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Les défis du Forum Social Mondial 2009

par Geoffrey Pleyers , le 28 janvier 2009

Alors que s’est ouvert au BrĂ©sil, mardi 27 janvier, le huitième Forum Social Mondial, Geoffrey Pleyers dresse l’état des lieux du mouvement altermondialiste : en dĂ©pit d’un essoufflement apparent, les idĂ©es essaiment et de nouveaux terrains d’action sont dĂ©jĂ  ouverts.

Vers le Forum Social Mondial 2009

Ce mardi 27 janvier s’ouvre le huitième Forum Social Mondial (FSM) Ă  BĂ©lem, au BrĂ©sil. [1] Bien des choses ont changĂ© sur la planète altermondialiste depuis la dernière visite du Forum au BrĂ©sil il y a quatre ans, en janvier 2005. Le Forum qui s’était alors tenu Ă  Porto Alegre reste considĂ©rĂ© comme le plus rĂ©ussi tant par la qualitĂ© et l’ouverture de nombreux ateliers qu’il a hĂ©bergĂ©s que par son ampleur : 200 000 manifestants pour la marche d’ouverture, un demi-million de personnes recensĂ©es par la police sur le site du FSM, 2 500 ateliers organisĂ©s de manière dĂ©centralisĂ©e par 5 700 associations et 6 923 journalistes accrĂ©ditĂ©s pour couvrir l’évĂ©nement. Le FSM achevait alors une phase de croissance impressionnante, passant en quatre ans de 15 000 Ă  170 000 participants [2]. Il Ă©tait devenu un immense rassemblement qui avait permis aux activistes venus de toutes les rĂ©gions du monde d’échanger leurs expĂ©riences et de discuter d’alternatives locales et globales.

Depuis ce grand rendez-vous de 2005, la gĂ©ographie de l’altermondialisme a Ă©tĂ© profondĂ©ment modifiĂ©e. Le mouvement a considĂ©rablement dĂ©clinĂ© dans plusieurs de ses bastions historiques, Ă  commencer par la France et l’Europe occidentale. Dans le mĂŞme temps, il a connu des succès nouveaux dans des rĂ©gions qui revĂŞtent une importance symbolique et stratĂ©gique : l’Afrique et l’AmĂ©rique du Nord. Plus de soixante Forums Sociaux nationaux ou rĂ©gionaux ont par exemple Ă©tĂ© organisĂ©s en Afrique depuis 2005. Bamako en 2006 puis Nairobi en 2007 ont accueilli le Forum Social Mondial, suscitant d’importantes dynamiques au sein de la sociĂ©tĂ© civile des pays de ces deux rĂ©gions du continent. Plusieurs Forums ont Ă©galement animĂ© le Maghreb. En AmĂ©rique du Nord, les altermondialistes canadiens n’ont cessĂ© d’être dynamiques depuis 2001 et le premier Forum Social des États-Unis, organisĂ© Ă  Atlanta en juin 2007, a rĂ©uni une dizaine de milliers de militants venus de diffĂ©rents courants de la sociĂ©tĂ© civile progressiste amĂ©ricaine et des minoritĂ©s. Le Forum Social du Mexique qui tiendra sa seconde session en mĂŞme temps que le Forum de BĂ©lem est lui aussi parvenu Ă  initier une nouvelle convergence dans une sociĂ©tĂ© civile nationale très fragmentĂ©e [3].

Les transformations qu’a connues l’altermondialisme depuis 2005 sont cependant bien plus profondes que sa seule recomposition gĂ©ographique. Les querelles autour des objectifs des Forums Sociaux et des orientations politiques que certains souhaitent lui voir afficher [4] ou le dĂ©clin de l’impact mĂ©diatique dont jouissait le mouvement constituent des symptĂ´mes d’une transformation profonde du mouvement qui a conduit Ă  sa rĂ©organisation autour de trois courants. Elle s’est Ă©galement traduite par certains aveux de faiblesse du mouvement en cette pĂ©riode de crise globale. La rĂ©action des altermondialistes face Ă  l’important sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui s’est tenu Ă  Genève en juin 2008 a constituĂ© une illustration particulièrement claire Ă  cet Ă©gard.

