de massacre n’a pas été totalement étrangère à cette situation de crise malthusienne dont a profité l’élite politique lorsqu’elle a pris la décision de tuer.

Ce type d’explication, qui associe les arguments politiques et les données naturelles, n’est pas habituel. Dans son ensemble, la méthode pourra même être jugée arbitraire. On a ainsi reproché à Diamond le choix de ses exemples : pourquoi l’île de Pâques et non l’empire romain, les Mayas de l’Amérique du Sud et non les Minoens de l’ancienne Crète [6] ? On a également critiqué son usage abusif de « théories mono-explicatives de l’histoire » (single-explanation theories for history) et le recours implicite, comme dans ses précédents livres, à un déterminisme simplificateur [7]. Le déterminisme ne suppose-t-il pas néanmoins qu’un élément unique soit considéré comme cause exclusive d’un processus ultérieur ? Diamond réévalue bien sûr le poids des facteurs naturels et démographiques dans les évolutions politiques [8]. Mais il ne sous-estime jamais les causes idéologiques et le jeu compliqué des interactions sociales. Il milite au contraire pour une conscience de l’interdépendance des causes [9]. Il faut donc aller chercher ailleurs que dans l’argument du déterminisme le véritable propos du livre.

Dans Collapse, le passé redevient la norme du présent. En défendant cette approche, Diamond se distingue implicitement des analyses d’Ulrich Beck. Suite à la catastrophe de Tchernobyl en 1986, celui-ci avait diagnostiqué la fin de la société industrielle classique et le déclin de ses catégories (le progrès, la souveraineté, la notion de classe sociale). Il avait émis l’idée que les changements naturels nous confrontent désormais aux effets insidieux d’une « modernisation autoréférentielle ». La logique de répartition des risques induits par cette modernisation domine maintenant l’ancienne logique de répartition des richesses. Dans La Société du risque, Beck affirme que la nature s’est métamorphosée en enjeu politique et que l’examen attentif des modifications naturelles permet d’envisager la forme future de nos sociétés. Nous sommes après tout, pour le meilleur comme pour le pire, les acteurs et les témoins d’une évolution en partie prévisible. Mais pour Beck, c’est l’avenir qui fournit la nouvelle norme. La société du risque élimine la force explicative du passé [10].

À la différence de son collègue allemand, Diamond ne s’interroge pas sur les configurations sociales qui seront éventuellement adaptées au nouveau visage de nos sociétés. Il ne cherche pas non plus à évaluer la peur. La raison en est simple. En ne centrant pas son raisonnement sur le processus de modernisation, il ne s’intéresse pas vraiment aux mécanismes de production des menaces contemporaines. Il s’attache plutôt à rendre visible la logique de reproduction des dangers. C’est bien en ce sens que l’expérience de l’avenir procède de la compréhension du passé. La maîtrise de la causalité actuelle du risque exige de prendre en compte la variété des phénomènes historiques d’auto-destruction.

De manière cohérente, Diamond inscrit donc le débat actuel autour de l’impact de la technologie sur l’environnement dans le cadre d’une méthode comparative. Il ne se demande pas si la civilisation technicienne est par elle-même en mesure de résoudre nos problèmes, ou si elle produit au contraire des difficultés nouvelles auxquelles elle est incapable de répondre. Contre le discours anxiogène et alarmiste, il adopte une position de sagesse. Ardent défenseur d’un « optimisme prudent », il préfère rapporter la problématique du risque à l’histoire de ses apparitions régulières. Ce faisant, il confronte l’homme à l’énigme de sa propre lucidité intermittente.

Diamond n’est pas un homme politique qui doit prendre des décisions concrètes. Il ne propose pas non plus de théorie projective. Professeur de géographie tenté par l’anthropologie, il tente seulement de discerner les raisons qui poussent une société à ne pas voir les dangers qui la menacent et défend, dans cette perspective, les nombreux atouts du « regard éloigné » (selon l’expression de Claude Lévi-Strauss). Il émet ainsi l’hypothèse que notre mémoire sociale est soumise à un retour cyclique de ses formes de dépérissement, comme si l’histoire mondiale avait des rythmes spécifiques. Telle est sa réponse à la nécessité actuellement reconnue de développer la connaissance des risques.

