La panthéonisation de Marc Bloch est l’occasion de relier son parcours de citoyen avec les pistes scientifiques qu’il a ouvertes vers le comparatisme, l’interdisciplinarité ou encore l’étude des mentalités. Derrière l’hommage, il s’agit de l’inscrire dans son temps, ainsi que dans son monde social.
Paru en 1924, Les Rois thaumaturges de Marc Bloch est devenu une référence, un classique. Comment se construit une œuvre canonique, partagée et reconnue comme essentielle dans un champ ? Quels sont les ressorts de la longévité scientifique ?
En Allemagne, un moteur de recherche permet d’explorer les registres du Parti nazi. Au-delà des secrets de famille, cette initiative ravive des débats. Quelle différence entre la connaissance et la mémoire ? Que faire du nazisme à l’heure où l’extrême droite s’efforce de le réhabiliter ?
Catastrophe démographique sans équivalent, la Peste noire a bouleversé les équilibres économiques, sociaux et culturels de l’Europe au XIVe siècle. Longtemps pensée comme une césure majeure, elle apparaît désormais comme révélateur des structures, limites et résistances des sociétés médiévales.
Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon. Entre héritage savant, usages mémoriels et civiques, et postérité de l’œuvre : comment se dessine le legs de l’historien ?
Figure tutélaire, résistant et père des Annales, Marc Bloch entre au Panthéon en 2026. L’occasion de comprendre son héritage multiforme à travers le regard des historiens d’aujourd’hui.
Pionnière de l’histoire des femmes avant que les études de genre s’institutionnalisent en France, Christiane Klapisch-Zuber a construit une œuvre multiforme ancrée dans l’histoire sociale et l’histoire de la parenté.
Un recueil consacré à la pensée féministe polonaise montre la richesse du mouvement, des années 1900 au tournant queer en passant par la période socialiste. Cette histoire méconnue ouvre la voie à une généalogie et une comparaison des sororités européennes.
Nicolas Soulas replace la figure du « robespierriste » Claude-François Payan dans une vaste biographie familiale. Il montre comment une famille négocie le virage révolutionnaire, à la fois moment d’opportunité unique et parenthèse à l’échelle de stratégies familiales de plus long terme.
Avocat du New Deal, ministre de la Justice sous Roosevelt et membre de la Cour Suprême, Robert Jackson fut aussi l’un des acteurs centraux des procès contre les nazis. Son parcours rappelle qu’en des temps pas si éloignés les États-Unis jouaient un rôle essentiel dans la justice internationale.
Un siècle d’aviation en Europe nous fait voler de Blériot au Concorde, de l’Aéropostale à EADS. Aujourd’hui, Airbus est le premier constructeur civil au monde, ce qui n’empêche pas de poser la question de l’avenir.
Le débat sur l’existence des « cathares » divise. Hérétiques dualistes organisés en contre-Église ou fruit d’une construction médiévale reprise et amplifiée au XIXe siècle pour des raisons identitaires ? Le choix s’impose désormais, qui empêche toute synthèse de compromis.
Le populisme continue à alimenter la veine éditoriale. L’originalité du livre de l’historien Marc Lazar tient à la focale mise sur la France : elle en serait le berceau.
Les socialismes entendaient libérer l’homme du culte de la marchandise et de l’incitation individualiste à consommer. Ils imaginèrent au fil du temps des sociétés où l’abondance et le confort matériel partagés avec justice déboucheraient sur des sociétés heureuses. Cet idéal existe-t-il encore ?
Face à la défaite de 1940, Marc Bloch mettait en accusation le système d’enseignement. Notre temps appelle à relire son diagnostic.
Des cités grecques aux monarchies médiévales, philosophes, théologiens et juristes ont élaboré les cadres intellectuels du commandement. En mobilisant les anciens, les médiévaux ont pensé les conditions, les finalités et les limites de l’exercice du pouvoir.
Qui se cache derrière les noms « Mahomet » ou « Muhammad » ? Dans une vaste étude pluridisciplinaire, les auteurs du Mahomet des historiens sondent la diversité des traditions et la complexité de l’ancrage culturel et linguistique du fondateur de l’islam.
Caroline Muller et Frédéric Clavert engagent une réflexion sur ce que l’usage du numérique transforme dans le métier d’historien, depuis le travail sur les sources jusqu’à la structuration de la discipline elle-même.
À travers l’étude de la restitution d’instruments spoliés par les nazis durant l’Occupation, Caroline Piketty s’intéresse aux parcours des victimes et à leur inscription dans l’histoire collective.
L’idée moderne de tolérance n’a pu émerger que parce qu’au Moyen Âge, des théologiens ont avancé l’idée que la conviction sincère ne pouvait être sanctionnée et que le salut ne dépendait pas de la possession de la vérité.