Le « paradoxe de Genève »

Du 22 au 29 juillet 2008, trente délégations des pays les plus influents de l’OMC se sont réunies à Genève à l’initiative de Pascal Lamy pour ce qui était alors présenté comme une réunion de la dernière chance destinée à remettre en piste le processus de libéralisation du commerce initié à Doha en 2001. Après l’échec des négociations à Seattle (1999), Cancun (2003) et Hong Kong (2005), la crédibilité même de l’organisation était en jeu. Malgré l’importance de l’enjeu, les associations et réseaux altermondialistes n’ont cette fois pas été capables de mobiliser leurs troupes comme elles l’avaient fait les années précédentes à Gènes, Gleaneagle ou Rostock. Genève n’a pas connu de mobilisations comme celles qui avaient animé la ville en 2003 lors du sommet du G8 d’Évian.

Pourtant, dans un mĂŞme temps, le succès de certaines idĂ©es altermondialistes connaissaient un succès sans prĂ©cĂ©dant, bien au-delĂ  des sympathisants du mouvement et mĂŞme des clivages politiques. Alors qu’au cours des annĂ©es 1990, l’ouverture d’un pays au commerce et aux investissements internationaux Ă©tait considĂ©rĂ©e comme l’unique voie vers la croissance Ă©conomique et la modernisation, N. Sarkozy, alors prĂ©sident en exercice de l’Union EuropĂ©enne, et le premier ministre indien M. Singh affichaient clairement leur « refus de sacrifier des centaines de milliers d’emplois dans l’agriculture sur l’autel du nĂ©olibĂ©ralisme » (Le Monde, 22 juillet 2008). Avec la crise financière de l’automne 2008, mĂŞme Gordon Brown s’est transformĂ© en nouveau leader d’une coalition internationale qui promeut une Ă©conomie plus rĂ©gulĂ©e et un nouveau Bretton Woods. Le nouveau prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a lui aussi adoptĂ© certaines positions qui tiennent particulièrement Ă  cĹ“ur aux altermondialistes, notamment face Ă  l’impunitĂ© des paradis fiscaux (Guardian, 08/11/2008). La crise financière globale de 2008 a constituĂ© une théâtralisation d’un profond changement idĂ©ologique : la fin de trois dĂ©cennies d’hĂ©gĂ©monie de la pensĂ©e nĂ©olibĂ©rale [5]. Les institutions internationales qui avaient supervisĂ© la libĂ©ralisation du commerce mondial et prĂ´naient les mesures nĂ©olibĂ©rales auprès de leurs membres ou de leurs crĂ©anciers ont considĂ©rablement perdu de leur lĂ©gitimitĂ© et de leur influence. Les gouvernements latino-amĂ©ricains ont enterrĂ© le projet de Zone de Libre Échange des AmĂ©riques (ZLEA) et plusieurs ont payĂ© anticipativement leurs dettes pour Ă©chapper aux diktats des institutions de Bretton Woods. Le processus de libĂ©ralisation du commerce s’est arrĂŞtĂ© et les sommets de l’OMC se sont soldĂ©s par une sĂ©rie d’échecs. Le FMI de Dominique Strauss-Kahn est devenu inaudible malgrĂ© l’ampleur de la crise mondiale. La Banque Mondiale est sans voix et fait dĂ©sormais face Ă  des projets alternatifs comme la Banque du Sud en AmĂ©rique Latine.

Au cours des quinze dernières annĂ©es, le mouvement altermondialiste a activement contribuĂ© Ă  miner la lĂ©gitimitĂ© dont se paraient le Consensus de Washington et les institutions qui le promouvaient. Il est notamment parvenu Ă  ouvrir ¬les dĂ©bats sur les politiques Ă©conomiques et commerciales, jusqu’alors rĂ©servĂ©s Ă  quelques cercles restreints d’experts et de technocrates des institutions internationales. Les altermondialistes ont demandĂ© que les politiques nĂ©olibĂ©rales soient Ă©valuĂ©es suivant leurs rĂ©sultats, arguant qu’elles se sont rĂ©vĂ©lĂ©es contre-productives en termes de rĂ©duction de la pauvretĂ© ou de stabilitĂ© Ă©conomique, comme en avaient attestĂ© les crises financières asiatique (1997-1998), argentine (2001), amĂ©ricaine (2007) et globale (2008). Les activistes et les experts altermondialistes avaient Ă©galement insistĂ© sur la lĂ©gitimitĂ© des interventions des États dans le domaine Ă©conomique, contrairement aux conceptions nĂ©olibĂ©rales qui jugeaient le marchĂ© et les experts indĂ©pendants plus rationnels et davantage orientĂ©s vers le long terme que les Ă©lus politiques [6]. Avec la crise globale, les positions altermondialistes sont dĂ©sormais hĂ©gĂ©moniques sur cette question. En mai 2008 dĂ©jĂ , l’ancien prĂ©sident brĂ©silien F.H. Cardoso, qui fut l’une des cibles favorites des altermondialistes, expliquait que « très peu de pays qui ont adoptĂ© les recettes nĂ©olibĂ©rales ne se sont pas complètement effondrĂ©s, comme ce fut le cas de l’Argentine. Les pays qui ont rĂ©ussi leur passage dans la mondialisation y sont parvenus parce qu’ils ont maintenu une capacitĂ© de dĂ©cision de leur État dans le domaine Ă©conomique » [7].