Le recours à la grille interprétative de l’histoire globale semble être, chez lui, une question de principe autant que de méthode. Mais une fois le livre refermé, plusieurs interrogations demeurent en suspens. Une société informée des leçons de l’histoire réussira-t-elle à anticiper les dangers qu’elle continue de créer ? Parviendra-t-elle à les percevoir quand ils se manifestent et à les résoudre ? Une société moins mondialisée autoriserait-elle une gestion des écosystèmes plus active et plus rationnelle ? Ce qui est certain, c’est que le vrai choc civilisationnel est depuis bien longtemps celui de la nature et de la société.

Au bout du compte, comment expliquer les ventes exceptionnelles de ce livre atypique ? Diamond approuverait sans aucun doute l’opinion de Paul Valéry qui déclarait au lendemain de la première guerre mondiale : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». À l’image du poète et essayiste français, il paraît convaincu que les naufrages des anciens royaumes ne peuvent plus nous laisser indifférents, l’« abîme de l’histoire » étant dorénavant devenu « assez grand pour tout le monde » [11]. Le succès du livre provient certainement de cette mise en perspective historique des inquiétudes écologiques montantes. Un tel élargissement du regard apaise peut-être ou nourrit au contraire selon les cas l’angoisse de voir mourir la civilisation à laquelle les uns ou les autres se sentent éventuellement appartenir. Et chacun entend alors résonner dans sa tête l’écho d’une ancienne crainte : une société est-elle vraiment capable de se gouverner elle-même ?

Article paru dans La Vie des Idées (version papier), n° 4, juillet/août 2005.

Pour citer cet article :

Olivier Remaud, « Civilisations, vous êtes fragiles ! . La biodiversité en débat », La Vie des idées , 20 juillet 2005. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Civilisations-vous-etes-fragiles.html

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par Olivier Remaud , le 20 juillet 2005

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Notes

[1Deux ouvrages de J. Diamond ont été jusqu’ici traduits en français : Le troisième chimpanzé. Essai sur l’évolution et l’avenir de l’animal humain (trad. M. Blanc, Paris, Gallimard, 2000) et De l’inégalité parmi les sociétés. Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire (trad. P.-E. Dauzat, Paris, Gallimard, 2000).

[2Millenium Ecosystem Assessment, Synthesis Report, March 2005. Ce rapport, qui réunit les travaux et les expertises d’éminentes personnalités scientifiques internationales, est consultable sur le site : www.maweb.org.

[3J. Diamond, Collapse, op. cit., p. 119.

[4N. Malcom, « What are we thinking of ? », The Telegraph, 19 janvier, 2005.

[5M. Gladwell, « The Vanishing », The New Yorker, 3 janvier, 2005.

[6M. Kakutani, « Books of the Times : Look on these Ruins, Ye Mighty and Ponder your Fate », The New York Times, 11 janvier 2005.

[7G. Easterbrook, « Collapse : How the World Ends », The New York Times, 30 janvier 2005.

[8R. D. Kaplan, « The Crash of Civilizations », Washington Post, 9 janvier 2005.

[9J. Porritt, « Man vs. Nature », The Guardian, 15 janvier 2005.

[10« La conscience que l’on a du risque ne se situe pas dans le présent, mais essentiellement dans l’avenir. Dans la société du risque, le passé perd sa fonction déterminante pour le présent. C’est l’avenir qui vient s’y substituer, et c’est alors quelque chose d’inexistant, de construit, de fictif, qui devient la « cause » de l’expérience et de l’action présentes. Aujourd’hui, nous devenons actifs pour éviter, atténuer, prévenir les problèmes ou les crises de demain ou d’après-demain – ou justement pour ne rien faire de tout cela », U. Beck, La Société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, Flammarion, 2001, p. 61.

[11P. Valéry, « La crise de l’esprit », in Variété, Bibliothèque de la Pléiade, Oeuvres I, Gallimard, éd. J. Hytier, 1957, p. 988.



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