La pensée cosmologique des Mésopotamiens, où ciel et terre sont structurés de la même manière, révèle un certain rapport au monde. Et si l’astrologie avait été l’ancêtre de l’astronomie et, plus généralement, de la pensée scientifique ?
Surmontant la disparité des corpus documentaires, un ouvrage collectif analyse les points communs entre prisons, bagnes, casernes, hospices, asiles et couvents. Autant d’institutions où le punitif imprègne la routine institutionnelle.
À rebours des replis contemporains, le Maghreb fut, dans les années 1960-1970, un foyer majeur des solidarités révolutionnaires sur le continent africain. De ses capitales surgirent des réseaux politiques, artistiques et intellectuels porteurs d’un élan radical.
Une étude croisée des réalités soviétiques et états-uniennes permet de saisir l’impact de l’arme nucléaire sur leurs sociétés respectives et sur ces villes de l’atome sans « chômage, ni pauvreté, ni criminalité ».
Les voyages à Tahiti ont donné lieu, au XVIIIe siècle, à une littérature abondante, souvent idéalisante ou affabulatrice. Entre Européens et Polynésiens, le dialogue ne pouvait avoir lieu, tant les relations entre eux étaient asymétriques.
Regroupant des études sur des sources longtemps peu mobilisées (images, objets, vestiges) dans le cadre de l’histoire de l’esclavage, paraît la première publication du comité scientifique du programme « Routes des personnes mises en esclavage. Résistance, Liberté et Héritage » de l’UNESCO.
La liberté que nous invoquons résulte-t-elle du rejet d’un idéal plus exigeant ? Soutenant l’idée que l’indépendance face au pouvoir a cédé la place à une liberté conçue comme simple absence d’entraves, Quentin Skinner identifie une mutation à la racine du discours libéral.
Abbès Zouache est connu pour avoir développé une anthropologie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval. Dans cet essai personnel, fondé sur son expérience entre Moyen-Orient et Europe, il propose une réflexion sur la croisade comme phénomène mémoriel, en Occident comme dans les pays arabes.
Dans le sillage du renouveau des études sur les épidémies, la peste de Marseille (1720-1722) constitue un épisode important, tant du point de vue documentaire que de celui de l’histoire de la maladie, que Frédéric Jacquin tente d’approcher en enquêtant sur le vécu des acteurs concernés.
Que disent les signalements de galériens du XVIIIᵉ siècle sur l’institution judiciaire et policière ? En confrontant archives administratives et notes personnelles, Arlette Farge donne à voir une histoire où l’identification des corps engage aussi l’émotion et le regard de l’historienne.
Derrière les milliers de certificats d’exilés arméniens passés par Marseille se cachent les traces d’un génocide et des chemins innombrables empruntés par ses survivants. Dans les marges, les ratures et les silences des formulaires administratifs se lisent la fin d’un monde et la survie.
Entre Valois et Habsbourg, la lutte pour l’hégémonie européenne place la péninsule italienne du XVIe siècle au centre des affrontements. Marqués par des ententes fragiles et de soudains changements d’alliance, les rapports franco-florentins deviennent alors le laboratoire d’une diplomatie nouvelle.
Sur l’île de Peleliu eut lieu, en 1944, une bataille particulièrement meurtrière. B. Cabanes en raconte la sauvagerie, dans un récit singulier qui multiplie les points de vue et s’efforce de saisir pourquoi elle peut encore nous hanter.
Le harem a nourri l’imaginaire occidental jusqu’à aujourd’hui, véhiculant le cliché d’un monde despotique et misogyne. L’imposante documentation réunie par J. Dakhlia offre une vision plus nuancée.
La génétique s’invite dans les débats sur le haut Moyen Âge : en articulant données biologiques, archéologiques et historiques, elle renouvelle l’étude des migrations et des identités, loin des modèles raciaux et des récits figés d’origine des peuples européens.
Une équipe franco-allemande a analysé les photos – devenues iconiques – de l’arrivée des Juifs hongrois à Auschwitz en 1944. Il s’agit autant de documenter le meurtre de masse que de comprendre le processus de construction de l’album.
Une synthèse sur la figure du grand empereur permet une lecture renouvelée de son règne. Pourtant, les Carolingiens n’ont pas tout inventé : une grande partie de ce qu’on leur attribue remonte en réalité beaucoup plus haut.
Disparu il y a quarante ans, Fernand Braudel a profondément marqué les sciences sociales en forgeant des concepts durables pour penser le capitalisme. Son œuvre continue d’éclairer les mutations de l’économie, ses rythmes, ses espaces et ses rapports de force.
Plusieurs responsables politiques français dédaignent l’archéologie quand elle concerne leur pays, alors qu’elle y est très populaire. D’où vient ce curieux mépris teinté d’ignorance ?
Anarchiste étatsunienne, Voltairine de Cleyre (1866-1912) a eu des engagements multiples comme militante, écrivaine ou amoureuse. Son parcours largement ignoré entre en résonance avec les luttes d’aujourd’hui.