Le paradoxe est donc qu’au moment oĂą quelques-unes des principales idĂ©es altermondialistes sont reprises par les dĂ©cideurs politiques de tous bords et que les institutions internationales qui furent les cibles des altermondialistes sont largement discrĂ©ditĂ©es, l’avenir des associations et des Ă©vĂ©nements qui ont le plus fortement incarnĂ© le mouvement semble pour le moins incertain. Des rĂ©seaux qui furent au cĹ“ur du mouvement ont aujourd’hui disparu (comme le Mouvement de RĂ©sistance Globale de Barcelone ou de nombreux Forums Sociaux locaux) ou considĂ©rablement dĂ©clinĂ© (comme ATTAC). Les derniers Forums Sociaux continentaux Ă  Malmö (17-21 septembre, 12.000 participants) et Ă  Guatemala City (7-12 octobre 2008, 7.500 militants) n’ont plus attirĂ© les foules des Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes. PlutĂ´t que d’y cĂ©lĂ©brer la « fin du nĂ©olibĂ©ralisme » dĂ©crĂ©tĂ©e par J. Stiglitz en juillet 2008, les activistes europĂ©ens se sont inquiĂ©tĂ©s de l’avenir du mouvement sur leur continent. Deux semaines plus tard, le Forum Social des AmĂ©riques a surtout ressemblĂ© Ă  un « show politique bien orchestrĂ© » [8] plutĂ´t qu’à un dĂ©bat stimulant entre des organisations de base. Le mouvement a par ailleurs perdu beaucoup de l’aura mĂ©diatique qui le caractĂ©risait entre 1998 et 2005. Les Forums Sociaux et des dizaines d’associations avaient dĂ©veloppĂ© d’impressionnants dispositifs d’ « Ă©ducation populaire » qui ont familiarisĂ© des dizaines de milliers de citoyens avec les problĂ©matiques macroĂ©conomiques et financière. Mais peu d’entre eux sont parvenus Ă  faire entendre leurs visions de la crise dans les grands mĂ©dias.

Vers des « rĂ©sultats concrets »

Le mouvement aurait-il Ă©tĂ© victime de son succès ? Les grandes manifestations et les Forums Sociaux ont probablement perdu de leur utilitĂ© alors que certains slogans altermondialistes sont dĂ©sormais repris par l’establishment politique et Ă©conomique [9]. Cependant, si le mouvement a contribuĂ© Ă  bloquer le processus de libĂ©ralisation du commerce, les alternatives concrètes et constructives qui en sont issues demeurent encore limitĂ©es et le nouvel ordre mondial auquel en ont appelĂ© les militants reste Ă  construire. L’importance d’une rĂ©gulation globale et des dĂ©fis planĂ©taires rappelle chaque jour l’urgence d’une coopĂ©ration internationale [10]. La crise alimentaire et les consĂ©quences de la crise Ă©conomique n’ont fait que renforcer la nĂ©cessitĂ© de porter davantage d’attention Ă  la cohĂ©sion sociale, Ă  la pauvretĂ© et aux inĂ©galitĂ©s. Aussi, après avoir remportĂ© un certain succès au niveau des idĂ©es, les altermondialistes estiment qu’il s’agit dĂ©sormais de se focaliser sur des applications concrètes. Cependant, alors que les Forums Sociaux, les grandes manifestations et l’opposition claire au nĂ©olibĂ©ralisme fournissaient une large couverture mĂ©diatique et une image unifiĂ©e au mouvement, les altermondialistes sont bien plus divisĂ©s lorsqu’il s’agit de promouvoir des alternatives et des politiques Ă  mettre en Ĺ“uvre. Le mouvement apparait dès lors fragmentĂ© autour de trois grandes orientations.

1. Le changement Ă  partir du niveau local

PlutĂ´t que dans un mouvement global et des forums internationaux, les activistes de la « composante culturelle » du mouvement altermondialiste s’investissent dans des rĂ©seaux locaux. Ils considèrent qu’une transformation sociale profonde viendra d’une mise en Ĺ“uvre des valeurs d’horizontalitĂ©, de participation, de convivialitĂ© et de respect de l’environnement dans les pratiques quotidiennes et les espaces locaux. Comme d’autres mouvements indigènes latino-amĂ©ricains, les zapatistes ont par exemple concentrĂ© leurs Ă©nergies depuis 2001 sur le dĂ©veloppement de communautĂ©s autonomes gĂ©rĂ©es selon ces principes, dĂ©veloppant notamment sur des pratiques de gouvernement participatif, un système d’éducation alternatif et une revalorisation de la place des femmes au sein des communautĂ©s [11].

Dans les villes occidentales, on assiste Ă©galement Ă  la multiplication des rĂ©seaux d’activistes qui prĂ©tendent apporter des alternatives concrètes Ă  la mondialisation nĂ©olibĂ©rales, aux multinationales et Ă  la consommation de masse Ă  partir d’initiatives locales et conviviales. La « consommation critique » et les initiatives visant Ă  promouvoir une sociabilitĂ© dans les quartiers semblent par exemple occuper la place laissĂ©e vacante par un dĂ©clin de l’altermondialisme dans les centres sociaux italiens [12]. Une vaste panoplie de rĂ©seaux urbains, gĂ©nĂ©ralement de taille modeste, se sont rĂ©pandus au cours des dernières annĂ©es dans les villes occidentales, depuis les « vĂ©lorutionnaires » qui promeuvent l’usage du vĂ©lo jusqu’aux jardiniers clandestins qui embellissent les ronds-points et autres espaces publics. Des « Groupes d’Achats Communs » (GAC) ou des « Associations Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne » (AMAP) se sont multipliĂ©es en Europe occidentale et en AmĂ©rique du Nord. Leurs membres s’organisent pour acheter ensemble des produits biologiques aux agriculteurs locaux. Leur objectif est non seulement de permettre une alimentation de qualitĂ© Ă  des prix abordables mais aussi d’incarner une alternative Ă  l’ « anonymat des supermarchĂ©s » et de promouvoir les liens sociaux Ă  l’échelle locale. Dans un registre similaire, la vaste mouvance pour une « dĂ©croissance conviviale » et ses « objecteurs de croissance et de vitesse » sont axĂ©s sur la mise en pratique de styles de vie moins voraces en ressources naturelles.

2. Des lobbies altermondialistes et citoyens

PlutĂ´t que des mobilisations massives et de grands forums, une autre composante de l’altermondialisme considère que le mouvement ne pourra parvenir Ă  des rĂ©sultats concrets qu’en organisant des rĂ©seaux thĂ©matiques capables de dĂ©velopper une argumentation solide et un lobbying efficace auprès des dĂ©cideurs politiques et des institutions internationales. Ils se sont organisĂ©s autour de thèmes comme la souverainetĂ© alimentaire, la dette du Tiers-Monde ou les transactions financières. Ă€ partir de questions spĂ©cifiques comme la gestion collective de l’eau [13], les militants entendent dĂ©battre de problèmes plus vastes comme la dĂ©fense des biens publics ou la promotion de l’idĂ©e selon laquelle « le service public est la forme de gestion de ces biens la plus efficace sur le long terme » [14]. Après plusieurs annĂ©es de discussions autour d’une mĂŞme thĂ©matique, le niveau des dĂ©bats et la qualitĂ© de l’argumentation s’est considĂ©rablement Ă©levĂ© dans la plupart de ces rĂ©seaux. Quelques-uns d’entre eux ont d’ailleurs connu certains succès. Le rĂ©seau de l’eau a par exemple contribuĂ© au « lobbying citoyen » qui a conduit la ville de Paris Ă  dĂ©cider de remunicipaliser la gestion de l’eau sur son territoire Ă  l’automne 2008. De mĂŞme, les experts des rĂ©seaux contre la dette du Tiers-Monde ont eu un impact important sur certaines politiques Ă©conomiques adoptĂ©es par le gouvernement Ă©quatorien.

3. Soutenir des régimes progressistes

Les militants de la troisième composante du mouvement sont quant Ă  eux convaincus qu’un grand changement social ne peut ĂŞtre atteint sans passer par les gouvernements progressistes. Depuis les dĂ©buts du mouvement, les altermondialistes ont militĂ© pour un renforcement de la capacitĂ© d’agir des dĂ©cideurs politiques face aux acteurs Ă©conomiques et aux dĂ©fis sociaux et environnementaux. Maintenant que la lĂ©gitimitĂ© de l’intervention des États n’est plus questionnĂ©e, cette composante « plus politique » de l’altermondialisme estime qu’il est temps d’unir les efforts du mouvement Ă  ceux des responsables politiques progressistes. Beaucoup ont ainsi manifestĂ© leur soutien aux prĂ©sidents Chavez au Venezuela ou Morales en Bolivie. Pour ces militants, l’État continue de constituer la base essentielle Ă  partir de laquelle des politiques sociales et Ă©conomiques diffĂ©rentes peuvent ĂŞtre mises en Ĺ“uvre et des alliances internationales autour de projets progressistes nouĂ©es, comme c’est le cas pour la « Banque du Sud ». Pour des raisons historiques et de culture politique, les altermondialistes indiens et latino-amĂ©ricains sont gĂ©nĂ©ralement plus proches des partis et des leaders politiques. De tels rapprochements ont cependant Ă©galement Ă©tĂ© observĂ©s dans les pays occidentaux. Une partie importante de la dynamique qui avait fait le succès du premier Forum Social des États-Unis en 2007 a par exemple Ă©tĂ© rĂ©orientĂ©e vers la longue campagne Ă©lectorale de Barack Obama.

Au-delĂ  du constat de la fin du nĂ©olibĂ©ralisme et de la fin du modèle Ă©conomique qu’il a promu, les activistes de ces trois composantes de l’altermondialisme trouveront-ils des terrains communs de discussion ? Leurs divergences politiques se sont Ă©talĂ©es dans les nombreux dĂ©bats qui ont Ă©maillĂ©s le mouvement au cours des dernières annĂ©es. Pourtant, Ă  l’aune de la tâche qu’il reste Ă  accomplir pour que la crise financière, Ă©conomique et Ă©cologique dĂ©bouche sur une nouvelle donne en terme de gouvernance globale, de rĂ©gulations Ă©conomiques et de styles de vie, c’est par la complĂ©mentaritĂ© des stratĂ©gies promues par ces trois composantes de l’altermondialisme que des alternatives constructives pourraient Ă©merger.


[1Une version longue de ce texte paraĂ®tra dans Kaldor M., Anheier G., Glasius M., Schoolte J.A. eds. (2009), Global Civil Society 2008/9, Londres : Sage, mars 2009.

[2Cf. Pleyers G. (2007) Forums Sociaux Mondiaux et DĂ©fis de l’Altermondialisme, Brussels : Academia.

[3Voir Ă  ce propos l’article « L’altermondialisme : essoufflement, ou reconfiguration ? ».

[4Sen J. and Kumar M. eds. (2007), A Political Programme for the World Social Forum ? Democracy, Substance and Debate in the Bamako Appeal and the Global Justice Movements, New Delhi : CACIM et Durban : Centre for Civil Society ; Bello W. (2007), The Forum at the Crossroads ; Whitaker F. (2007), Crossroads do not always close roads (Reflection in continuity to Walden Bello) ; Cassen B., Ventrura C. (2008), Which alter-globalism after the "end of neo-liberalism" ? , 18 sept.

[5Held D and McGrew A (2007) Globalization/Antiglobalization, 2nd ed., Cambridge : Polity Press ; Stiglitz J. (2008), The End of Neo-Liberalism ?.

[6Barro R. (1986), Recent Developments in the Theory of Rules Versus Discretion, The Economic Journal, V. 96, p. 23-37.

[7Conférence à l’Institut d’Études Politiques de Paris, 12/06/2008. Voir aussi Cardoso F. H. (2008), A Surprising World, International Journal of Communication 2 (2008), Feature 472-514.

[8Selon les termes de l’anthropologue américain J. Juris.

[9Voir notamment sur cette question F. Polet (2008), ClĂ©s de lecture de l’altermondialisme, Charleroi : Couleur Livres.

[10Held D. (2007), Reframing Global Governance : Apocalypse Soon or Reform !, in : Held D. and McGrew A. eds. Globalization theory, Cambridge : Polity Press, 250-259.

[11Cf. Ornelas R. (2007), L’Autonomie, Axe de Résistance Zapatiste, Paris, Rue des Cascades.

[12Rebughini P and Famiglietti A (2008), Un consumo diverso è possibile : la via dei centri sociali, in L. Leonini and R. Sassatelli eds., Il consumo critico, Roma : Laterza, p. 85-112.

[13Voir par exemple Dicke W. and Holland F. (2007), Water : a Global Contestation, in : Kaldor M., Albrow M., Anheier H., Glasius M. eds. Global Civil Society 2006/7, London : Sage, p. 122-143.

[14Extrait du texte adoptĂ© par la « Water network assembly », Forum Social EuropĂ©en 2008.

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